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日志


10月22日

CLARK "TOTEMS FLARE"

C  L  A  R  K
"TOTEMS FLARE"
 
 
 
 
 
 
Exit Chris, devenu Clark depuis son "Body Riddle" de 2006 (d'où est issu le formidable "Ted" et son clip de malade avec des insectes semblant tout droit sortis d'un film de SF), le premier tome de sa trilogie, c'est lui qui le dit, suivit deux ans plus tard par "Turning Dragon" et enfin, ce "Totems Flare" qui vient mettre un terme, pour l'instant seulement, au brillant travail interne du jeune bidouilleur signé sur le label Warp.
 
Clark s'en est rendu compte durant la finalisation de "Totems Flare", il tenait là un tryptique parfait, issu de plusieurs années passées à vouloir rendre plus humaines ses machines, sonnant parfois même involontairement pop, comme en témoigne un titre tel que "Rainbow Voodoo" par exemple.
 
Mêlant mille et une influences, Clark, fou d'anciennes technologies, use jusqu'à la cordes son matériel analogique sur son dernier album, le son étant maltraité avec un certain bonheur (il faut écouter "Future Daniel" pour vraiment s'en rendre compte), comme si on écoutait une vieille cassette qui s'effritait à chaque fois un peu plus. Le bonheur, quoi.
 
En conclusion, si vous aimez les savants fous de la musique électronique, Clark ne devrait pas tarder à devenir votre meilleur ami.
 
 
 
 
 

MARILYN MANSON LIVE A L'ARENA DE GENEVE

MARILYN MANSON
LIVE ARENA GENEVE

ilu.jpg image by jennavalentine


 

C'était au début de l'été, Brian Warner et Twiggy remettaient le couvert après des années de séparation. L'album, "The High End Of Low", dépourvu de véritables singles, sonnant à l'ancienne, m'avait convaincu de payer mon ticket pour aller voir la chose live. J'aurai mieux fait de me casser une jambe...

Pas de première partie pour commencer, Papa Roach jouant le même soir aux Docks de Lausanne (ce qui aurait pu sauver la soirée rétrospectivement, les jeunes chicanos étant les dignes héritiers de Mötley Crüe). Bon, on se dit que l'Antechrist Superstar devrait suffire à nous contenter, triste erreur...

Clairement là pour soutirer de la thune au vieux continent, Warner et sa clique nous auront asséné 65 minutes chrono d'un show misérable et vide de tout contenu. Expédiant quelques classiques entre les morceaux de son dernier album, Marilyn Manson se sera montré bien incapable de coller à sa légende. On ne demandait rien de sulfureux, juste un bon concert avec un peu de substance, mais rien ne vint. Aucun rappel après une heure et des poussières de concert, juste le cruel retour à la réalité, la lumière rallumée et les regards dépités des "clients", se regardant avec de grands yeux incrédules.

On a comprit la leçon, plus jamais ça, même pas en festival. pauvre merde de rockstar... 

SHANNON WRIGHT LIVE AU ROMANDIE

 
SHANNON WRIGHT
LIVE AU ROMANDIE
 
 
 
C'est à un concert sold-out que l'on
se rend ce soir malgré la maladie et
la fatigue, et pas n'importe lequel,
celui de Shannon Wright,égérie indie
attendue comme le messie au Romandie
de Lausanne.
 
En tournée pour la promotion de son
nouvel album,"Honeybee Girls", bien
que refusant toute interview, notre
rockeuse arrive sur scène comme  si
de rien n'était, peu bavarde  comme
à son habitude et attaquant dans le
vif du sujet d'entrée.
 
Durant près d'une heure, Shannon va
nous envouter de sa voix hantée  et
parfois colérique, distillant mille
et une émotions à un public muet de
bonheur, criant à tout rompre après
chaque morceau et applaudissant dès
un classique reconnu.  Il me semble
reconnaître "Trumpets On New Year'S
Eve", ainsi que le titre éponyme de
son nouvel album."With Closed Eyes"
également,mais n'étant pas familier
de son oeuvre, je ne peut le jurer.
 
Puis vient le moment des rappels, 3
morceaux chantés au piano, dont son
fabuleux "Heavy Crown". La salle se
tait comme pour la messe. Le groupe
revient pour le final avec un titre
très "Radiohead" nommé "Father" qui
termine d'ensorceler le public.
 
 
 
 
 
 
10月16日

ANNA AARON AU BOURG DE LAUSANNE

 
ANNA AARON
AU BOURG DE LAUSANNE
 
 
 
C'est en ouverture d'une journée du For Noise festival cet été que l'on a découvert cette jeune Bâloise de 23 ans. Influencée par Woven Hand, Anna Aaron est une sorte de petit miracle musical comme il semble désormais en fleurir chaque année en Suisse depuis l'avênement de Sophie Hunger.
 
 
Son premier album, intitulé "I'll Dry Your Tears Little Murderer" est en fait un long maxi de sept titres qui dure moins d'une demi heure. On y retrouve pourtant toute l'immédiateté de cette artiste qui fait parfois penser à Tori Amos, mais avec une voix un peu plus cassée. 
 
Arrivant sur scène après plus d'une heure d'attente, la faute à une "performance culinaire" fort dispensable qui a attiré tous les bobos (et des vieux aussi...) de la ville, Anna Aaron se pose au piano pour commencer le concert.
 
De "Mary Ruth" à "Drainout" en passant par "Song For Cheerups", "Who Maimed You" ou encore "Nothing Left", la jeune femme, accompagnée de son groupe en formation serrée, délivre une performance brut de décoffrage et irradiante de spleen ténébreux.
 
Ce qui n'empêchera pas une partie du public (venu pour la bouffe) de lui tourner le dos, attendant que ça se termine, voir de quitter la salle par grappes entières en plein milieu du concert. Une formidable insulte pour une grande artiste en devenir. Une fois de plus, Le Bourg, pourtant une salle sympa, se retrouvait victime de sa réputation calamiteuse de niche à bourgeois.
 
Celà n'enlève rien à la performance habitée de Anna Aaron, dont on devrait très vite entendre parler dans les mois qui viennent. Nul doute qu'une oreille affutée fera passer la bonne parole jusqu'aux festivals de l'été prochain...
 
 
 
 
 
 

ELYSIAN FIELDS LIVE AU BOURG DE LAUSANNE

 
Elysian Fields
au Bourg de Lausanne
 
 
 
 
 
La soirée a eu lieu il y a plus d'un
mois déjà,  mais c'est pas pur souci
d'information qu'elle se trouve ici.
Je m'explique. Ce soir-là, le public
du Bourg n'a pas  eu droit à un vrai
concert de Elysian Fields, mais à un
showcase avec Jennifer Charles et un
musicien du groupe; Oren Bloedow, la
moitié historique du légendaire duo,
brillant par son absence.
 
Complètement absente elle aussi bien
que physiquement présente,  Jennifer
Charles, le cheveu court et  portant
une robe rouge incendiaire,  ne nous
aura guère fait vibrer de sa voix au
combien vénéneuse, se contentant les
bons moments de reproduire la marque
de fabrique de son style innimitable
en chantant parfois faux sans que le
public ne puisse vraiment réagir.
 
Accompagnée au piano et à la guitare
par un seul musicien,  Jennifer nous
a endormit avec un certain talent de
manipulatrice, il faut bien le dire.
 
Le public, très poli, sembla trouver
des qualités à cet assomant récital.
Pas moi, ni ma copine, pourtant très
admirative de la voix de Jennifer. A
vrai dire, je crois bien que ce soir
fut de loin le plus ennuyeux concert
de l'année. indigne d'Elysian Fields
et de toute façon tronqué.
 
 
 
 
 
 

SOPHIA LIVE AU ROMANDIE DE LAUSANNE

S O P H I A
LIVE AU ROMANDIE
 
 
 
 
 
Robin Proper Sheppard était donc de retour à Lausanne la semaine dernière pour assurer la promo de son dernier opus, "There Are No Goodbyes", en mode Valentine's Day Session, soit avec un quatuor à cordes. On allait voir ce qu'on allait voir...
 
Et en effet, force est d'avouer que même si l'ancien leader de God Machine est un beau parleur (ses fameux petits speechs entre les chansons...) faisant le malin entre des chansons de début de concert relativement encore assez calmes et polies, il ne faut pas non plus le confondre avec un rigolo. Son groupe électrique qui l'accompagne, sait lorsqu'il faut mettre la gomme et faire taire les quelques vilains parlant trop fort au fond de la salle.
 
Des titres comme "Desert Song no. 2" ou "Oh My Love" font très bien l'affaire pour dérider l'assemblée. Mais le groupe en ayant sous le pied, c'est encore quelques tueries en règles qui viennent définitivement faire passer l'aimable concert avec violons et violoncelle dans une autre dimension, autrement plus puissante. Plus personne dans la salle ne pouvant désormais s'entendre parler durant ce véritable tir de barrage émotionnel, Sophia atteint enfin son climax.
 
Bouleversant de bout en bout ce soir, Sophia est redevenu ce groupe miraculeux découvert, pour certains, sur la scène du For Noise de Pully, il y a de celà une poignée d'années. Un sublime concert qui en aura retourné plus d'un, à commencer par une des amies de ma copine qui, bouleversée, ne se fit guère prier pour aller remercier le sieur Sheppard après le concert, ce dernier pointant le bout de son nez amical au stand merchandising. Quel gentleman. 
 
 
 
 
  

ARCHIVE LIVE AUX DOCKS DE LAUSANNE

 
A R C H I V E
LIVE AUX DOCKS DE LAUSANNE
 
 
 
 
 
"Controlling Crowds Part IV" n'est pas encore dans les bacs à l'heure ou le collectif anglais monte sur la scène vaudoise, mais pourtant, celà n'a pas empêché la rumeur de contaminer un public dèjà chauffé à blanc. En effet, depuis la sortie, il y a quelques mois, de "Controlling Crowds" et de sa réception plus que glorieuse, autant dans la presse et chez les disquaires, il se murmure que Archive serait, enfin, en train de devenir un groupe majeur pour son époque.  
 
On le sait depuis le fameux "Live At The Zenith" de 2007, la formation à géométrie variable de Darius Keeler est une formidable machine de guerre. Balisant depuis bientôt 15 ans son trip hop au rock progressif le plus exigeant, Archive, au gré de ses nombreuses voix (vies?), a écrit la bande-son pluvieuse de la vie de pas mal de monde autour de la planète pop. 2009 semble marquer l'heure de récolter les fruits de ce dur labeur.
 
la salle est pleine au moment où le groupe arrive, salué comme les Rolling Stones. Un peu plus tôt, Birdpen, projet annexe de l'un de ses membres, avait bien chauffé la salle. Mais il est temps de passer au stade supérieur.
 
Archive nous délivre donc la quasi intégralité de son dernier album (plus quelques inédits il me semble de la suite à venir), manifeste glacé de la société actuelle, du contrôle des individus et du flicage sous couvert de protection des personnes. On se croirait dans une nouvelle version de 1984 et c'est vrai qu'on en est pas très loin.
 
Le rappeur Rosko étant de nouveau de la partie, on a droit donc à quatre voix ce soir si on tient compte de Maria Q(virtuellement présente via l'écran géant), du guitariste Dave Penney et du chanteur principal Polard Berrier (très motivé et en grande forme), ce qui vaudra à la performance du groupe de fameux momentsde transitions.
 
Après la claque qu'est "Controlling Crowds", monument de concept album épique et jamais chiant, même dans ses moments les plus intimes, Archive, en état de grace absolue, revient pour nous achever sur les rappels, balançant "Londinium", "Noise", "System" et une version terminale de "Again", histoire de bien nous rappeler qu'il faudra être là en janvier prochain pour la date supplémentaire à Lausanne.
 
On ne risque pas d'oublier.  
 
 
 
 
 
10月7日

GREEN DAY, GROUPE ROCK EN PERDITION

G R E E N  D A Y
GROUPE ROCK EN PERDITION
 
 
 
 
Groupe de rock de rechange après le suicide de Nirvana, Green Day fait partie de cette génération punk rock américaine arrivée plus ou moins en même temps que Bad Religion, Rancid et The Offspring, partageant un succès monstre avec ces derniers durant la deuxième moitié des 90's.
 
Ne cassant pas trois pattes à un canard, la bande à Billy Joe Armstrong gagne pourtant aux points durant ces années de vaches maigres pour le rock (les maisons de disques capitalisant sur des groupes ultra lookés et n'ayant de rock que le nom). La raison? De solides racines punks, un véritable amour du rock à l'ancienne et une connaissance musicale plutôt vaste. Mais celà sauve à peine le groupe, obligé de jouer le jeu de MTV pour survivre à ses ambitions musicales, des albums comme "Nimrod" par exemple n'étant pas vraiment grand public.
 
Le groupe finit par devenir un outsider de luxe, survivant grace à une poignée de singles parfaits, tandis que d'horribles bandes de gamins arrivistes (Good Charlote en tête) écument les charts et prennent leur place aux murs des adolescents des années 2000.
 
Il faudra attendre l'avênement de "American Idiot" (pamphlet anti Bush plutôt remonté et hommage aux Who s'il en est))pour que Green Day prenne enfin son envol avec une sorte d'opera punk rock grandiose rempli de classiques inoxydables. Le succès est mondial, la reconnaissance des critiques est également de mise et Green Day s'affirme comme un véritable groupe de rock contemporain avec une conscience sociale et politique. On leur pardonnerait presque d'enfoncer parfois des portes grandes ouvertes.
 
Hélas pour eux, en 2009, il est bien difficile de leur pardonner leur dernier méfait, l'ampoulé "21st Century Breakdown", sorte de redite de "American Idiot" qui pue les chutes de studio et le manque d'inspiration. Bien sûr, tout raté qu'il soit, cet album n'en est pas moins un bon disque de rock américain (surtout quand on écoute la production moribonde actuelle) et des titres mélancoliques comme "21 Guns" rappellent combien le groupe doit aux Beatles et aux autres artistes anglais, mais celà ne suffit pas à faire passer la pilule. Le côté "engagé" de Green Day prête à sourire désormais, car sa révolution post adolescente ne soulevera jamais personne, ses principaux intéressés ne semblant plus vraiment concernés, une mélancolie plombante semblant désormais suinter de leur musique.
 
Véritable machine de guerre sur scène, Green Day rencontre naturellement un succès considérable avec son nouvel opus et la tournée est bien partie pour être un triomphe, peu de chance donc d'assister à un hypothétique remise en cause avec le prochain album.
 
On se contentera donc juste de regretter que l'une des rares grosses formations de rock américain sonnant anglais se fasse rattraper par les innénarables clichés de son pays. Finalement, il n'y a rien de pire qu'un bon groupe qui sort des albums moyens.
 
 

10月2日

INGLORIOUS BASTERDS, L'AVIS DE MA COPINE

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Inglorious Basterds

 


1944. L'armée américaine parachute en France un commando de soldats juifs mené par le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) afin de semer la terreur parmis les rangs nazis et saper leur moral en prévision du prochain embarquement. Avec l'aide de l'actrice et agent double Bridget Von Hammersmark (Diane Kruger) et le lieutenant britannique Archie Cox (Michael Fassbender) les « basterds » organisent un attentat qui doit avoir lieu lors de la première d'un film en présence d'Hitler et de ses généraux. Sans savoir que la propriétaire du cinéma en question, Shoshanna, (Mélanie Laurent) une jeune juive qui vit sous une fausse identité, a décidé d'en faire autant pour venger le massacre de sa famille perpétré par le Colonel Hans Landa, (Christophe Waltz) surnommé « Le chasseur de juif »...


Bien sûr, Tarantino qui revisite l'histoire et en fait un film d'époque, cela peut prêter à sourire. Mais l'enfant terrible du cinéma d'auteur américain a brillament gagné son pari. Premièrement, celui d'avoir fait pour 38 millions de dollar d'entrées aux Etats-Unis dès le premier week-end, alors que la majorités des dialogues d'Inglorious Basterds ont été tournés en français et en allemand. (Qui a dit que les américains n'allaient pas voir de films sous-titrés?) Deuxièmement en cassant en partie LA ligne Tarantino; sa réalisation traditionnellement séquencée a laissé place à une narration plus fluide et la bande-son, qui est habituellement aussi importante, sinon plus, que ses personnages, se fait plus discrète. Mais chassez le naturel, il revient au galop: les dialogues sont toujours aussi explosifs et putassiers, le politiquement correct laissé aux oubliettes et les réfèrences cinématographiques plus présentes que jamais, en l'occurence un hommage au films de guerre américains (« Les Douze Salopards ») et au films « macaroni combat », un sous-genre du spaghetti western. D'ailleurs, le titre Inglorious Basterds est emprunté au film le plus célèbre de ce genre « Inglorious Bastards » , « Une poignée de Salopards » en français. Le tout est servi par un casting des plus réussis: un Brad Pitt en cul-terreux américain à la moustache cabotine, deux actrices, Mélanie Laurent et Diane Kruger, au jeu tout simplement irréprochable, Michael Fassbender parfait en officier anglais qui en perd son allemand et Christoph Waltz (Prix d'intérprétation à Canne pour ce rôle) délicieux en méchant qu'on adore détester. Les seconds rôles ne sont pas en reste, en particulier la distribution allemande. A noter la présence d'un Mike Myers méconnaissable en officier britannique, et en guest stars voix off, Samuel L. Jackson. Résultat? Une uchronie ultra-violente à l'humour corrosif et au rythme haletant ou l'on éprouve une satisfaction très primale à voir des juifs casser du nazi. Jouissif.

 

 

Sabine ma chérie