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    October 30

    fischerspooner au for noise 2006

    FISCHERSPOONER

    LIVE AT THE FOR NOISE FESTIVAL (PULLY) 2006

     

    C'est par un flash gris que me revient le souvenir de cette journée, gris comme le ciel depuis la terrasse du Café du Conservatoire, gris comme cet aller-retour entre ma bière à peine servie et Disc-a-brac pour me faire rembourser un ticket en trop, le ticket de qui d'ailleurs? retrouvant des amies (dont une qui n'existe pas) une vingtaine de minutes plus tard, nous décidons d'embarquer dans le bus 7 afin de prendre au passage les wouins du deux (oui, c'est bien une private joke et elle est pas prête d'être expliquée), mais elles sont en retard. rendez-vous est donc donné directement au festival. C'est toujours un bonheur de revenir au For Noise, de retrouver ces colines et cette forêt entourant le festival. Mais surtout, on n'y retrouve pas cette foule de blaireaux et de hippies du Paléo. Certain(e)s tentent un raccourci, mais moi et la fille qui n'existe pas ne les suivons pas, préférant la voie normale.

    Distribution de Dailly Rock à l'entrée par les donzelles, ce qui me donnera l'idée prochaine d'y participer et déjà les premières bières au son des concerts de Monkey 3 et Why? C'est pourtant seulement avec le set de Art Brut que notre attention est fortement mise à contribution, le frontman du groupe de rock anglais nous donnant une leçon de pose et d'attitude, baragouinant tel un Jarvis Cocker punk et explosant son micro à chaque refrain. la grande classe et un mélange assez étonant entre pop music et rock hostile. très très bon concert, même si j'ai envie de cracher au visage de ceux et celles qui ont trouvé ça merdique.. Je retrouve un peu plus tard ma petite soeur, complètement bourrée mais folle de joie. Le show de Puppetmastaz commence et la foule réagit au quart de tour à cette performance mêlant marionnettes hideuses et hip-hop made in Germany. Ca devient même du délire sur la fin... vraiment space, marrant mais très étrange. et long. En ce qui concerne le groupe français Femmes Friquées, avec Céline, nous n'y avons vu que de la provoc à deux balles (femmes à moitié nues et textes d'entraineuses de cabaret) sur de l'électro minimaliste. Sûrement très hype à Paris, mais ici, juste vulgaire.

    Mes amies de la journée (dont la fille qui n'existe pas) m'abandonnent en plein milieu du set électro de Warren Fisher et Casey Spooner, mais je rejoins les wouins et tout le reste de la bande sur le côté droit de la scène, y retrouvant un espace libre pour danser sur les rythmes entêtants de ce groupe révolutionnaire. Les morceaux de leurs deux albums se marient dans un mélange baroque et théâtral très avant-gardiste, à l'image des chorégraphies (deux danseuses hallucinantes de souplesse) et des changements d'uniforme du chanteur. "Just let Go", "We Need A War", "Never Win" et le fabuleux et mythique hyme electro-clash "Emerge de 2002, rien ne nous est épargné et le concert se termine sous une pluie de confettis dorés, totalement queer, totalement génial.

    Virginie est tellement au septième ciel qu'elle se brûle la main sur une de mes clopes alors que je l'empêchais de tomber par terre, ce qui aura au moins le mérite de la faire déssoûler un brin. Le nuit se poursuit au rythme des cigarettes fumées entres ami(e)s et de boissons aussi diverses qu'alcoolisées. On finira par appeler un taxi quelques heures plus tard.

    October 26

    paléo festival de nyon 2006 part III

    INDOCHINE

    PALEO FESTIVAL DE NYON

    (TROISIEME PARTIE)

     

    Dernier jour et je ne vais pas m'en plaindre. Avec Céline, nous avons un rendez-vous de la plus haute importance, avec un certain Joseph Arthur, illustre songwriter qui nous avait laissé un bien triste souvenir l'année dernière à Avenches, ouvrant pour les fans de Good Charlotte qui lui témoignèrent autant d'indifférence qu'il leur témoigna de mépris, foirant son gig au passage, ce qui nous peina, sachant les qualités de l'homme. Allions-nous lui donner l'absolution ou l'excommunication, tandis que Raphael venait nous rejoindre sous le chapiteau?

    Tout de blanc vêtu, notre héros, pieds nus, donna, devant une foule acquise et connaisseuse, un set mémorable, sortant, entre autres merveilles, un "Exausted" rageur de sa manche, ce qui provoqua chez Céline un effet proche de la Dave Gahanmania. Puis la fin arrivant, il nous servit une version belle à pleurer de son magnifique "in The Sun", nous rappelant que si Jeff Buckley et Elliott Smith n'étaient plus de ce monde (Ryan Adams disqualifié pour cause de trop forte production), lui était encore là et bien décidé à rester. Tout est pardonné, Joseph. L'homonyme de notre ami jouant sur la grande scène, nous ne pouvons soufrir ce doublon et décidons de nous rabattre à l'écart, oubliant par la même occasion les belges de Zita Swoon et le très inrock Joseph d'Anvers, encore un... Il est temps de boire, de fumer quelques joints et de passer du bon temps avec ses ami(e)s en attendant le feu d'artifice rituel et le concert de cloture. Je pense à MXD qui passera sur la scène FMR au plus mauvais moment, puis avale mon énième bière en dévorant des yeux, non pas le ciel mais cette femme toute de noir vêtue. Pfff... fait chier d'être fran parfois. Allez, que ça explose, moi j'attends Indochine!

    Ca y est, le dernier pétard s'est éteint, ne reste que de la fumée dans le ciel, tandis que la fille au tambour apparaît sur les écrans géants et que la bande à Sirkis débarque enfin sur la grande scène pour mettre son monde à genoux. On ne va pas polémiquer longtemps, c'était le concert du festival, celui qui signifiait, non plus le retour des aventuriers solitaires, mais bien celui de la prise de pouvoir des divisions de la joie aux sons des titres hantés de "Alice & June". le public répond au quart de tour, chauffé par un nikola des grands jours, tout de noir vêtu avaec son bandeau rouge au bras. Et puis l'impossible arrive, la panne de courant, plus de son ni de lumière. Quelques secondes pour réaliser et les premières lumières apparaissent. Boris demande: "Qu'est-ce qu'il y a, on joue trop fort?!" Sirkis ricane et parle à nouveau de sa façon inimitable au public (super gentil mais en bafouillant, comme d'hab), puis tout repart de plus belle. Arrive le rappel sur "L'Aventurier" et la folie reprend la plaine de l'Asse le temps d'une virée dans le passé glorieux de ce groupe aux milles vies. Le groupe referme son set sur "Talula" tandis que des milliers de briquets s'allument.

    On finit les dernières patisseries sucrées de maman Misiego et tout le monde repart, cette fois, pas de train, retour en voiture. Un grand jour dans notre vie, ce concert d'Indochine, même la cousine est d'accord.

    paléo festival de nyon 2006 part II

    PLACEBO

    PALEO FESTIVAL DE NYON

    (DEUXIEME PARTIE)

    On est samedi. Comme on a raté Arthur H, fils du grand Higelin, on doit se taper une bonne partie de Benabar, ce qui n'est vraiment pas supportable! Cet erzatz de crooner français (Maurice Chevalier donc, après, je vois pas) qui ressemble à Danny Brillant semble très bien de sa personne, mais cette musique de merde, non non et non! Bref, si on étaient un peu motivés, on irait à Olivia Ruiz ou surtout à Grand Corps Malade, mais encore une fois les places manquent et c'est pas une priorité vu ce qui va débouler plus tard. 21 heures 30, seul (pas faute d'avoir essayé de motiver les troupes, n'allez jamais en groupe à un festival, jamais!), je suis devant la grande scène pour assister au concert de Feeder, un groupe de power pop mené par le charismatique Grant Nicolas. Formation atypique venue du punk à la fin des années 90 et déjà marquée par un décès, Feeder est une formidable bombe d'émotion en live, comme en atteste le départ tonitruant dès les premiers accords. "Just The Way I'm Feeling", "Pushing The Senses", "Buck Rogers" et autres tueries, inconnues ou presque par ici, font bouillonner le public qui n'en revient pas d'être surpris de la sorte. Les applaudissement sont accompagnés de cris répétés et le groupe en rajoute, attendant le dernier moment pour lâcher la soupape et enfin envoyer quelques titres plus lents, mais ce n'est que le calme avant la tempête finale. Autour de moi, un gars demande à ses amis: "Mais c'est qui ces gars??? C'est absolument génial!!!" Je souris tandis qu'on lui donne enfin le nom du groupe. Il faut dire que ce soir, feeder tourne pour la promo de son best of, donc ça aide un peu à faire le tour du phénomène anglo-saxon. un peu plus tard, je me retrouve sous le club tent en compagnie de Benoit pour assister au concert des jeunots (pour moi, hélas) de Kill The Young, formation de Manchester composée de trois frangins, rien que ça! D'entrée, le groupe montre une évidente envie de jouer, on sent bien vite qu'ils n'ont pas inventé la poudre, mais ils jouent plutôt bien avec les allumettes et certaines de leurs compos tiennent la route, même si il faudra un ou deux albums pour savoir si ce groupe à un avenir. Benoit est plus sévère que moi, mais je sais qu'il en a vu d'autres, alors que moi, malgré mon âge, je me laisse encore avoir par les débutants, les trouvant plein de promesses de gloire. on verra qui aura raison sur le long terme. Bon ziva, il est temps d'aller pécho les meufs au freestyle de Diam's. J'arrive juste pour les rappels et savoure le sourire mortel de cette fille vraiment bonnasse et à l'esprit communicatif. La foule hurle et chante en choeurs avec la jeune demoiselle, mais ça sent la fin. je l'avais déjà vue deux ans plus tôt ici et en entier (en compagnie de mon ami Thierry), donc petit regret de ne pas avoir réitéré l'expérience. Ainsi est la vie et puis les trois frangins avaient la pêche.

    Laurence, Laurence, Laurence... merci pour ce ticket offert, mais j'aurais préféré l'échanger contre un long baiser si j'avais su que Placebo serait aussi mauvais que lors de sa dernière prestation ici il y a de celà deux ou trois ans. Que dire de ce concert... Brian absent, Stefan visiblement malade. Seul Steve assurait comme un malade derrière sa batterie. Les compos du dernier album, "Meds" sont jouées sans conviction aucune, le son est est un peu poussif et ça ne décole pas. le public feint de trouver tout ça normal le temps d'une poignée de titres, puis commence à se désintéresser de la chose à la vitesse de l'éclair. D'un seul coup, des dizaines et des dizaines de personnes quittent le devant de la scène, ça ne s'arrête pas et je peux m'avancer de quinze mètres sans problème. Tout semble dit, les rappels arrivent pour mettre un terme à l'affaire. Et là... miracle!!! "Twenty Years", ce single prophétique qui n'est sur aucun album mais juste sur le best of, ce titre dark au possible, Placebo l'exécute comme si sa vie en dépendait, l'envoyant dans l'éternité avec une froideur digne des Cure de "Pornography". C'est glacial et beau à la fois, comme le final interminable de guitares qui nous assassine sur place. OK, d'accord, rien que pour cette performance, ça valait la peine d'être là. Aux dernières nouvelles, l'affaire se serait reproduite à plusieurs reprises lors de concerts français. Placebo aurait un problème, donc. C'est triste, car on sait qu'ils en tiennent d'autres en live, des chansons, pas que celle-là. Alors quoi?

    Je voulais vous raconter le retour en train, mais non, et puis je ne sais même plus quel jour c'était, alors ... sans compter la fille qui n'existe pas.

    paléo festival de nyon 2006 part I

    DEPECHE MODE

    PALEO FESTIVAL DE NYON

     

    Après avoir enfilé un tee-shirt "A Perfect Circle" qui me vaudra quelques agréables commentaires, je rejoins les wouins du deux pour me rendre à la gare de Lausanne en leur compagnie. L'après-midi est déjà bien entamé, mais nous sommes partis. Nous arrivons en ce mercredi 19 juillet à Nyon et la chaleur est au rendez-vous, les blaireaux de festivalier aussi.

    Bonne nouvelle, les Dandys Warhols débutent les hostilités. Loin de ce tripant concert "western" de l'année précédente à Avenches, la bande à Courtney Taylor rue dans les brancards en déversant ses classiques pop rock les uns après les autres, les singles accrocheurs faisant suite aux singles accrocheurs. Zia, depuis peu maman, est tout sourire sous sa robe transparente qui dévoile des sous-vêtements d'un noir profond et le groupe semble décidé à mettre le feu. Quelques titres plus lents viendront casser cette belle dynamique, mais le groupe terminera son set de belle manière et partira sous les applaudissements nourris de la foule en liesse, Zia restant seule sur la grande scène pour nous charmer quelques derniers précieux instants. On prend le temps de soufler, mais déjà le concert d'Anaïs se profile à l'horizon. il sera complètement occulté par faute de place. Il semblerait que le staff ai mal jugé la popularité éclair de la jeune femme, mais tout est allé si vite pour elle depuis la sortie de son "Cheap Show" et de son fameux single. Allez, direction la grande scène pour retrouver Alison Goldfrapp et Wil Gregory. D'entrée, c'est la classe totale, Alison apparaissant comme un croisement improbable entre Marlène Dietrich et Debbie Harry, des lunettes en forme de coeurs ornant ses yeux, tandis que des danseuses athlétiques, tantôt déguisées en loups, en chevaux ou en mannequins vénitiens, exécutent des chorégraphies troublantes au son de l'album "Supernature", troisième opus du duo electro disco. J'apprendrai plus tard qu'Alison soufrait d'une mauvaise toux, ce qui me parait juste impossible, tant sa voix sonnait juste, clair et forte dans les moments épiques. Bref, une expérience live à la hauteur de l'univers particulier de ce groupe. Alison... je rêverai de toi cette nuit, c'est certain. Notre petite bande évoluant au fil des concerts, je ne sais plus trop qui était là, ni quel jour, je demanderai donc à ceux et surtout à celles qui étaient là (sauf la fille qui n'existe pas), de bien vouloir me pardonner pour mon manque de détails habituel, mais c'est difficile de raconter trois mois plus tard ce qui aurait dû être raconté trois jours après. Donc mes excuses à ma tendre Laurence, à Mitch, à Céline et Candice, Sandra et Olivier, ainsi qu'à Mitch et à ceux et celles que j'oublie ou dont j'oublie un moment marquant.

    22 heures 30, l'heure des sirènes de "A Pain That I'm used To", démarrage en trombes (108 décibels, le record du Paléo, le groupe ayant apporté et monté son matos sans le dire au staff) du concert de Depeche Mode. Céline exulte, son homme parfait est là devant à quelques mètres d'elle, prêt à tout moment à tomber sa veste, puis son gilet. les classiques d'anthologie défilent comme dans un rêve. "Playing the Angel" est servi par ses singles, Martin Gore nous brise le coeur l'espace de deux titres, jusqu'à-ce qu'arrive "Never Let Me Down Again", la chanson live par excellence qui, à nouveau, nous unit dans un même mouvement de mains, dès l'ordre donné par dave Gahan. En rappel, le groupe ose "Photographic", un vieux classique du début qui sonne comme un inédit miraculeux. La fin est un déchirement, mais j'en connais une avec un sourire large comme celui d'un certain requin.