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THE SAD PLACE

LE WEB ZINE POP ROCK METAL ALTERNATIF DE MSN
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fran fran

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sadfran@hotmail.com
May 17

THE HORRORS "PRIMARY COLOURS"

T H E  H O R R O R S
"PRIMARY COLORS"
 
 
 
 
 
 
 
The Horrors... franchement, je n'attendais rien d'eux après leur premier album, ce "Strange House" de 2007. dont le sous-titre ("Psychotic Sounds for Freaks and Weirdos"), le contenu et le look corbeau étudié de ses artisans sentaient un peu trop le calibrage froid et sans âme à mon goût. Et puis aussi ces cinq anglais au look androgyne représentaient tout ce que je ne suis pas, à savoir un jeune rocker batcave squeletique à la chevelure ébouriffante, le prototype même du vampire arrogant et intouchable.
 
Ouais, je dois avouer que j'étais un peu jaloux d'eux, de leurs surnoms débiles, de leurs dégaines d'oiseaux de nuit japonais et de leur disque, bric-à-brac de garage, post-punk, de cold wave et de psychobilly, mélangeant allégrement Bauhaus, Suicide, Marilyn Manson et The Cramps pour citer des artistes connus.
 
Gros buzz à l'arrivée, le groupe ne tarde pas à devenir hype à mort, faisant la une des magazines avec son look invraisemblable. Le clip de "Sheena Is A Parasite", shooté par ce cinglé de Mark Cunningham, en rajoutera une couche. Groupe dangereux, The Horrors ne convainc qu'à moitié sur scène, quand il n'annule pas un concert pour des raisons douteuses, ce dont la presse spécialisée française se fera l'écho. On leur taille vite un costard sur mesure (oubliant de mentionner la confection de petits fanzines et de compiles perso à l'intention de leurs fans et distribués durant leur tournée), groupe de sociopathes arrogants, imbus de leur personne et aveuglés par un succès aussi rapide qu'éphémère. Fin du premier round.
 
 
Deux ans plus tard, je travaille dans une triste chaîne de magasins de disques à l'agonie qui vient de se faire racheter par une ignoble entreprise de téléphonie. Nouvelle politique oblige, on ne reçoit qu'un exemplaire du second album de The Horrors, baptisé "Primary Colors".
 
Subjugué par la photo de pochette floue du groupe (le livret intérieur montrant le groupe au naturel, débarassé de tout artifice), prise par un vieux polaroid, qui me fait instantanément penser à "Pornography" de The Cure, mon album préféré de tous les temps, j'achète le disque sans même l'écouter. C'était il y a une semaine.
 
Après une trentaine d'écoutes je n'en reviens toujours pas de cette claque. La presse britanique non plus. C'est bien simple, s'il fallait résumer ce "Primary Colors", on ne pourait dire qu'une chose: le troisième et si longuement attendu album de Joy Division.
 
N'ayant encore rien lu sur eux (si ce n'est quelques critiques dythyrambiques qui parlent de révolution, de nouvel âge sombre et de la fin du monde..., je ne sais pas (et ne le saurait véritablement jamais) ce qui s'est passé dans la tête de ces jeunes gens. Mais, visiblement il y a eu une prise de conscience collective qui leur a fait réaliser et surtout admettre que continuer dans la droite ligne du premier album était non seulement une hérésie mais également une imposibilité. Soyons clair, un album comme "Strange House", sorte de soundtrack parfait d'Halloween chez les goths, on ne fait ça qu'une fois dans une carrière, à moins de tomber dans la carricature et devenir pour l'éternité un groupe de seconde zone. 
 
Au fait, vous ai-je dit que ce disque est produit par Geoff Barrow de Portishead?
 
Ca calme, hein? J'aurai du commencer par ça.
 
L'album commence de manière très ambiant avec "Mirror's Image", les sons générés par Spider Webb ont gagné en subtilité, mais on ne s'attendait pas à une telle transformation. Le titre s'emballe au bout d'une minute et demie sur un roulement de tambour suivit d'une guitare malade, la voix de Faris Rotter surgissant de nulle part pour nous entraîner dans un ride nocturne qui va durer jusqu'à la fin. Un putain de titre de rupture qui parle d'ailleurs de rupture. On se croirait dans un film de david Lynch, les instrument surgissant telles des apparitions fantomatiques pour exécuter leur partie. Tout est à sa place et s'imbrique à merveille dans l'ensemble. A croire que le groupe joue en live au milieu d'un hangar à l'abandon.
 
"Three Decades"ne faiblit pas, les parties de clavier de Spider Webb semblant sortit d'un autre monde, ces dernières donnant une patine seventies totalement irréelle à l'ensemble, Rotter n'ayant qu'à appuyer le propos de sa voix pleine de fougue et de colère maîtrisée.
 
"Who can Say" (nouveau single qui tourne en ce moment) est également prodigieux par son apparent classicisme qui contrebalance avec son aspect noisy et terriblement anglais. les parties parlées de Faris Rotter sont absolument bouleversantes et les roses qu'il crache au visage du public absent dans le clip sont un grand moment de classe absolue. Mais une nouvelle fois, on est happé par les sonorités de Spider Webb, véritable magicien des claviers.
 
"Do You Remember" est une nouvelle occasion pour le génial Joshua Third de sortir quelques riffs classiques de sa guitare, donnant une belle giffle à tous les prétendus guitaristes de rock actuels.  
 
Tout grand album de rock se doit d'avoir en lui un grand titre qui déchire le monde en deux. Sur "Primary Colors", il s'agit de "New Ice Age", une bombe atomique et hypnotisante qui monte crescendo dès le début pour exploser à nos oreilles dans un fracas digne de la fin du monde, sujet principal de l'exercice. Rotter. complètement déchaîné, se lâche enfin pour faire honneur à la fougue des quatre musiciens, unis comme un seul homme pour ce titre qui devrait logiquement rendre fou le public lors de ses prochains concerts.
 
Après une telle violence, il est logique de redecendre un peu, ce à quoi "Scarlet Fields" s'attache avec brio. La basse de Tomethy Furse se rappelle à notre bon souvenir, épaulée par le jeu de batterie tout en nuances de Coffin Joe, avant que la voix tranquille de Rotter ne vienne les rejoindre pour cet hymne nostalgique aux souvenirs qui se fanent.
 
Avec "I Only Think Of You", c'est du côté de Nick Cave et de ses mauvaises graines que The Horrors s'approche, la voix collant parfaitement à celle de notre ami australien, le son étant juste pervertit par la guitare agonisante de Third.
 
Il est temps de s'agiter de nouveau. "I Can't Control Myself", répété plusieurs fois dans les refrains, va dans ce sens, même si le titre ne démarre jamais vraiment, nous laissant un peu frustré.
 
Mais le titre éponyme de l'album se charge rapidement de nous consoler, nous entrainant dans un délicieux ride, poussant de nouveau l'album vers le haut. 
 
Il est temps de conclure. "Sea Within A Sea" sera donc le dernier titre. L'orgue de Webb répond à la baguette de Coffin Joe durant ce qui semble une éternité. Puis la voix de Rotter se fait entendre à nouveau, reprennant ses faux airs de Ian Curtis. Le groupe joue la subtilité pour nous quitter, cherchant à nous emporter avec lui jusque dans la nuit. Autant dire que c'est réussi, cet album étant, et de loin, le disque le plus cohérent et ambitieux écouté depuis un certain "Third" de Portishead (tiens tiens...).
 
Sans le moindre doute pour moi déjà l'album de rock de l'année. Et nous ne sommes qu'en mai. Toute ma sympathie aux suivants, mais de sincères condoléances seraient plus appropriées il me semble.
 
 
 
FRAN 
 
 
 
 
 
 
 
May 12

coming soon...

putain ce disque que je viens d'acheter... que j'écoute en boucle... vais être obligé de vous en parler... va falloir écrire un article... fuck.
March 14

ALAIN BASHUNG 1947-2009

 
 
1947-2009
 
 
 
 
February 02

EN RESUME, EN CONCLUSION...

 

Avec cet ultime billet, The Sad Place s'arrête.
Merci d'avoir lu mes articles et pardonnez-moi de vous quitter aussi abruptement.
Et donc... Adieu.
 
fran

January 15

LE GROUPE DE L'ANNEE 2008 EST THE YOUNG GODS

le groupe de l'année 2008 est
 
THE YOUNG GODS
 
 
 
avec un petit supplément d'âme de la part du quatuor
 
BARBOUZE DE CHEZ FIOR
 
December 29

THE DANDY WARHOLS LIVE AUX DOCKS

 
 
LIVE AUX DOCKS
 
 
 
 
Ah les Dandy Warhols... probablement un des groupes les plus hot de la décennie. Des faiseurs de tubes qui réussissent à rester jeunes et fun tout en cultivant une particularité bien à eux, à mi-chemin entre le rock alternatif le plus pointu et la pop mainstream la plus efficace et à qui la gloire semble échapper malgré des efforts répétés. Soyons clairs, dans un monde parfait, les Dandy Warhols vendraient plus de disques que Coldplay. Leur leader et chanteur, Courtney Taylor-Taylor est un sex symbol comme on en fait plus. Quand à Zia McCabe, la rousse incendiaire aux claviers, on a juste envie de faire l'amour avec elle et de lui écrire des poèmes.
 
 
Auteurs de trois albums fondamentaux depuis 1997 ("The Dandy Warhols Come Down", "Thirteen Tales From Urban Bohemia" en 2000 et "Welcome To The Monkey House" en 2003), le groupe de Portland, probablement affecté sans le savoir par le manque de reconnaissance du monde, a livré coup sur coup deux albums guère inspirés. A Commencer par "Odditorium Or Warlords Of Mars" paru en 2005, puis le piteux "Earth To The Dandy Warhols" cette année, qui porte bien mal son nom, tant il s'avère vide de toute substance.
 
Qu'importe, en ce début de mois de décembre, c'est le groupe que l'on vient voir à la salle des docks, pas celui de ses derniers albums mais bien celui des débuts. Et on ne va pas êtres déçus.
 
 
 
Après une première partie brillament assurée par The Sheeps, les Dandy Warhols arrivent sur scène. Courtney a toujours son éternelle casquette sur la tête et cette allure de gavroche qui lui colle à la peau, la guitare en bandoulière, il est prêt à faire parler la poudre. A ses côtés, le bassiste Peter Holstrom ressemble plus que jamais à Nick Rhodes de Duran Duran, leur groupe fétiche. Le batteur Brent Deboer arbore sa légendaire coupe affro. Quand à Zia, le tee-shirt à manche longue couleur chair qui recouvre son buste ne laisse aucun doute sur le fait qu'elle ne porte aucun soutien-gorge.
 
 
 
Ne me rappelant guère de l'ordre des titres, je peux néanmoins affirmer que les deux derniers skuds vont être quelque peu occultés par leur précurseurs, à l'exception d'un "Smoke It" et d'une poignée de titres fort oubliables. On notera quand même l'interprétation de "Welcome To The Third World" en français dans le texte. Ce qui me fait peur d'entrée, c'est que le groupe s'aventure dans des titres comateux comme il en a le secret et qui ont toujours servit à contrebalancer leur grosse artillerie par le passé. Heureusement il n'en sera rien et le concert va vite commencer sur des chapeaux de roues.
 
 
Le premier album va avoir droit à un traitement rare car un nombre conséquent de titres en sera extrait. De l'intro "Be In" en passant par les tubes "Not If You Were The Last Junkie On Earth", "Everyday Should be A Hollyday" (joué en acoustique à la guitare par Courtney) à "Minnesoter" et l'atomique Boys Better sur la fin, la sélection ne peut être plus parfaite, Zia se démenant comme une diablesse sur son korg tandis que Peter fait des moulinets à la Pete Townsend sur sa basse. Le batteur est au taquet et Courtney pousse la voix sur les refrains, ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé. Bref, le public est au nirvana.
 
 
La sélection de la soirée n'oublie pas les pépites des albums suivants. On aura droit au magnifique "Godless", au spleenesque "Mohammed", "Solid" et à ce"Bohemian Like You" qui rend le public fou sur son refrain on ne peut plus stimulant. "Get Off" n'est pas en reste avec ses allures de chanson western ultime. me souviens plus si on a eu "Shakin", je dirai oui vu la longueur du concert. Vraiment l'impression qu'ils ont joué tous leurs grands titres.
 
 
Les Dandy sont en grande forme ce soir, ils sourient entre eux, répondent au public et jouent comme s'ils étaient les rois du monde. Zia n'a jamais été aussi belle que ce soir et sa façon de se mouvoir derrière ses vieux synthés est parfois proprement dangereuse pour le coeur de votre serviteur. Dieu que cette femme est belle, une véritable déesse du rock n'roll, habillée d'un simple jean et d'un sweat moulant.
 
 
On continue avec l'énumération des titres. L'album à la banane n'est pas oublié, loin de là. Le fantastique "We Used To Be Friends" vient rappeler de bons souvenirs au public qui ne se fait pas prier pour taper des mains sur les couplets. Le final est étourdissant, la voix de Courtney partant dans la stratosphère. "Plan A" est aussi de la partie, pour le bonheur de tous. Impossible d'oublier l'hommage aux new romantics qu'est "You Were The Last High", splendide retour dans ces années 80 chéries. par contre il m'est impossible de dire si le puissant "Heavenly a été joué ou pas. Encore une fois je crois que oui, tant ce concert de plus de deux heures a été riche en sensations fortes.
 
 
 
Comme si notre bonheur n'était pas à son comble, c'est après un rappel tonitruant que Zia revient seule sur scène pour nous chanter acapella une goodnight song comme elle en a le secret. la salle se tait pour écouter sa beau brin de voix et lui offre une pluie d'acclamations pour la saluer, tandis qu'elle disparait derrière, non sans nous avoir envoyé des tonnes de baisers.
 
Ne reste plus aux Dandy Warhols qu'à nous pondre un nouveau disque digne de leur nom et la conquête de l'univers poura reprendre.
 
 
 
 
 

le groupe de l'année 2008 est...

le groupe de
l'année 2008
est...
 
 
 
réponse le premier janvier!
December 28

JUSTICE "A CROSS THE UNIVERSE"

JUSTICE
A CROSS
THE UNIVERSE
 
 
 
 
Etant passé complètement à côté du phénomène Justice, je dois avouer que la sortie de ce live à San Francisco représente une putain de surprise. Mais surtout elle me fait me mordre les doigts d'avoir raté le live de cet été donné par les deux français au Paleo festival de Nyon.
 
Echauffé par le matraquage intempestif du single "D.A.N.C.E." sur toutes les ondes pendant des mois, puis guère impressionné par "DVNO" et à peine touché par la polémique du clip "Stress", j'avais fini par ranger Justice dans la catégorie des sensations dance du moment, un groupe moyen victime d'un buzz disproportionné.
 
Je me trompais.
 
A la première écoute de ce live, tout le côté sympa festif disparait en un instant au profit d'un son bien dark, limite evil. Mais surtout, le côté rock n'roll de la chose m'apparait soudain comme une évidence. Justice est un groupe dangereux d'entrée de jeux, un groupe bien maléfique qui se cache dans les draps soyeux et friqués de la house music.
 
Véritable déluge d'infra-basses bien apocalyptiques et de revisitations orgiaques de leur premier album historique, ce live de malade culmine avec l'attaque incensée nommée "Stress", tuerie définitive qui ne ressemble à rien de connu en matière d'agression des tympans. une orgie pour les oreilles.
 
Et puis il y a ce dvd... qui devrait faire date dans l'histoire des documentaires musicaux bien trash.
 
Filmé aux States lors de leur dernière venue, ce film d'une heure est un instantané saisissant de la vie tumultueuse du duo infernal sur la route. 
 
Entre leur tour manager dingue des armes qui achète des flingues comme certains des donuts, arme et fait tirer tout ceux qui l'entoure avant de se faire arrêter au restau pour avoir effrayé une serveuse, leur tour bus chrétien à la voix si basse qu'il s'est inscrit au guinness book et qui prend en photo le paysage tous les kilomètres, leur entourage complètement déluré qui ne fait qu'encourager leur comportement irresponsable, les scène de baise, de prise de drogues et de fiestas sans fin, le mot de la fin revient pourtant au duo.
 
A commencer par Gaspard qui se marie à la va-vite dans une église de Las Vegas devant un Xavier mortifié qui n'en croit pas ses yeux et ses oreilles. Ce dernier montant la barre d'un cran en explosant une bouteille sur la tête d'un type l'agressant sur un parking de la tournée, s'ouvrant la main avant un concert imminent, ne sortant que pour se faire embarquer par la police en compagnie de son acolyte et de son tour manager. Et est-il besoin de rajouter que des images subliminales satanistes ont été rajoutées par les réalisateurs, Romain Gavras et So-Me. Une grande leçon de trash attitude.
 
Rien à redire, Justice sont déjà nos amis pour la vie.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

SONIC SYNDICATE "LOVE AND OTHER DISASTERS"

SONIC SYNDICATE
"LOVE AND OTHER DISASTERS"
 
 
 
L'année 2008 aura également marqué
le retour de nos fashion victims à
grosses guitares préférées. Un peu
trop vite balancés comme la relève
du métal, nos beaux jeunes suèdois
se sont révêlé avant tout comme de
glaçantes pubs vivantes pour Metro
boutiques.
 
A celà près que leur métal moderne
et efficace demeure sans pareil au
monde, un peu comme si Tokio Hotel
alliait la puissance de feu de Def
Leppard et des Deftones! 
 
Paradoxe admirablement démontré au
travers de leurs vidéos, monuments
de kitsch et de clichés comme plus
personne n'ose en accumuler durant
quatre minutes de musique.
 
Après "Eden Fire", "Only Inhuman",
le troisième effort continue de se
jouer de la critique en fonçant la
tête baissée sur une route balisée
et sans surprise.  A croire que le
capital sympathie du groupe permet
de tout lui pardonner. Même d'être
l'enfant terrible de ce genre très
fun qu'est le métalcore mélodique.
 
 
 
  

PENDULUM "IN SILICO"

P E N D U L U M
"IN SILICO"
 
 
 
 
 
Après The Presets, l'Australie nous offre un nouveau groupe détonnant et tuant, à mi-chemin entre le rock le plus énergique et l'electro la plus pointue, j'ai nommé Pendulum!
 
En activité depuis 2002 dans le milieu drum n'bass et jungle, Pendulum s'est fait remarquer en Angleterre (ou le groupe y est désormais résident)avec son premier album, "Hold Your Color". Présent sur quantités de compilations et de jeux vidéos, le groupe ne tarde pas à sortir de son ghetto musical pour collaborer à différents projets entre un remixe pour Prodigy et la production d'autres groupes.
  
Mais c'est avec "In Silico" que Pendulum explose à travers le monde, son propos se radicalisant avec la mise en avant de guitares bien remontées et de vocaux pour le moins assassins de la part de Rob Swire. On citera en exemple le fabuleux morceau de fin de l'album, le fulgurant "The Tempest", probablement l'une des choses les plus addictives et rock n'roll de cette année.
 
 
 
December 14

BLOC PARTY "INTIMACY"

BLOC PARTY
"INTIMACY"
 
 
 
Retour à l'improviste et surtout retour
gagnant pour le quatuor anglais avec ce
troisième skud qui a prit tout le monde
par surprise, à commencer par sa maison
de disques incapable d'empêcher sa mise
en ligne et bien obligée de suivre plus
tard en le sortant physiquement suite à
un buzz sans précédent. La sortie du EP
"Flux"  quelques mois plus tôt est donc
sans commune mesure.
 
A peine une année après  "A Week-End In
The City" qui confirmait le talent sans
révolutionner la découverte sur "Silent
Alarm" et sans réitérer le succès assez
total du premier opus, "Intimacy" prend
par surprise l'auditeur. Ruant dans les
brancards avec des sonorités menaçantes
que l'on croyait réservées aux Chemical
Brothers, Kele, Gordon, Russel et  Matt
nous infligent une claque pour le moins
innatendue, tordant la formule pop rock
avec des machines sournoises pour créer
quelque chose de totalement neuf.
 
En celà,"Mercury" et "Talons", les deux
premiers singles sortis, reflètent bien
mal l'évolution du quatuor, laboratoire
musical bien parti pour devenir dans un
futur proche une sorte d'alternative au
son un peu empoulé de Radiohead.
 
 
 
 
 
 
 

INDOCHINE "LITTLE DOLLS"

I N D O C H I N E
"LITTLE DOLLS"
 
Little Dolls
 
 
 
 
 

Little Dolls

Si nous partions éclairés devant,
Avec une chance de rester vivant,
Laisse moi te suivre, laisse moi m’enfuir
Nous étions forts, nous étions grands
Est-ce que tu veux encore de moi ?
Est-ce qu’on s’aimera encore longtemps,
Quand on sera vieux ou bien morts ?
J’ai peur pour toi, j’ai peur de moi

J’attends mon âge,
Avec toi, et sauve moi encore
Aide moi, embrasse moi encore
À nouveau

On a changé le lit de place,
On l’a vidé avant que tu me fasses
Je me rappelle de ton sommeil,
Je me rappelle de ton réveil
Maintenant qu’ils sont fauchés et tous morts
On ne parlera plus jamais à Dieu
J’attends mon âge, j’attends que tu m’embrasses
J’attends la vie, j’attends que tu m’…

Embrasse moi à nouveau et sauve moi encore
Aide moi, imagine moi encore
À nouveau

Combien de temps ? Combien de fois, tu pourras ?
Même si tu mens, tu seras, tu m’attendras…
Alors, à demain, encore,
Ça va…

J’attends mon âge,
Avec toi, et sauve moi encore
Aide moi, embrasse moi encore
À nouveau

November 23

manu "rendez-vous"

M A N U
"Rendez-vous"
 
 
 
 
 
 
Depuis la mort du bassiste Micka en mai 2005, Dolly a cruellement manqué au rock français, ses fulgurances noisy pop ayant imprimé durablement les rétines de toute une génération bercée à Nirvana.
 
Plus léger (en apparences seulement) que Noir Désir, Dolly cachait une puissante noirceur derrière ses titres mélancoliques et ses "tubes" calibrés pour la jeunesse électrique. Pour les avoir vus live à deux reprises, je peux attester sans peine que le rock français a subit une lourde perte lorsque Manu a décidé de ne pas poursuivre l'aventure, dévastée par la perte de son extraordinaire bassiste.
 
Et puis le temps est passé, les cicatrices se sont refermées lentement et l'envie de rejouer a pris le dessus. Epaulée par Nikko, le foudroyant guitariste de la défunte formation, puis par Ben et Nirox, Manu nous est revenue cet automne, plus belle que jamais avec ses cheveux rouges mais surtout avec un premier album solo: "Rendez-vous".
 
Démarrant sur le déchirant "Allée des Tilleuls", qui rappelle parfois la verve d'un Jean-Louis Murat, "Rendez-vous" égrenne ensuite les pop rock songs à l'image d'un best of, tout n'étant que beauté ici. Comment ne pas devenir accro à une tuerie aussi addictive que "Tes Cicatrices" ou le très énervé "Sur Mes Lèvres"? Comment ne pas succomber à une ritournelle aussi chouette que "Oh My Friend", au désarmant "T'es bô, t'es Con", à ce titre chanté en japonais: "Suteki Ni" et à "Goodbye" dédié à Micka? Eh bien on ne peut pas.
 
Bien que traversé d'une mélancolie à fleur de peau, cet album est aussi une réussite totale du pop rock, un disque à classer à côté des meilleurs Garbage, Tears For Fears, A-ha et Indochine.
 
Manu, tu nous a tant manqué. Quel merveilleux retour que le tien!
 
 
 
 
 
 
November 10

ac/dc, la biographie

AC/DC
la biographie
 
 
 
 


Tout commence le 6 janvier 1953 avec la naissance de Malcolm John Young  à Glasgow en Ecosse. Il est rejoint le 31 mars 1959 par Angus Mac Kinnon Young, quatre ans avant que leur famille ne s’installe à Sydney en Australie. Dix ans plus tard, AC/DC joue son premier concert au Checquers Club, jouant des reprises des Stones, des Beatles et de Chuck Berry. La même année, un motard échappe à la mort clinique et s’en tire avec un visage amoché, un nez, des dents, un bras et une jambe cassées. Bilan : trois jours de coma, sept mois d’hôpital et quatre semaines de chaise roulante.

 


Composé de Angus et Malcolm aux guitares, de Dave Evan au chant, Larry Van Knedt à la basse et de Colin Burgess aux baguettes, le grou
pe ne tarde pas à enregistre un single l’année suivante, le fameux « Can I Sit Next To You Girl/ Rockin' In The Palour ». Mais le véritable départ de l’histoire se joue en septembre quand un certain Ronald Belford Scott surnommé Bon, ancien motard et jusque là roadie et garde du corps du groupe, décide de  faire un coup d’état à l’encontre du pauvre Dave Evans qui ne fait pas l’unanimité, le remplaçant au culot. Grand, tatoué, braillard et costaud, Bon Scott est également originaire d’Ecosse comme les frangins mais il est surtout le déclencheur de tout, le grand frère idéal, celui qui va dépuceler le groupe pour le rendre dangereux en 1975.


Boosté par la drogue et l’alcool que Bon Scott leur fait prendre en permanence, le groupe enregistre « High Voltage » en 10 jours. Il sort en février et connais le succès, avant que le batteur Phil Rudd ne rejoigne le groupe, enregistrant avec eux « TNT » qui sortira en novembre avec un succès encore plus grand. Avant cela, le groupe sera apparu à la télé australienne (pour jouer « Baby Please Don’t Go ») le temps de faire tout ce qui ne doit pas être fait à la télé, le batteur portant un tee-shirt Camel, le lead guitariste jouant de façon obscène et, last but not least, le chanteur étant habillé en petite fille avec des couettes et fumant clope sur clope à une heure de grande écoute.

Dès 76 le groupe signe un contrat avec Atlantic Record puis entame une tournée anglaise puis européenne
, trouvant même le temps d'enregistrer son troisième album, « Dirty Deeds Done Dirt Cheap », qui sort mi décembre. « Enfermez vos filles ! » hurle le groupe en pleine explosion punk anglaise, visiblement guère impressionné par le bouleversement de la mode, son fonctionnement interne étant plus punk que celui des punks.

« 
Let There Be Rock » déboule début 77, suivit par une tournée australienne triomphale. Le groupe entreprend ensuite une nouvelle tournée mondiale. Le disque sort en octobre dans le monde entier et Cliff Williams devient le nouveau bassiste.

Jouant en ouverture des plus grands groupes de l’époque (volant la vedette à Kiss et Aerosmith, entre autres, poussant Led Zeppelin à ne pas les prendre lors d’un concert à Knebworth) AC/DC trouve encore le temps d’enregistrer « 
Powerage » qui sort en avril 78, suivit en octobre par un live d’anthologie, le bien nommé : « If You Want Blood... You've Got It ». Comme pour Kiss avec son « Alive », le succès massif arrive avec ce disque.

En 1979 AC/DC enregistre à Londres avec le producteur Robert John Mutt Lange (après avoir écarté l’exaspérant producteur de Jimmi Hendrix). « 
Highway To Hell » qui sort en juillet, est, avec sa production calibrée, un triomphe commercial, fêté le mois suivant par une première partie des Who au Wembley Stadium. De passage à Paris, le groupe sera immortalisé au travers du film « Let There Be Rock » réalisé par deux français, Eric Dyonisius et Eric Mistler. Tout va trop vite pour le groupe et surtout pour Bon, devenu accro à l’héroïne.

En pleine gloire, Bon, alcoolique depuis des années, meurt dans la nuit du 20 février 80 à Londres d'un coma éthylique à l’arrière d’une voiture, seul. Il avait 33 ans. Quelques jours plus tôt, il avait enregistré une version de « Ride On » en compagnie de son ami Bernie du groupe français Trust. Le monde du rock est consterné. AC/DC, aiguillé par un fan américain, ne mettra pas très longtemps à trouver un nouveau chanteur en la personne de l'ex Geordie Brian Johnson (qui impressionna Bon Scott quand ce dernier, chantant à l’époque avec Fraternity, le croisa un soir de concert commun, peu avant son accident de moto). AC/DC enregistre « 
Back In Black » en deux mois et le sort en juillet. L'album, hommage à Bon, sera un carton planétaire (22 millions d’exemplaires vendus aujourd’hui depuis sa sortie) et le groupe cessera définitivement les premières parties.

En août 81, le groupe est la tête d’affiche des Monsters Of Rock de Donington. « For Those About To Rock (We salute You) », sortit en novembre, remporte une fois de plus un succès monstrueux avec ses hymnes taillés pour les stades, visités dès l’année suivante avec cette fois une cloche d’une tonne et quelques canons… qui tirent pour de bon !

1983, le groupe enregistre aux Bahamas « 
Flick Of The Switch » puis Malcolm vire poliment Phil Rudd, drogué, alcoolique et sujet à des hallucinations, voyant le fantôme de Bon Scott C'est le tout jeune Simon Wright qui le remplace, ce dernier arrivant pour être témoin du premier bide de l’histoire du groupe, l’album se ramassant en beauté. Le moral s’en ressent jusque sur la tournée qui va suivre.

Il faut attendre le Rock In Rio en 1985 pour voir AC/DC retrouver de sa superbe. Hélas, la sortie du pitoyable album « 
Fly On The Wall », enregistré à Montreux, déçoit à nouveau et le groupe ne doit sa survie qu’à la forte demande de tickets pour ses concerts.

1986 voit la sortie de « 
Who Made Who », pseudo compile sur laquelle on trouve trois inédits, servant de BO au film « Maximum Overdrive » de Stephen King. A noter que Malcolm s’opposera toujours à la sortie d’un best of du groupe, grâce lui soit rendu.

En 88 sort l'album
Blow Up Your Video  après un an d’enregistrement dans le sud de la France. Boosté par le single « Heatseeker » l’album cartonne, ainsi que la tournée européenne, le groupe remplissant quatre fois le Wembley Arena. Malcolm doit à son tour quitter le groupe pour régler son problème d’alcoolisme. C’est son frère Stevie qui le remplace momentanément.

Il faudra attendre 1990 et le titre « Thunderstruck » pour que le groupe redevienne l’icône du rock lourd qu’il était dix ans plus tôt. « The Razor Age » deviendra un album mythique pour toute une génération de gamins découvrant le groupe grâce à lui.

Un nouveau drame frappe indirectement le groupe l’année suivante en janvier à Salt Lake City, trois ados trouvant la mort pendant un concert, écrasés par la foule. La tournée est arrêtée durant quelques jours.

C'est en octobre 92 que AC/DC « 
Live » sort dans les bacs, carton planétaire à nouveau.

AC/DC ne sort qu'un single en 93, le faiblard et convenu mais très juteux « Big Gun » qui sert de BO au film « Last Action
Hero ». Comble de la parodie, Arnold Schwarzeneger singe Angus dans le clip en se prenant pour le guitariste du groupe.

Retour inespéré de
Phil Rudd en 95 pour « Ballbreaker », qui déboule en septembre sous les vivas du monde, tandis que la tournée à venir est une nouvelle fois revue à la hausse. Produit par Rick Rubin, cet album titanesque flirte dangereusement avec la parodie.

La sortie du coffret « 
Bonfire » en novembre 97 permet  de rappeler au monde celui qui fut et restera l’immortel chanteur du groupe. Dix ans plus tard, ce sera le coffret dvd « Plug Me In », concocté, entre autres, par le fan ultime Arnaud Durieux, qui reviendra en image sur la préhistoire du groupe via des images jamais vues.

"Stiff Uper Lip" arrive en 2000 et poursuit dans l’excellence avec des relents de country-blues, le groupe s’essayant même à la critique sociale, le maire de New York en prenant pour son grade sur « Safe in New York City ».

 

Octobre 2008, après avoir tourné avec les Rolling Stones, être entré au Rock n’Roll Hall of Fame et refusé de mettre ses chansons sur la plateforme de téléchargement Itunes (sans que cela n’affecte ses ventes de son back catalogue) le groupe, via « Black Ice », (sortit chez Columbia/Sony BMG, une première) clôt 8 ans de silence et s’empare de la tête des charts mondiaux, le single « Rock’n’Roll Train » se chargeant de remettre les pendules à l’heure. (FSt)

November 09

20000 CLICS

MERCI POUR TOUT.
 
fran
 
 
 
P.S. mes autres chroniques musicales se trouvent sur ces deux blogs:
 
 

sophie hunger, l'interview exclusive

SOPHIE

HUNGER

INTERVIEW

EXCLUSIVE

 

 

 

 

Alors que son deuxième album s’avère autant un succès artistique, critique que commercial, la songwritter de 25 ans, demandée de toute part, à trouvé le temps de répondre à quelques-une de nos questions, histoire de vérifier si sa musique est bien une résuctance  de sa nature divine d’ange folk.




 
 
Tu as été si brillante à Willisau, quand tu as accompagné les Young Gods & Barbouze de chez Fior! Etait-ce l’excitation de la sortie prochaine de ton nouvel album ou l’alchimie entre vous tous?

Ce fut définitivement la situation du moment qui a crée le moment que cela fut.
 
Crois-tu aux fantômes ?
Eh bien, c’est une question piège, ça dépend de ce que tu entends par ce mot ; et aussi ce que tu entends par « croire » au-delà du fait que je le reconnaisse ou que je souscrive à leur existence. Je crois qu’en usant de ce mot dans ma musique je consens à y croire ne serait-ce qu’un tout petit peu.

Comment gères-tu le soudain intérêt des medias à ton égard?
J’essaie de l’ignorer, mais j’y échoue. Ca me touche et je ne sais pas encore dans quel sens. Je crois qu’en ce moment ce n’est pas dans le bon. 


Est-ce Ok d’être compare à Bob Dylan?

C’est en premier lieu absolument absurde. 

Il y a un paquet de chansons fantastiques sur "Monday's Ghost", d’où viennent-elles?

Eh bien, je suis désolée mais je ne sais vraiment pas. Elles n’ont pas de passeport quand elles arrivent, ce qui font d’elles je crois des « sans papiers », et elles n’ont pas de nom, alors je dois leur en trouver un, bien qu’elles doivent déjà en avoir un, ce qui fait qu’à chaque fois je les trompe.

 


Ta voix crée un grand silence quand tu chantes, ce qui n’est pas commun à chaque artiste. Es-tu reconnaissante de cette attention ou est-ce dérangeant pour toi ?

A un certain niveau j’ai besoin de ça pour atteindre un certain niveau de concentration mais en même temps ça me terrifie. Les deux à la fois et ce n’est pas une contradiction. Ce sont juste les deux côtés d’une même feuille de papier.

 
Il y a ton nom complet dans le titre de l’une de tes chansons (“Sophie Hunger Blues”) ainsi que ton prénom dans le texte d’une autre. Ton égo est-il Ok avec ça ?

Dans "Drainpipes" c’est le même prénom que celui que je porte, mais je ne sais pas si cela à quelque chose à voir avec mon égo. Ce que je veux dire, c’est que si tu prends en photo un arbre tu peux dire « oh regarde c’est l’arbre ». Mais ce n’est pas l’arbre, car un arbre est grand et fait de bois et c’est un organisme biologique. Une photo c’est juste un bout de papier en couleurs qui se reflète dans tes yeux. Alors non ça ne touche pas mon égo.

Parle-nous de ce très beau film musical sur l’édition collector de « Monday's Ghost ».
C’est quelque chose qui a été filmé à Paris et Zurich par un réalisateur français qui se nomme Jeremiah. Il a passé quelques jours avec nous dans ces deux villes. A la fin il a sortit ce petit film de tout le matériel qu’il avait filmé. C’est très proche de nous, la plupart des prises n’ont pas été coupées et la musique est jouée en direct. Le film porte le titre d’une chanson que j’écrivais à cette période et qui se nomme "Citylights". 


Prévois-tu  d’être musicienne pour le reste de ta vie?

Je crois qu’on ne peut pas planifier le fait d’être musicien. Je ne sais vraiment pas si j’aurai toujours l’énergie et la volonté de m’exposer à travers la musique comme je le fais en ce moment, j’en doute. J’espère actuellement en ce qui me concerne que ça s’arrêtera un jour.  


Ton concert à Montreux l’année dernière a été un choc pour beaucoup de gens, et pour toi?
Ce fut une résonance. Je ne pensais pas que je pourrai supporter la pression. Je ne savais pas avant que ça termine que je le pourrai. Ce ne fut pas le meilleur concert de ma vie, mais j’ai été très contente de comprendre que je pouvais le supporter. Le problème est que cette connaissance ne dure pas, à la fin tu recommences de rien avant chaque concert.

"Sketches on Sea", comme premier disque, sonnait comme une promesse. Es-tu heureuse de tes premières chansons ?

Je ne pense pas à elles comme à des chansons que je classerai dans la catégorie « heureuse ». Elles sont juste arrivées à ce moment. Je ne les aime pas plus que je ne les déteste. Ça me surprend parfois qu’elles soient arrivées. Je ne comprends pas pourquoi ni comment j’ai fait cela.

Jeff Buckley était très critique à propos de "Grace". Es-tu critique avec "Monday's Ghost" ou est-ce trop tôt ? Ou trop tard ?

Je crois qu’il est question de ce moment où tu dois accepter le fait que tu as vraiment réalisé quelque chose. A mon avis, Buckley ne voulait pas être immobilisé par une “seule et unique version”, il ne croyait pas en cela. C’est pourquoi il détestait enregistrer. Je n’aime pas non plus enregistrer et je n’aime pas ressentir la tristesse et la perte d’avoir « une version » ; mais mon besoin de partager ces chansons avec le public est plus grand que ce sentiment. 

 
"House of Gods" sonne comme une prière… es-tu d’accord?
Merci, c’est une jolie façon de la décrire. Je n’y avais jamais pensé ainsi, mais oui, je pense que c’est une description possible. Oui.


Avec quel artiste, vivant ou mort, aimerais-tu collaborer ?
Les Monty Phythons ou Roger Federer.

 [FSt]

 

 

interview à paraître dans le numéro 26 de daily rock en décembre

 

En concert le 20 décembre 2008 au Fri-son de Fribourg avec les Young Gods et Barbouze de chez Fior.

 

 

 http://www.sophiehunger.com/ 

November 02

the young gods & barbouze de chez fior live au victoria hall

 
 
The Young Gods &
Barbouze de chez Fior
live au Victoria Hall
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

VICTORIA HALL PART 2
 
En fin de compte, je décide d'aller m'asseoir au premier rang (un peu déserté durant la première partie), juste devant le micro de Franz Treichler. Peu à l'aise dans cette salle luxueuse et au milieu de tous ces gens, je vais me cacher un moment pour envoyer quelques messages sur mon portable. La salle étant complètement allumée, je n'ose pas rester face à la scène, les Gods et Barbouze accordant leurs instruments à deux-trois mètres de moi à peine. Pas envie non plus de croiser leurs regards je crois, ma timidité légendaire encore. pourtant je connais Sara, j'ai interviewé Bernard Trontin et bu un verre avec Al Comet à un concert de Nine Inch Nails.
 
Je repense à Sara Oswald, la violoncelliste, qui jouait quelques heures plus tôt au théâtre de Vidy à Lausanne et qui a juste eu le temps de sauter dans une voiture pour débarquer ici et jouer à nouveau. Ces artistes...   
 
La lumière s'éteint enfin, laissant les deux quatuors rejoindre leurs instruments. Les premières notes de hang de «Our House» résonnent et l'atmosphère de la salle se charge d'une douce magie bleutée, comme si cette chanson était la plus belle de tous les temps, la voix de Franz l'emportant jusque dans la stratosphère. On ferme les yeux, on ressent ces merveilleuses vibrations et nos âmes s'envolent instantanément. A l'image des quatre filles de Barbouze, tout n'est que beauté ici, sublimé encore par leur entrée sur la seconde partie du morceau.
 
 
Le répertoire du concert de ce soir ne s'éloigne pas beaucoup des précédentes performances des deux quatuors, que ce soit à Lausanne, Bulle ou à Willisau, néanmoins l'option acoustique semble avoir été encore un peu plus poussée cette fois, car il ne sera pas question pour Al de faire vrombir ses synthés et les options pneumatiques de la batterie de Bernard ont également été revues à la baisse. Je remarque aussi que les interventions du quatuor à cordes sont sensiblement différentes sur certains titres, plus riches serais-je tenté d'ajouter, tant il me semble ne pas reconnaître certains passages, notament des parties d'Annick
 
"Longue Route" dépote toujours autant, surtout avec les Barbouze déchaînées, à l'image de Annick Rody, qui va bien finir par se casser le pied à force de taper ainsi le sol! Et les hurlements à la lune de Franz n'arrangent rien à ce grand titre psychotique. Autre moment de bonheur total avec l'interprétation de "She Rains", à nouveau chanté en français, redevenant "Elle Pleut", ce pur moment de magie sur lequel on aimerait bien s'endormir à jamais.
 
"Gasoline Man" (et son harmonica!) est également de la partie, même si on regrette que Sophie Hunger ne soit pas là comme à Willisau (mais on me dit que le 20 décembre à Fri-son Fribourg, ça va le faire!). Toujours présent à l'appel, Charlotte", joué au mélodica par Bernard et toujours Al, imperturbable, qui fait son clown avec son drôle de truc rempli de sable.
 
 
Grand moment hypnotique avec "Ghost Rider", reprise de Suicide qui vient s'intercaler dans "Gardez Les Esprits". Le côté chamanique du groupe se révêle à nouveau au travers de cette incantation sans fin, convoquant les esprits comme à chaque fois. 
 
A nouveau avec "L'Amourir", les Barbouze se substituent aux Young Gods pour accompagner le seul Franz Treichler, ce dernier se rapprochant du quatuor pour chanter à ses côtés, tandis que Bernard, debout tout le long, quitte un instant la scène, ne laissant que Al et Vincent, assis sur leurs sièges, les mains croisées, pour assister à la performance détonnante. J'ai bien aimé les petits coups d'archet de Sara sur la fin, comme à chaque fois.
 
Sur "La Fille de la Mort", on aura aussi pu constater de la part de Barbouze une certaine propension à partir dans la folie la plus bruitiste. Ah mais c'est qu'elles aiment ça, les filles, faire du bruit! On peut même dire qu'elle y prennent un sacré plaisir à voir leurs sourires, dents serrées, surtout Sara et Annick, complètement parties dans l'expérimental. 

Et sinon, il y a eu ce final sur "Lointaine", Barbouze le jouant plus classique que précédemment, moins maléfique aussi, mais finalement très beau et plus harmonieux. Camille et Laurence semblaient vraiment habitées par la beauté de ce passage final.


Impossible de faire l'impasse sur l'hymne "Freedom" de Richie Havens, joué sans les Barbouze, ces dernières s'éclipsant à quelques reprises durant le concert pour laisser les Young Gods seuls sur scène, comme ce fut le cas avec le "If 6 was 9" de Hendrix, Erika Stucky venant y jouer du porte-voix (version Fisher Price ou Lansay... bref un jouet pour bébé!) en compagnie d'un Franz hilare (comme le reste du groupe au vu de la folie terminale de l'interprétation de la jazz girl) qui la laissera finalement chanter seule, ne pouvant pas l'accompagner dans son génial délire de peur de tout gacher.

Les deux quatuors reviendront une dernière fois sur scène pour saluer la foule en délire. Je m'aperçois alors que je suis le dernier assis au premier rang, ce qui est assez étrange, vu que la salle est remplie. Mais il y a eu d'autres choses étranges ces soir-là sur lesquelles je ne m'attarderai pas (me suis-je déplacé d'un siège durant le concert?).

Regardant l'heure, je me rends compte que mon train ne va pas m'attendre et décide donc de quitter la salle au plus vite. Sara voulait me présenter le reste de Barbouze mais ce sera pour une autre fois je le crains. Peut-être à Lucerne...

 
 
 

erika stucky trio live au victoria hall

Erika  Stucky  Trio
-Bubbles & Bangs-
live au Victoria Hall
 
 
 
 
 
 
Salle de concert dédiée à la musique classique bâtie par un consul anglais en l'honneur de sa Reine et offert à la ville de Genève, le Victoria Hall est un joyau d'architecture et d'acoustique. C'est également un endroit impressionnant par sa luxuriance et son cachet (la façade "Art Nouveau", ce genre).
 
Bref, moi je viens vois les Young Gods et Barbouze de chez Fior, je n'avais même pas tilté qu'il y avait cette dingue d'Erika Stucky (que j'adore je le précise!) en première partie et que la soirée était prétexte à fêter les 140 ans du Courier, quotidien indépendant et humaniste Suisse.
 
Histoire de ne pas me prendre la tête vu que je suis un peu short sur l'horaire, je débarque en taxi et arrive juste à l'heure pour le début des hostilités, prenant même le temps de me commander une petite bière. Je constate rapidement que la fosse est complète et que le public est redirigé vers les galleries. Pas glop ça, déjà que c'est une soirée assise... bref, par je ne sais quel maléfice, je me retrouve dans un angle impossible, carrément au dessus de la scène!
La vue est marrante, mais je dois me pencher en avant et mes jambes touchent le balcon trop près. Bon... on va voir combien de temps je tiens dans cette posture.
 
On a droit a un petit discour du Courrier, ainsi qu'à une séance photo amusante avec toute la salle lisant un exemplaire du quotidien sournoisement laissé là à cette intention. Puis les lumières s'éteignent.
 
Lucas Niggli, le batteur, accompagné de Jon Sass, le tuba, entrent sur scène seuls et démarrent les hostilités. Le duo jazzy rentre dans le vif du sujet assez rapidement, rattrappé au bout de quelques minutes par le chant reconnaissable entre tous d'Erika Stucky, errant derrière la scène un bon moment avant d'apparaître sur scène pour une ovation attendue.
 
la suite va être un florilège des quatre albums du trio, entre jazz survolté, performance vocale et moments intimistes. Clous du concert, les covers survoltées de "Helter Skelter" des Beatles, de "Gimme Shelter" des Rolling Stones (Erika debout sur un fauteuil de bureau imitant une trompette!), "I Heard It Through The Grapevine" de Marvin Gaye et, surtout, "Lose Yourself" de Eminem, chanté à l'aide d'un calepin (because texte trop long et trop rapide) par une Erika au sommet de son groove, le public répondant par des cris et des sifflets approbateurs à cette réinterprétation survoltée du thème du film "8 Mile".
 
Il ne faudrait pas oublier les interventions de la chanteuse entre les titres, d'une drôlerie folle, partant dans tous les sens, mélangeant le français, l'anglais et le suisse allemand dans un joyeux bordel qui aura fait plier de rire toute l'assitance, et ce, jusqu'à l'ultime rappel, tiré du désormais culte "Suicidal Yodels" qui lui a valut une reconnaissance certaine au delà des frontières. le trio quitte la scène sous un tonnerre d'applaudissements, limite standing ovation.
 
Excellente mise en bouche en attendant les Young Gods, mais il va vraiment falloir que je me trouve une autre place pour assister à ce concert, car en plus d'un mal de dos, je commence à souffrir dès que je tourne la tête.
 
 
 
November 01

chris garneau, live au bourg

CHRIS GARNEAU
LIVE AU BOURG
 
 
 
 
 
C'était il y a une dizaine de jours
à la salle du Bourg de Lausanne que
le New Yorkais Chris Garneau venait
présenter ses chansons. Remarqué en
2006 avec "Music For Tourists", son
premier album, Garneau n'a pas trop
eu de mal à rejoindre  la liste des
songwriters intimistes et un peu en
dépression, les meilleurs, quoi. Je
dois quand même avouer, à mon grand
regret, que je ne pensais pas subir
ce concert, bien au contraire, mais
c'est exactement ce qui s'est passé
ce mercredi soir d'octobre.
 
Assis à une table dans cette espèce
de salon rafiné en compagnie de mon
meilleur ami, ce dernier ne sachant
rien de Chris Garneau,  nous voyons
débarquer sur  scène un jeune homme
très timide, un peu efféminé et peu
à l'aise avec la foule, tournant le
dos au public en s'asseillant à son
piano. D'entrée, une tristesse rare
envahit le Bourg. Il y a d'abord la
voix de Garneau, plaintive comme je
la connais, mais surtout déformée à
la suite d'une crève qui la rend ce
soir misérable.  On s'étonne même à
y trouver un air de James Blunt des
mauvais jours, enfin, si ce dernier
avait des bons jours!
 
Plaisantant un peu dans un français
très correct sur l'amende que lui a
valut un excès de vitesse en Suisse
 et pour lequel il  demande un petit 
soutient de notre part,  Garneau ne
parvient pas à se défaire  de cette
impression d'artiste un peu autiste
et un peu à côté de la plaque. Pour
couronner le tout, un ou deux types
derrière moi  ne peuvent s'empêcher
de rire quand la voix de Garneau va
trop haut, ce qui m'oblige, au bout
d'un moment, à intervenir  pour que
ça cesse. Là-dessus, mon ami trouve
opportun de m'avouer  que l'endroit
n'est pas à son goût et que je suis
tombé bien bas pour venir me perdre
dans une niche à bobos,  entouré de
gens qui boivent du vin en écoutant
un chanteur médiocre vaguement hype
on ne sait trop où.
 
J'ai bien réfléchi à ce que mon ami
m'a dit ce soir-là.  Pour écrire ma
chronique, je suis allé sur le site
myspace de Chris Garneau afin de me
retrouver avec quelques-unes de ses
chansons,seul. Je n'ai qu'à écouter
"Baby's Romance" pour  être emporté
par la magie de son interprète. Les
accords de "We Don't Try", et cette
voix, si fragile, me font tellement
penser à Elliott Smith dont Garneau
avait maladroitement reprise une de
ses chansons ce soir-là. Même chose
avec "Blue Suede Shoes", ici au top
de sa beauté.
 
Il faudra donc redonner  une chance
à Chris Garneau la prochaine fois.
 
 
 
 
 
  
October 26

the cure "4:13 dream"

THE CURE
"4:13 DREAM"
 
 
 
 
 
 
Difficile de parler du nouveau Cure, vraiment pas simple, surtout pour moi qui les suit depuis si longtemps et qui considère toujours "Pornography" comme le plus grand disque de tous les temps. Mais je vais essayer quand même.
 
Je ne reviendrai pas sur les quatre singles sortis à un mois d'intervalle depuis le mois de mai, vous savez ce que j'en pense dans les grandes lignes, mes articles étaient je pense assez complets sur mes sentiments partagés, tout comme ils le furent avec ce EP de remixes pour le moins étranges.
 
Tout d'abord, faisons une croix sur le double album si longtemps promis, il n'existe plus et rien n'indique que ces chansons sortirons un jour. Ces quatre ans d'attente ne nous vaudront que 13 titres. Une pilule difficile à avaler quand on sait que le tout a été enregistré il y a plus de deux ans et que c'est finalement le travail de production et de mixage (ainsi que d'élagage vu le résultat final) qui aura duré le plus longtemps.
 
Commençant sur des nappes de synthés familières,"Underneath the Stars" fait office de titre de retrouvailles, les guitares lourdes étant accompagnée par une frappe de batterie tout aussi massive de la part de Jason Cooper. Le titre aurait gagné à demeurer instrumental mais la voix de Robert Smith, semblant surgir de l'au-delà, se met rapidement au diapason pour donner dans la magie pure. Un titre poussif diront certains et ils n'auront pas tort, mais la douce mélancolie (nostalgie) qui s'échappe est plus forte que la raison.
 
"The Reasons Why" permet à Simon Gallup d'imprimer une très belle ligne de basse, rattrapée par la voix de Smith, décidemment très inspiré dans ses intonations, plus juvéniles que jamais. Encore une fois, beaucoup de mélancolie pour contrebalancer avec l'option pop de l'album.
 
Avec "Sirensong", le groupe revient à un son léger, hélas ça ne décolle pas et la sauce ne prend pas durant ces deux petites minutes.
 
"The Real Snow White" retrouve une certaine hargne mais le contenu cripté du texte ne permet pas vraiment de s'immerger totalement dans ce titre finalement dispensable.
 
le groupe retrouve son classicisme pop avec "The Angry Ghost" tandis que Smith se libère enfin de ses entraves pour élever le tout, donnant une performance singulière qui rend la chanson très accrocheuse.
 
"Switch" continue sur cette dynamique, les instruments s'emballant en même temps que la voix. A noter que le texte est aussi rageur que désabusé, Smith parlant de la vie qui passe trop vite et du monde autour de lui qui semble se refermer jour après jour. Une excellente chanson qui ferait un extraordinaire single...
 
Pour ce qui est de "This. Here And Now. With You" il m'est difficile de donner un avis car ce titre est tellement saccadé qu'il échappe à toute analyse, même si les ajouts de cordes sont assez charmants. un drôle de morceau qui met de bonne humeur.
 
Et sinon, "Sleep When I'm Dead" est toujours aussi génial. Oups! J'avais promis de plus parler des quatre singles...
 
Avant dernier titre, "The Scream", avec ses accents orientaux et ses airs venimeux, est surtout l'occasion pour Smith de nous balancer un cri bien en adéquation avec la thématique de la chanson, sa voix résonnant de longues secondes comme si elle tombait dans le vide. Un titre qui n'aurait pas fait tache sur le précédent album de The Cure.
 
C'est à "It's Over" qu'il incombe tout naturellement de clore ce 13 ème album studio, un déluge d'instruments nous accompagnant jusqu'à la fin, un peu comme une jam infernale, une ultime tentative de se faire violence et de se prouver que le groupe est encore vivant malgré tous ses paradoxes et le fait que les fans seront une nouvelle fois partagés, entre la détestation facile et l'amour inconsidéré, comme à chaque fois depuis tant d'années. Une chose est cependant certaine, The Cure ne laisse toujours pas indifférent, ce qui est plutôt bon signe.
 
  
 

slipknot "all hope is gone"

SLIPKNOT
"all hope is gone"
 
 
 
 
mortel...

 

 
 
 

oasis "dig out your soul"

O A S I S
"DIG OUT YOUR SOUL"
 
 
 
 
Si j'écrivais dans le NME ou je ne
sais quel magazine anglais,  il me
serait facile de sortir une de ces
piques gratuites du genre: En 2008
deux groupes  perdus de vue depuis
une décennie ont fait un come-back
innespéré dans  le paysage dévasté
de la brit pop, The Verve et, bien
sûr, Oasis!
 
Il faut saluer Richard Aschroft et
son groupe bien évidemment, mais à
quoi bon poursuivre cette mauvaise
blague avec Oasis? Oui, les albums
qui ont suivit n'atteignent jamais
les deux ou trois premiers, mais à
aucun moment  ils ne sonnent comme
de simples resucées des débuts qui
n'auraient de Oasis que le nom. Ce
sont d'excellents disques, remplis
de classiques, mais dont le défaut
serait peut-être de manquer de ces
grands moments  qui nous faisaient
dire que les frères Gallagher & co
étaient certes des connards pleins
d'arrogance mais aussi des putains
de génies.
 
Eh bien vous savez quoi?! Je crois
qu'on est repartis pour un tour de
manège! Je m'explique. J'ai été un
grand fan de ce groupe mais, comme
la plupart des gens, j'ai vraiment
du mal à citer des titres de leurs
dernières productions. Pourtant, à
chaque fois que je les écoute, les
bons moments sont nombreux et tout
mes griefs disparaissent. Juste un
truc vient me gacher mon plaisir à
chaque fois, le sentiment qu'il ne
faudrait pas grand chose, vraiment
rien, pour que ça soit comme avant
la perte de vitesse. Et c'est bien
là où je veut en venir...
 
 
Enregistré à Abbey Road, le nouvel
album est un petit miracle de rock
anglais totalement innatendu qui a
déjà provoqué son petit effet dans
la presse spécialisée et, c'est le
plus important, chez les fans. Oui
les chansons sont là, mais surtout
l'âme est de retour avec une belle
maturité que l'on croyait, jusqu'à
ce jour, plus un handicap qu'autre
chose.
 
Dès l'intro de "Bag It Up", on est
prit d'une attention, plus marquée
que d'habitude, et on redécouvre à
chaque seconde ce qui a manqué ces
dernières années: la hargne de ces
gars, cette volonté de jouer et de
faire passer un message clair, que
tout le mondre acceptera, à savoir
que Oasis est un putain de groupe.
"The Turning" monte le niveau d'un
cran, tandis que  "Waiting For The
Rapture" chanté par Noel ouvre une
voie royale à ce foudroyant single
qu'est "Shock Of the Lightning". A
ce moment là l'affaire est dans le
sac. Oasis est de retour.
 
Et pourtant la démonstration ne va
pas s'arrêter en si bon chemin, ce
serait trop simple. Liam se charge
de nous faire chialer avec le très
beau "I'm Outta There", qu'il nous
chante avec ses trippes. Mais s'il
fallait vraiment une preuve que ce
groupe est en état de grace totale
ce serait à coup sûr avec "Falling
Down", morceau planant et hanté en
apesanteur, magnifié par l'ainé de
la famille, plus habité que jamais
et toujours surprenant lors de ses
interventions sur les albums. Sans
doute sa performance la plus belle
depuis "Don't Look Back In Anger".
 
Je pourrai vous parler du son bien
vintage ou du son psychédélique de
certains titres, mais je crois que
vous avez pigé l'essentiel ce skud
se doit d'être écouté avec la plus
grande attention et la plus grande
bienveillance, car il pourait bien
devenir un classique.
 
 
  
  
 
 
 
 
 
 
October 23

dEUS live aux docks

 
d E U S
live aux docks
 
 
 
Retrouver dEUS c'est un peu comme retrouver de vieux amis, sauf qu'en ce qui me concerne, on s'étaient quittés fâchés. Ca remontait à 2005 et le groupe revenait avec un nouvel album, le premier depuis 1999. Hélas, la formation de l'époque, qui jouait aux arènes d'Avenches, n'était pas en place et livra une pitoyable performance. dEUS se sépara à nouveau par la suite et certains membres quittèrent le navire pour de bon. De ce qui subsistait encore de dEUS, il ne resta bientôt plus que Tom Barman, le chanteur et Klass Janzoons le clavier et violon.
Et puis "Pocket Revolution" sortit enfin. Déservit par des singles calamiteux, cet excellent album ne fit guère de vagues dans les charts mais rassura sur la santé musicale du "nouveau" dEUS.
Trois ans plus tard, cinq rockers reviennent avec une bombe nommée "Vantage Point" et un single grandiose: "The Architect". Ils s'arrêtaient à Lausanne il y a quelques semaines pour défendre leur répertoire, pas question de les rater donc.
 
Ayant par contre raté la première partie (ce qui ne m'arrive pas souvent) j'arrive dans une salle bien remplie et prête à accueillir les parrains du rock belge. dEUS arrive sur scène et commence son concert avec "When She Comes Down" avant d'enchaîner sur "Instant Street", titre connu pour sa montée en puissance finale réveillant un public qui se montrera assez calme durant la soirée.
Je constate que Mauro Pawlowski (figure majeure de la scène belge et guitariste du groupe depuis sa refonte) a rasé sa barbe, ce qui le rajeunit considérablement.
Le nouvel album est bien représenté par des titres tels que "The Vanishing Of Maria Schneider", l'époustouflant "The Architect", "Favorite Game" ou encore "Is A Robot" et "Slow", effectivement tous très bien calibrés pour êtres joués live, ce qui semblait être la volonté du groupe.
Mais le morceau que j'attendais plus que tout, et qui me fut offert assez rapidement, c'est le monumental "Bad Timing, autre morceau épique (tiré de Pocket Revolution) qui ne cesse de monter avant d'exploser sur le dernier refrain.
 
Pas franchement transcendant ce soir (mais heureusement sans comparaison avec la dernière fois), dEUS a assuré un bon concert avec quelques chouettes moments et un final en apothéose sur les accords frénétiques de "Suds & Soda". Tout est pardonné, donc.
  
 
October 06

dick rivers "l'homme sans âge"

Dick Rivers
"L'Homme Sans Âge"
 
 
 
 
 
Si on m'avait dit que j'écrirai un jour une chronique à la gloire de Dick Rivers sur ce blog, j'aurai certainement bien ri. Nous voilà donc en 2008, année d'albums français exceptionnels. On citera donc Alain Bashung, Damien Saez, Christophe (la chronique arrive...) et, last but not least, Dick Rivers!
 
Je ne vais pas revenir sur le personnage, sur le club des trois (Mitchell, Hallyday et Rivers, les survivants) ou encore sa carrière en dents de scie. Ce qu'il faut savoir, c'est que derrière le chanteur de rock & roll, l'artiste de variétés, se cache un enfant qui a rêvé toute sa vie de l'Amérique, au travers de son cinéma, de sa culture et de sa musique. Pas étonnant qu'il y a une dizaine d'années, l'homme se soit embarqué pour Nashville afin d'enregistrer avec les musiciens du coin. On le sait, Dick veut désormais aller à l'essentiel, avant de mourir, avant d'être oublié.
 
Bonne nouvelle, avec son nouvel album, il vient de rentrer dans l'immortalité.
 
Composées par Joseph d'Anvers (si vous lisez les Inrockuptibles vous connaissez sans doute ce chanteur)et interprétés par un chanteur qui n'a jamais été aussi habité, sa voix atteignant une gravité et une beauté inédites, les douze titres de "L'Homme Sans Âge" sont une magnifique somme, en forme de visite guidée, de tout ce que représente Dick Rivers en 2008.
 
Cette découverte à de quoi fasciner. C'est un peu comme si Gary Cooper ou Johnny Cash se présentaient à vous un soir en s'invitant chez vous.
 
Entre histoires d'amour bouleversantes, évocations de l'Amérique sauvage et puissantes réflexions sur la vie et la mort, ces chansons taillées dans la pierre laissent un souvenir impérissable et une furieuse envie de se les approprier à jamais.
 
Comme tout grand disque qui se respecte, il se doit de contenir au moins un ou deux grands titres. Mais ici, il faut véritablement parler de classiques en puissance pour être dans le vrai. De "Par de là Les Plaines" à "Les Braves" en passant par "La Première Heure", le monumental "Mon Homme" ou encore l'épique "Les Bras Des Femmes" et "La Voie des Anges", "Lola" et... non, c'est pas possible, tout est à un tel niveau sur ce disque que ça en donne le vertige.
 
Avec l'aide de Joseph d'Anvers (qui a décidemment tout compris du bonhomme)Dick Rivers vient de réaliser la plus belle sortie pour un chanteur, celle du dernier chef d'oeuvre.
 
On attend le suivant quand même.
 
 
 
 
October 05

the charlatans "you cross my path"

THE CHARLATANS
"YOU CROSS MY PATH"
 
 
 
Eternels seconds couteaux de la brit pop, Tim Burges et son groupe ont toujours été considérés comme un groupe sympa et un peu mélancolique, sans génie mais capable de fulgurances dignes d'un groupe de premier plan.
 
Originaires de Manchester, les Charlatans ont souffert de cette image pesante de dernier de la classe, sans cesse comparés aux icones Stone Roses, Happy Mondays et autres formations à succès du moment. Surfant sur la vague "Madchester" du début des années 90, ils en seront les seuls survivants, connaissant de petits succès avec quelques singles rafraichissants bien dans leur époque. Puis le groupe deviendra une valeure sûre de la brit pop, se faisant à nouveau dépasser par de plus grosses machines telles que Oasis, Blur et Stereophonics.
 
Mais le groupe poursuit son chemin, malgré le deuil de l'un des leurs, signant quelques grands disques dont le plus grandiose sera sans aucun doute "Us And Us Only".
 
On croyait The Charlatans enfin arrivés à maturité mais c'était sans compter le poids des années. Sortant des albums à un rythme affolant d'un tous les deux ans, la qualité de l'ensemble a commencé à s'en ressentir et c'est ainsi qu'on en arrive à "You Cross My Path", qui dois être leur onzième album si je ne me trompe pas dans mon calcul.
 
Triste album que cette fausse usine à tubes (quatre singles déjà sortis!) et constat amère pour ce groupe de vieux jeunes qui visiblement ne se rend pas compte de sa pauvre forme, continuant à tourner sans relâche pour un public qui semble voir en lui le dernier représentant d'une époque bénie.
 
J'écoute des titres comme "Oh! Vanity", "Mis-takes", "The Misbegotten" ou encore le titre éponyme et je n'entends que de la redite, voir pire, de tristes copies de New Order et d'autres groupes anglais.
 
A l'instar de James ou encore de The Verve, ces derniers récemment revenus, les Charlatans traversent une crise, le passage à la quarantaine peut-être... en tout cas une sacré panne d'inspiration. Espérons que cet album navrant ne soit pas la dernière pièce de sa remarquable discographie.