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November 24 PROJECT PITCHFORK
J'ai découvert Project Pitchfork en 1998 avec l'album "Eon : Eon"(plus précisemment avec ses singles: "I Live Your Dreams", "Steelrose" et "Carnival"), une claque monumentale pour le pop addict que j'étais (et que je suis toujours). D'un coup, la dark electro rentrait dans mon univers musical, et pas n'importe laquelle, car à cette époque, Pitchfork régnait en maître du genre, distillant un son glacial et terriblement addictif, agissant directement sur le système nerveux. Un concert à la Dolce Vita n'allait d'ailleurs pas tarder à me le confirmer, repartant de là avec un mal de tête absolument merveilleux, tout comme le fut ce concert à moins de deux mètres d'eux.
Formé en 1990, ce groupe allemand ne m'est apparu que grace à la vision de ses clips sur la chaîne Viva. D'entrée, j'ai été fasciné par la voix de Peter Spilles, une voix passant de la douceur à la froideur la plus synthétique, le tout mis en valeur par des synthétiseurs élégants, bien que pouvant se révéler industriels par moments. Tout ce que j'aimais à l'époque, une sorte de chaînon manquant entre la recherche formelle de Front Line Assembly et les classiques instantanés de Nine Inch Nails.
Puis le temps à passé, Project Pitchfork a continué son chemin, loin de moi, sortant des EP quelque peu anecdotiques, ainsi que quelques albums qui m'ont beaucoup moins emballé (Daimonium en 2001, malgré le formidable "We Are One", puis "Inferno" en 2002). En fait, le groupe a mit de l'eau dans son vin depuis quelques années, devenant beaucoup plus pop, beaucoup moins froid. Prévisible après dix ans de carrière, d'autres formations sont tombées dans le même panneau sous le facile prétexte de l'évolution musicale.
Et puis, courant 2005, sort "Kascade", dixième album du groupe. Et enfin, on peut se permettre d'y croire à nouveau. Evidemment, on est encore loins d'albums comme "Entities" ou même "Alpha Omega" , mais des titre comme "The Future Is Now", "Schall Und Raucht" ou encore "Dance In The Air" ne sont pas sans rappeler le Project Pitchfork de 1998, celui qui nous manque tant, celui qui nous donnait la fièvre. L'album est loin d'être au même niveau mais il demeure très encourageant pour son successeur, onzième livraison qui devrait voir le jour d'ici quelques mois. BRAZEN
Après avoir sortit le très chouette "Orphaned" en 2003 (salué par la critique spécialisée comme un grand disque de rock aérien) sur Stickman Records (Motorpsycho, Favez, Kvlr), les jeunes Fribourgeois de Brazen reviennent avec leur second opus sur le label Saïko Records (lui aussi basé à Fribourg); il a pour nom "Aura, Dora" et c'est un petit bijou posé dans du coton qui va ensoleiller vos longues soirées d'hiver si vous décidez d'y coller une oreille lors de votre prochaine visite chez votre disquaire préféré. Ce nouvel effort studio, bien plus ambitieux que le précédent essai, allie des harmonies vocales proches de celles d'Elliott Smith (bien que deux voix se partagent les textes), les arrangements et les parties de guitares sont des plus imaginatives et l'on se surprend à y déceler de très bonnes influences sixties, comme du rock californien (Love, The Beach Boys). L'ambiance, un peu mélancolique, est nocturne au possible et l'écoute est recommandée le soir, tant certains titres convient à la rêverie, à l'image de la pochette, aussi belle que mystérieuse pour qui ne sait pas regarder. Au final, un savant mélange de dream-pop et de rock progressif, combinant des mélodies pop accrocheuses et des fulgurances dantesques dignes de Radiohead, le tout supporté par l'énergie d'un groupe indie-rock enfin soudé par la force créatrice. Dix ans maintenant que ce groupe existe, mais la persévérance finit toujours par payer, comme le prouve admirablement "Aura, Dora", un disque supérieur à la moyenne et qui pourrait bien devenir aussi culte que le "Aphasie" de Water Lily. A noter que le groupe sera en concert au Romandie de Lausanne le 15 décembre (avec Soften en première partie, autre découverte suisse dont je reparlerai bientôt). A ne pas rater donc, pour se faire une impression en live et, peut-être, rêver avec eux le temps de cette soirée. ALBION, RETOUR SUR UN CHEF D'OEUVRE
William Sheller, donc...
Si on m'avait dit qu'un jour je chroniquerai cet artiste sur mon blog, j'aurai bien rigolé. mais voilà, parfois, le bon sens est plus fort que tout et il faut bien reconnaître les génies lorsqu'on les croise. William Sheller, dans ma mémoire, il s'agissait d'un artiste de variété française entrevu dans les années quatre-vingt, un personnage un peu atypique néanmoins, ses chansons ne sonnant pas vraiment comme les artistes français de son époque. Je sentais bien que le bonhomme en avait sous la ceinture, mais impossible de me résoudre à me procurer sa musique, encore moins à l'écouter. Jusqu'à-ce qu'un jour de cette année, j'hérite de deux de ses albums par la grace d'un ami partit refaire sa vie à Hong Kong. Et dans ce lot, Albion.
Dès la première écoute, je suis subjugué par ce son (le mixage est absolument démentiel!), tellement anglo-saxon, tout comme la structure des morceaux, rappelant les grands oeuvres des Beatles. Le phrasé même de Sheller, si caractéristique de l'artiste, semble avoir été crée pour le tubesque premier single, "Maintenant Tout Le Temps", sorte de nouveau maître-étalon de ce que doit (peut?) être une pop song moderne. La suite du disque ( "Les Enfants Sauvages", "I Spy", etc.) en devient un bonheur.
Quelques recherches me font rapidement comprendre le pourquoi du comment d'un tel album. En effet, "Albion" a été complétement réalisé en terre Britanique et pas avec n'importe qui, les joyeux drilles posant dans le livret aux côtés de Sheller ne sont rien de moins que des anciens musiciens de David Bowie, Roxy Music ou encore des Waterboys. Effectivement, ça calme.
Tout grand disque devant posséder un grand classique en son sceint, ce rôle incombe à "Excalibur", ancien titre de Sheller ici revisité en épopée dantesque et furibarde. Le clip (partiellement en images de synthèse, tourné dans un noir et blanc terminal de toute beauté et réalisé par Druillet, artiste de BD culte des années Métal Hurlant) est un choc en soit. Il fera le grand bonheur de quelques nuits blanches au milieu des années quatre-vingt-dix ("Albion" datant de 1994).
Généreux comme peu de disques, surtout français, le sont à cette époque, "Albion" continue de fasciner sur sa dernière ligne droite ("Comme On N'Oublie Pas", "On Vit Tous La Même Histoire"), avant de stoper sa course sur le si bien-nommé "Relâche", le tout dans une ambiance de fête foraine digne d'un film psychédélique dans lequel ne manque qu'un sous-marin jaune.
"Enfin un disque français valable" avait commenté un journaliste d'un magazine de rock bien connu, balançant l'objet "disque du mois" loin devant quelques perles anglaises et américaines. A l'écoute de ce bijou, on ne poura qu'acquiescer et dire que c'était la moindre des choses.
Depuis, William Sheller a eu le temps de pondre un minimum d'albums, devenant finalement un artiste majeur aux yeux des Français moyens avec le titre "Un Homme Heureux", enchaînant avec bonheur des tournées acoustiques, parfois avec des ensembles classiques, bien à l'image de son look de prof de philo un peu austère. Mais après un disque comme "Albion", il pourait bien faire n'importe quoi (ce qui n'arrivera jamais, alors...) qu'on se prosternerait encore bien bas à l'évocation de ce coup de génie. Sheller est un Dieu et "Albion" un indiscutable putain de chef d'oeuvre. |  | |  |
November 20 NEW SKIN
Produit par Dave Allen (The Cure, Depeche Mode) et signé chez Cleopatra Records, ce duo (véritable couple à la ville, formé de Gil et Jen ) est la dernière sensation londonienne en matière de dark electro. Véritable machine à tubes, New Skin fait beaucoup penser à une sorte de croisement idéal entre Garbage, Yeah Yeah Yeah et Siouxsie & The Banshees. Petite particularité de ce groupe, l'omniprésence d'un violon des plus inquiétant, celui de Anne Marie, ancienne membre du groupe et désormais invitée spéciale. Ayant tourné avec l'immense Gary Numan sur sa dernière tournée pour l'album "Jagged", dont le son n'est pas sans rappeler leur première production, New Skin, qui sort un album et un foudroyant single éponymes, ne devrait pas tarder à dépasser les frontières des milieux alternatifs pour, peut-être, connaître un succès international. C'est en tout cas tout le mal que je leur souhaite. DEAD CAN DANCE
Le groupe Dead Can Dance se forme en 1981 en Australie, autour du guitariste et chanteur Brendan Perry, de la chanteuse Lisa Gerrard, de Paul Erikson et de Simon Monroe. L'année suivante, Brendan et Lisa partent pour Londres, laissant Paul Erikson et Simon Monroe en Australie. En 1984, Dead Can Dance sort son premier album éponyme sur le désormais mythique label 4AD. Le choc à l'écoute de ce disque est énorme. A l'image du premier titre, justement nommé "The Fatal Impact", Dead Can Dance propose une cold wave implacable et sophistiquée, parfaite pour accompagner les jeunesses de l'ombre durant cette décennie gouvernée par la pop toute puissante. Mais surtout, Lisa Gerrard, bien avant Sigur Ros, adopte une langue inconnue pour chanter, sa propre voix modulée au gré de la mélodie, l'expression du moment, l'expression de son moi immédiat, créant une litanie aux consonnances divines. Adoptés par la communauté gothique qui se reconnait totalement dans ces dignes camarades de Cure, Joy Division et autres Bauhaus, Brendan et Lisa vont faire en sorte de ne pas se perdre dans une reconnaissance facile et rapidement rechercher le repli au coeur de leur musique. Le groupe participe également à deux titres sur l'album "It'll End In Tears" de This Mortal Coil et enregistre un maxi intitulé "Garden Of The Arcane Delights". Suit en 1985, le deuxième album "Spleen and Ideal" qui se place deuxième des charts indies britanniques. Trois ans plus tard, Dead Can Dance sort l'album "The Serpent's Egg" et écrit la musique du film "El Nino de la Luna" de Agustin Villarongas, dans lequel Lisa Gerrard fait ses débuts en tant que comédienne. La formation signe l'album "Aion" en 1990 et tourne aux Etats-Unis pour la première fois. Trois ans après, Dead Can Dance signe la musique du film "Baraka" et sort l'album "Into The Labyrinth". La tournée triomphale qui suit fait l'objet d'un album et d'une vidéo intitulée "Toward The Within". En 1995, Lisa Gerrard sort son premier album solo: "The Mirror Pool". L'année suivante, Dead Can Dance revient avec "Spiritchaser". Cet album, consacré par la presse internationale comme l'aboutissement d'une carrière exemplaire, sera également le dernier du duo. En effet, de graves désacords, d'ordre musical, spirituel et intime, gangrènent le couple. Le 9 decembre 1998, Brendan Perry et Lisa Gerrard annoncent leur séparation via 4AD, leur label afin de se consacrer à leur carrière solo respectives. Deux best of sortiront coup sur coup, "Wake" en 2003, et "Memento" en 2005. Si chacun continue sous son propre nom, Lisa Gerrard semble se tourner plus volontiers vers le cinéma, composant et interprétant la musique de Whalerider" et participant activement à celle de "Gladiator", "Ali", "The Insider", entre autres projets. Elle collabore également en 2004 avec Patrick Cassidy sur l'album "Immortal Memory". En 2005, Dead Can Dance s'est reformé pour une tournée, hélas de graves divergences d'esprit (en gros, Brendan ne comprend pas le travail actuel de Lisa) ont rendu impossible l'éventualité de l'enregistrement d'un nouvel album. A noter qu'un documentaire intitulé "Sanctuary", faisant la part belle à Lisa Gerrard est sortit en 2006. le cinéma expressionniste allemand
Le cinéma fantastique d'aujourd'hui ne serait pas ce qu'il est sans l'apport d'une contribution aussi exceptionnelle que brève durant la première partie du XXème siècle, celle des expressionnistes allemands. Avide de spectacle et de sensations fortes, le public, qui avait déjà eu loisir d'assister aux balbutiements de la firme américaine Universal, via ses premiers films d'horreur, découvrit dans les salles obscures de l'après guerre, un cinéma conçut à l'abri du monde extérieur et de son affreuse normalité, exclusivement à la lumière trafiquée des studios (cette dernière, avec l'ombre, devenant presque une personne, en tout cas une présence, souvent menaçante) qui se complait dans l'exaspération des formes et des contrastes, des décors et des personnages, et qui bâtit ainsi un monde d'artifices à la limite de l'abstraction, ou quand la réalité déformée devient fantastique.
Les définitions que l'on a données de l'expressionnisme au cinéma sont inspirées des recherches picturales et théâtrales de ce mouvement allemand des années 1920. L'importance que prend le traitement de l'image est sans précédent pour l'époque; on dénote une forte accentuation du contraste entre le noir et le blanc ; mais aussi les décors très graphiques (architecture bauhaus), où prédominent les lignes obliques; ou encore le jeu en biais des acteurs, le thème récurent de la révolte contre l'autorité, souvent fascisante, qui sont autant d'influences marquantes du cinéma expressionniste.
Ce courant artistique radical est également un cri de révolte contre les valeurs sociales établies (celles de l'après guerre sous la république de Weimar) qui s'oppose au réalisme, sans pourtant exclure la figuration et la narration. En effet, on peut établir que les principaux thèmes des films sont ceux du tyran, de l’homme déshumanisé ou encore du dédoublement ; mais comme il vient d’être stipulé, c’est le traitement figuratif qui leur est donné qui fait leur originalité, créant des histoires fortes avec des dualités, mais surtout une approche sans compromis, jusqu'au boutiste même.
Mouvement ambitieux mais pointé du doigt par le régime nazi naissant (alors que l'on sait aujourd'hui que ses dirigeants les plus influents, tel Hitler et Goebels, l'appréciaient au point de s'en inspirer pour leur futurs projets maléfiques), le cinéma expressionniste, dèjà en perte de vitesse à partir de 1926 et du terminal Metropolis, devint subitement "déviant" et dangereux. L'avénement du IIIème Reich signa son arrêt de mort et bon nombre de ses meneurs terminèrent dans les camps de concentration, tandis que d'autres, ayant sentit le vent tourner, tel Fritz Lang (bien que ce dernier se soit vu proposer par Goebels de réaliser le film définitif sur l'ubermensch, soit l'homme supérieur, ce qui le poussa à fuir l'Allemagne en laissant derrière-lui sa femme convertie au nazisme), trouvaient refuge à l'Etranger, principalement aux Etats Unis.
Du fait des différentes applications de l'expressionnisme dans les arts "majeurs" tels que la peinture, la sculpture, etc; les historiens ne retiennent qu’un tout petit nombre de films pour lesquels le qualificatif expressionniste peut-être employé. En voici la liste la plus exaustive:
Das Kabinett des Dr. Caligari
Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene (1919)
Von Morgens bis Mitternacht
De l'aube à minuit de Karl-Heinz Martin (1920)
Genuine de Robert Wiene (1920)
Das Haus zum Mond de Karl-Heinz Martin (1920)
Verlogene Moral = Torgus de Hanns Kobe (1921)
Nosferatu - Eine Symphonie des Grauens
Nosferatu le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau (1921)
Raskolnikoff
Raskolnikov de Robert Wiene (1923)
Das Wachsfigurenkabinett
Le Cabinet des figures de cire de Paul Leni (1924)
Metropolis de Fritz Lang (1926) November 16 Les habitué(e)s l'auront remarqué, Urban Music a changé. Afin de fêter les 5000 connections sur le blog depuis février 2006, de très nombreux billets ont été modifiés, rallongés de compléments, les photos seules sont devenues des bios, il y a quelques interviews et des dizaines de nouvelles photos sont apparues ici et là. En cliquant sur les chroniques de disques de la colonne de droite, vous arriverez directement sur le site officiel du groupe en question; même chose pour les singles chroniqués plus bas qui, eux, sont liés directement à leur video clip officiel sur Youtube.
A vous donc de redécouvrir le blog au gré de vos envies et bonjour chez vous.
Fran November 14 woven hand live
au romandie

Et à nouveau cette impression de retourner à l'église pour se confesser de ses péchés. En l'occurence, l'église de ce soir, c'est la salle du Romandie et le prêtre en charge de donner la messe se nomme David E. Edwards, ancien frontman des déjà torturés 16Horsepower. L'aventure terminée en 2005, notre homme a pu se consacrer pleinement à l'entité Woven Hand, allant encore plus loin dans ses délires évangéliques, comme en témoigne le bien nommé album "Mosaïc".
Dès les premières notes, l'assistance se fixe dans un silence religieux. Les hommes de foi, arrivés par la petite chapelle, sont désormais réunis sur l'autel et leurs instruments nous plongent immédiatement dans le Sud profond des Etats Unis. La ferveur est à son comble, ce n'est plus le moment de rigoler, car la messe va être dite au milieu des ténèbres. Des notes des banjo résonnent, ainsi qu'une guitare sortie tout droite du purgatoire. Et que dire de cette batterie qui semble accordée sur les battement de coeur de Dieu?
16Horsepower, en sont temps, exprimait déjà une certaine forme de confession des péchés, décrivait la faiblesse de l'être humain face aux tentations du monde, l'alcool, les femmes, le jeu, ce genre de choses... mais avec Woven Hand, un nouveau cap est franchi, car désormais plus rien ne semble en mesure d'être pardonné. L'auditoire est prit en otage de ses travers, de ses fautes, de sa culpabilité. Certains applaudissent, les fous... ils devraient prier plutôt prier.
Et puis soudain... sortant de la foule juste devant moi, un ange apparait, séparant la foule sur son passage pour se diriger en direction du fond de la salle. Je la reconnait sans vraiment réaliser que c'est elle, mais le temps de m'en persuader, elle a déjà disparu dans la foule.
Sur scène, Edwards, assis depuis le début de la messe, continue de chanter avec la même ferveur dramatique. C'est beau, effrayant par instants, mais beau comme une communion, les chansons étant autant d'osties sacrées délivrées aux fidèles réunis ce soir.
Après un rappel hanté, les lumières se rallument. Je cherche sans conviction l'ange apperçu plus tôt, en vain, puis me dirige en direction de la sortie sans passer par le confessionnal. water lily

Cet été, le groupe valaisan s'est retrouvé sous les feux de l'actualité en jouant aux arènes juste avant radiohead, puis en remplaçant Pete Doherty et ses Babyshambles (retenus en Angleterre suite aux frasques judiciaires de ce dernier). En exclusivité pour Urban Music, Vincent (clavier et guitare), revient sur ces quelques jours de folie.
"L'arrière scène d'Avenches était très privée et très arrosée et donc nous avons pu cotoyer Radiohead de très près. Pour la petite histoire, je me suis fait empoigner par le garde du corps de Tom, je crois que j'étais un peu trop bourré, mais bon je ne regrette rien... Le fait que les gens ne soient pas resté pour voir la fin de notre concert (juste avant Radiohead mais sur une plus petite scène) ne nous a pas surpris, nous savions en quelque sorte que cela se passerait comme ça... en fait ça nous a fait une grosse pub et je crois que là était bien l'essentiel.... On a ensuite remplacé Pete (Babyshambles) le dimanche... bon, on jouait en plein jour (sur la grande scène quand même!) et ça c'est pas très cool, mais le fait d'être encerclé de la sorte par le public est très impressionant... Le concert s'est bien passé mais l'ambiance était moins délirante. Au moins on connaït déjà la gueule de cette scène quand nous viendrons y jouer en tête d'affiche et que les billets s'arracheront en moins de quinze minutes... enfin huit minutes pour ëtre précis..."
interview exclusive de water lily!
Comment vous sentez-vous, en tant que groupe, quelques mois après la
sortie de l'album?
Notre bilan est très positif, cet album nous a permis de toucher d'autres
marchés et c'est avec plaisir que je t'annonce que nous serons ditribué en
Italie... d'autres marchés s'ouvrent également dans le sud et nous nous en
réjouissons. Pour le nord, le Bénélux ou encore le Danemark s'intéressent
vivement à Waterlily. Concernant la Grande-Bretagne, un producteur anglais
s'est d'ores et déjà proposé de travailler avec nous pour la création du
troisième album.
Pensez-vous au marché anglo-saxon?
Il nous paraît en effet essentiel pour nous de devoir nous exporter car
si nous voulons un jour accéder à la la Grande Scène du Paléo en tête d'affiche, il
faudra que nous soyons présent sur la scène internationale. Si cette
hypothèse te fait sourire, je pense toutefois qu'à travers celle-ci, je te
donne des pistes concernant notre motivation, et notre envie de créer une
oeuvre discographique artistique importante...
Quels ont été les retours sur ce disque, les commentaires récurents
ou les reproches?
Concernant les retours... "Aphasie" est un disque qui a surpris et que
beaucoup de gens vénèrent (et le mot n'est pas fort). Nous constatons
toutefois que les gens qui étaient fan des Waterlily le sont restés après la sortie de
"13th floor", album qui, à mon sens, s'inscrit dans une autre dynamique... en ce sens,
j'ai l'impression que nos fans de la première heure ont compris le désir
qu'à le groupe de vouloir remettre en question ses créations, et d'explorer
toujours d'autres horizons... "13th floor" se voulait être un peu plus
"populaire", même si je n'aime pas ce mot, et en ce sens, je crois qu'il atteint ses
objectifs... avec lui, notre public s'est encore étendu, ça par contre on
aime bien...
Quel(s) rapport(s) entretenez-vous avec votre homologue DJ, Water
Lilly? Est-ce source de malentendu encore aujourd'hui?
Concernant notre homologue, franchement... elle fait sa vie et nous la
notre. Ce que nous déplorons, c'est que des journalistes peu scrupuleux à la bourre
puissent écrire des articles alors qu'il ne sont pas renseignés sur "qui
était qui" et "qui fait quoi"... et là ouais ça nous pose problème, car ce
sont les gens qui pâtissent de ces méprises.. mais bon, ça n'arrive plus,
enfin à ma connaissance...
Le site internet a fait peau neuve, en êtes-vous satisfait?
Nous sommes très satisfait de notre site, il va encore énormément s'étoffer
dans l'avenir...
L'expérience live mériterait bien un petit cd un de ces jours, non?
Il est trop tôt pour un cd live actuellement car cet exercice demande une
énorme infractructure... le groupe n'est pas prêt actuellement à s'investir
dans cette démarche, mais c' est un projet dont nous avons bien entendu déjà
parlé et envisagé..
Vos clips sont très conceptuels. Cherchez-vous à obtenir les moyens
de vos ambitions ou est-ce secondaire d'illustrer une chanson?
Il nous paraît indispensable ainsi qu'à notre réalisateur, qu'un clip
suggère la musique et que la musique envisage le clip. Nous avons envie de
laisser un spectateur en suspens, qu'est ce que ça évoque pour lui? se
sent-il concerné par ce qu'il vient de voir? Voilà des questions que nous
nous posons nous-même constamment, et la confrontation avec d'autres avis nous
intéresse... voilà pourquoi nous avons choisi ce mode de langage! il est
évident que plus nous aurons de budget, plus nous aurons la possibilité de
faire des choses qui nous intéresse... un film pourquoi pas?
propos recueillis le 14 novembre par votre serviteur November 09 t h e d e a r s
live au romandie
En ce vendredi soir hivernal, c'est avec une nuit blanche dans les bottes que je me rends au Romandie. Arrivé quelques minutes avant le concert, je commande une eau gazeuse (plus de bière, terminé) et m'allume une cigarette que je vais fumer dans la zone prévue à cet effet, m'instalant sur les escaliers quelques instants. Et puis la salle s'éteint. Il est temps de se lever, vite.
Des lumières rouges accompagnent l'arrivée des six musiciens sur scène et le concert commence. D'entrée, je suis bluffé par la voix du chanteur, Murray A. Lightburn, improbable mélange entre celle de Damon Albarn et celle de Marvin Gaye. Puis, rapidement, les instruments (en particulier ces deux claviers et cette guitare fantastique) prennent le dessus. En promo pour leur troisième album, les Canadiens ne se privent pas de jouer une grande partie de leur plus fabuleuse réalisation: "No Cities Left", paru en 2004 et déjà proposé lors d'une mémorable soirée au Montreux jazz Festival. Aucun temps mort entre les morceaux, si ce n'est pour un rapide apéro entre eux, et déjà la magie opère dans la petite salle, la musique de The Dears, bien que dépourvue de hits singles, s'avérant d'une étonnante évidence. Du rock aérien, classieux et élégant interprété par un groupe investi et habité, presque hanté, tant ses membres semblent à fond dans chaque titre, y apportant sa pierre pour le faire monter à des altitudes rares. le public chauffe un peu plus à chaque titre, avant de se lâcher totalement sur la fin du concert, acclamant les six musiciens comme il le méritent. Les rappels seront à la hauteur des attentes. Etonné par la puissance de feu du groupe, je m'étonne à y déceler des points communs avec un autre groupe canadien que j'adore: Arcade fire, la folie live en moins. Il est temps de prendre congé et retrouver le froid des rues, mais la chaleur offerte par The Dears restera longtemps dans mon coeur. THE STROKES

C'est en 2001 que les Strokes défraient la chronique avec leur tout premier album: "Is This It", un pur joyau urbain qui flirte aussi bien avec Television, The Clash et tout ce rock aux consonnances punk des années 70-80. Depuis ce premier essai, véritable coup de maître, les cinq new-yorkais (après s'être fâchés avec la police de leur ville, via "New York City Cops") sont devenus l'un des chef de file du revival rock de ces dernières années, partageant le trône en compagnie des White Stripes, The Kills, Interpol, The Vines et autres Franz Ferdinand.
Julian Casablancas (chanteur, fils de John Casblancas, fondateur de l’agence Elite), Nick Valenti (guitariste) et Fabrizio Moretti (batteur) se rencontrent pendant leur scolarité dans une école privée en 1998. Ils font ensuite la connaissance de Nikolai Fraiture (bassiste) et de Albert Hammond.Jr (second guitariste et fils de l’auteur et compositeur Albert Hammond), ce dernier étudiant en cinéma.
Tous les cinq décident de fonder un groupe de rock que Casablancas baptisera The Strokes. Après une année de travail d’écriture et de composition, le groupe monte pour la première fois sur scène fin 99 et se fait vite remarquer grace à des concerts électriques et percutants dans les petites salles de New York, notamment par Ryan Gentles, qui deviendra leur manager. Ils rencontrent aussi le producteur Raphael Gordon qui leur donne les moyens d’enregistrer une maquette. Celle-ci est envoyée à Rough Trade par l’intermédiaire d’un ami de Ryan Gentles et le groupe sort sur le label britannique le désormais mythique EP "The Modern Age". L'histoire est désormais en marche.
Rapidement, le public anglais, avide de "sauveurs du rock" (une vieille rengaine du journal NME) s’entiche du groupe et se précipite pour le voir pendant leur tournée au Royaume Uni. Le NME, affolé, leur consacre de nombreux articles, tandis que le single "Hard To Explain" fait un malheur en Grande Bretagne, le groupe finissant sur la scène principale du festival Carling où il devait initialement jouer sur la petite scène. Par ailleurs, le groupe conquiert définitivement la Côté Est des Etats Unis et signe un contrat chez RCA.
A la fin de l’été 2001, Rough Trade lance le premier album des Strokes, "Is This It" qui sort ensuite en octobre aux Etats Unis. Les Strokes partent alors en tournée mondiale où ils triomphent.
Après une petite pause pour souffler un peu, les Strokes repartent en studio et sortent en 2003 un nouvel opus dans la même veine que le précédent mais en plus percutant, le fabuleux "Room On Fire ". Contenant des bombes telles que "Reptilia", "12:51" (cette dernière étant un sublime hommage au groupe The Cars), ainsi que "The End Has No End" (qui finira comme générique d'une publicité française), ce deuxième album, toujours réputé casse-gueule dans le métier, ne fait qu'asseoir le talent du jeune groupe, lui laissant les mains libres pour la suite de ses aventures.
En 2006, libérés de toute contrainte et plus que jamais en phase avec leur musique, les Strokes sortent leur troisième galette, "First Impressions Of Earth". A nouveau c'est une tuerie et les classiques pleuvent, à l'image de l'ébouriffant single "Heart In A Cage" (à visionner tout de suite dans la colonne de droite sous clips video), shooté dans les rues de New York, ville en noir et blanc dont les Strokes peuvent sa vanter d'en être les plus dignes représentants. November 08 DISC-A-BRAC

Plus personne à Lausanne n'ignore ce bastion du rock indépendant qu'est Disc-à-Brac, ainsi que son fantasque amiral en chef, Theo. Petit tour du propriétaire à la rue de l'Ale.
Tout commence au début de la décennie précédente, lorsque Francis Mathez, l'actuel patron de la boutique Score (à la rue St Roch à Lausanne) cède son commerce à Theo, encore tout jeune et qui ne se voyait pas du tout en patron. Mais la situation est suffisament dopante pour encourager notre homme à prendre son courage à deux mains et à s'entourer des bonnes personnes, dont un associé, pour mener son navire à bon port. Comptabilité, finance, gestion de stock, tout y passe et Disc-à-Brac survit aux années 90, bien aidé par des courants musicaux comme le grunge et le punk rock, sans pour autant oublier le hip-hop. Un changement d'adresse plus tard (à peine cent mètres plus loin, le magasin s'installe définitiverment à la rue de l'Ale 2, empochant une jolie fontaine publique au passage, ainsi qu'un petit escalier à l'entrée), Dics-à-Brac est devenu le rendez-vous incontournable d'une certaine jeunesse alternative (rockers, goths, rappers et même rastas, tous unis comme une belle famille), le partenaire d'un tas de manifestations locales ( Burning, For Noise, Romandie, etc.) et surtout le fournisseur compétent d'un tas de labels indies (tels que Relapse, Defiance, Osmose, Battleaxe, Idaho Music, Candlelight ou encore Ipecac), travaillant main dans la main avec le label Irascible, ce dernier se trouvant à un jet de pierre à la rue de la Tour. Lausanne oblige, le magasin propose évidemment toute la production locale des groupes amis, (A Season Drive, Houston Swing Engine, Magicrays, Favez, Chewy, Pendleton, Honey For Petzi, etc.) qu'ils soient d'ici , de Genève ou d'ailleurs. Il n'est pas rare de les croiser à la boutique en train de taper le bout de gras avec Theo. Et certains jours, vous serez même servis par Chris Wicky, le frontman de Favez, qui vous fera découvrir les dernières nouveautés incontournables. Mieux que Sub Pop Records aux grandes années de Seattle!
Mais "l'attraction" numéro un de Disc-à-Brac, c'est bien évidemment Theo, "Le dernier punk de Lausanne!" comme l'avait appelé le chanteur de feu Shovel à un fameux concert au Bleu Lézard. Encyclopédie vivante du rock indie et gardien du temple, Theo représente un rêve de disquaire, parce qu'on sait très bien qu'il n'y en aura pas d'autres après lui, avec cette foi, cette passion et cette folie. Se faire accueillir au son d'une traviata, être servi par un gars qui chante en vous parlant, glissant un compliment à une fille tout en vous offrant une tasse de café, ça n'existe plus trop en 2006. Et quand en plus cette personne transfigure votre quotidien en vous sourtant LE bon disque, celui que vous deviez écouter, celui qui était fait pour vous, mais que vous ne connaissiez pas encore en franchissant le pas de porte( Chris est aussi très très fort à ce jeu), on ne s'étonne plus d'en être à sa quinzième carte fidélité. Comme disait l'autre, il y en a qui vendent des disques et d'autres qui sont disquaires! Vous trouverez aussi un joli choix de vinyls (neufs et occases, il y a même des platines pour l'écoute), ainsi que des dvds musicaux, de l'import régulier, des coffrets collectors (Rhino Records, ce genre) des enregistrements live rares et de nombreux cds d'occase. Petit conseil quand même, Si Theo est là, il a tendance à vite se focaliser sur la personne qui l'accapare (surtout si on raconte sa vie en long et en large), alors n'hésitez pas à le brusquer un peu si vous êtes pressé(e), car vous risqueriez d'attendre longtemps pour écouter ou payer un disque.
Pour ce qui est du site internet, il est sympa (on clique sur un coffre-fort qui s'ouvre sur une salle des machines avec une sirène et des petits menus), mais il est un peu à l'abandon depuis quelques années, alors pour les nouveautés, il faudra se déplacer. Mais la découverte en vaut la peine, car vous reviendrez pour cette ambiance sans pareil, comme moi depuis bientôt dix ans. www.disc-a-brac.ch CLAN OF XYMOX

En activités depuis déjà trois décennies, l'entité Hollandaise de Ronny Moorings est désormais un groupe majeur de la scène cold wave, goth et electro. Les ayant découverts il y a peu de temps (shame on me...), un petit résumé de l'aventure s'imposait.
Sortie du premier mini album en 1984, "Subsequent Pleasures", limité car autoproduit. Remarqué par Brendan Perry de Dead Can Dance, la signature chez 4AD (aux cotés également de Cocteau Twins) ne se fait pas attendre. Le premier album, original et en tout point remarquable (malgré une voix qui sera longtemps comparée à celle, tout aussi grâve, du chanteur des Sisters Of Mercy), marquera les esprits de la communauté. Dans la même lignée "Medusa", sorti en 1987 est également une réussite d'écriture grâce à quelques titres majeurs dont "Louise" ou encore "Michelle", ce dernier ayant récemment été réenregistré (en 2005) puis remixé de fort belle manière. Le travail sur le son, franchement tripant sur les instrumentaux, fait de Ronny Moorings une sorte de Trent Reznor goth, mais en beaucoup plus discret. 1988, tensions aux sein du groupe qui devient duo et choisit le diminutif Xymox. Signature sur une major avec un résultat plus pop et mainstream. Dans le convenable, mais avec un résultat très moyen, sort l'année suivante "Twist Of Shadows". Il reste encore des traces de la formation d’origine, mais la suite n’est guère réjouissante. Avec "Phoenix" et "Headclouds", le groupe s’enlisse dans une new-wave techno-pop » qui ne donnera rien de concret, le groupe ne devenant pas populaire pour autant durant cette décennie. Il faudra que Ronny rencontre la belle Mojca (sa future bassiste et compagne) pour qu'en 1997 ce soit le grand retour du Clan, "Hidden Faces" renouant de grande manière avec les premiers disques. L’album suivant, "Creatures", encore plus sombre et gothique, enfoncera le clou définitivement (il suffit d'écouter un titre comme "Waterfront" pour s'en convaincre). Depuis, en plus d’excellents albums, Clan Of Xymox a sorti un live et un album de remixes. ne manquait plus qu'un best of, chose faite en 2004 grâce à de nouvelles versions réenregistrées (pour les plus anciennes) ou remixées et très réussies.
Après le mini album de 2005, "Weak On My Knees", l'année 2006 à vu la sortie de l'excellent et très dansant "Breaking Point". Le groupe à depuis quitté Amsterdam (et sa scène gothique moribonde) pour s'installer dans une grande maison à Leipzig. November 07 MONICA RICHARDS
ET
FAITH & THE MUSE

Avec la sortie en 2003 de l'album "The Burning Season" Monica Richards (la Muse) et William Faith semblaient avoir déserté le gothic éthéré (aux touches médiévales, parfois pop) qui restait jusqu'ici leur marque de fabrique dans les années quatre-vingt-dix, mais leur style remarquable (aussi reconnaissable que celui des Cocteau Twins ou encore de Dead Can Dance), en dépit des évolutions apportées (beats electro plus présents, accents rock plus prononcés) restait encore assez reconnaissable et ne se noyait heureusement pas dans une refonte totale. Avec le temps, Faith & The Muse est aussi peut-être devenu un groupe plus mûr, moins maniéré et clichéesque, et on sent sa musique comme visant désormais un but plus introspectif, sous un aspect faussement plus lisse. "The Burning Season" n'était de loin pas un disque apaisé, bien au contraire, rempli d'incertitudes, il hésitait entre les solutions, et retrouvait un mystère qu'on avait un peu perdu sur le troisième album, le moins bon de la première trilogie, "Evidence Of Heaven". L'apport de l'électronique, peu tapageuse, malgré ce qu'on en a dit ici et là, tissait, hypnotisait et charmait au bout de quelques écoutes (le titre éponyme en était le meilleur exemple). Le disque était direct mais exigeant en même temps. Faith & The Muse osèrent plus, créant la surprise sans peur d'être désavoués par leurs fans les plus fidèles. La froide modernité de ce disque laissait pourtant entrevoir une éclipse, Monica Richards s'appesantant moins qu'auparavant sur les mythes et autres légendes, faisant du groupe quelque chose de plus concret, plus ancré dans son époque, le XXIème siècle.
La sortie aujourd'hui de son premier album solo, "InfraWarrior" n'est donc qu'une demi surprise. Axé sur ses aspirations personnelles (l'écologie, les animaux, ses croyances, la place de la femme dans la société), cet album (produit pas William Faith) laisse la part belle à sa formidable voix de Déesse sur des titres puissant et d'inspiration tribale. Avec un booklet riche de seize pages et autant de photos différentes et magnifiques de la belle, le fan ne sera pas déçu de cet investissement, d'autant que le tout sonne quand même beaucoup comme un nouvel (et excellent) album de Faith & The Muse, mais ça, il ne faut pas le dire. BLACKMAIL Live
au Romandie

Groupe de rock allemand plutôt original, Blackmail, via son frontman Aydo Abay (ça c'est un nom!), chante en plus en anglais, ce qui ne gache rien, la formation ressemblant à un Placebo resté alternatif qui n'aurait pas dévié dans la pop sucrée pour adolescentes. Libéré de Warner Deutschland qui les empêchait de s'exporter ailleurs, Blackmail était donc au Romandie (tout beau, tout neuf, tout repeint, des lights rouges et des guirlandes partout!) pour défendre son dernier et formidable album, "Aerial View". Habillé comme s'il sortait du lit (training et tee-shirt), Aydo Abay entame les premiers couplets de "Everyone Safe", le "tube" actuel, soutenu par un groupe au diapason et décidé à faire du son. Entre les titres, il s'amusera à nous parler d'une ballade en vélo à Ouchy le même jour et nous remerciera d'exister pour ce beau souvenir. Sympa. La suite du concert, fortement applaudi par la petite centaine de spectateurs (on est dimanche aussi) est constituée de titres tirés des différents albums, souvent assez lourds et faisant parfois penser à Black Sabbath, tout comme le final de guitares de quinze minutes qui terminera de nous achever en beauté. Cool de terminer la semaine de la sorte. BAK XIII
Live à la Cave du Bleu Lézard

Ce groupe suisse, oeuvrant dans l'electro dark retrofuturiste, crée par DDDMix et le baron von Smock, était en concert le mercredi 11 octobre à la Cave du Bleu Lézard, un rendez-vous inmanquable après l'écoute hallucinée de leur album paru cette année. Toute la communauté goth de Lausanne s'était donné rendez-vous pour cette soirée chargée. En effet, de belles choses se passaient à moins d'un kilomètre de là au Casino de Montbenon, le LUFF accueillant Lydia Lunch et quelques autres artistes undergrounds pour une nuit dédié aux performances les plus improbables. mais revenons à nos moutons. Groupe industriel baignant dans un amour sans limites des années quatre-vingt tout en essayant de créer le son du futur au travers de rythmiques EBM, Bak XIII, en pleine tournée pour la promo de son nouvel album, l'absolument fantastique "Vae Victis", nous a livré un set sombre et décoiffant comme à son habitude, bourré d'énergie, dénonçant les dérives de la télé-réalité et les artiste préfabriqués au détour de quelques speechs hurlés avec rage, énergie et conviction, le tout sous les vivas de la foule en délire. Transformant la cave en dancefloor de l'enfer plus d'une heure durant, Bak XIII a véritablement marqué les lieux de son empreinte indélébile, signant là l'un des meilleurs concerts de ces dernières années. Un groupe à suivre de très près. November 06 GARY NUMAN

Rescapé des années 80 qu'il a, en partie, crées (grace notamment à des albums tels que "Berserker", "Sacrifice", "Strange Charm" ou encore "The Fury") Gary Numan est désormais pour nous une autorité en terme de metal electro, ayant influencé les premiers travaux de Nine Inch Nails, Marilyn Manson et de quelques milliers d'autres formations de par le monde.
Ces dernières années, enfin reconnu à la mesure de son génie visionnaire, il n'a cessé de repousser les limites du genre, au travers de magnifiques albums frisant à la fois l'industriel et le metal, et offrant une nouvelle approche, plus froide que jamais, puissante et brillante, ce qui lui a valu, entre autres reconnaissances, l'adoubement de toute la communauté goth. Son avant dernier album, "Pure", était une des choses les plus fascinantes qui soient arrivées au rock, et la dernière compilation "Hybrid" rassemble les producteurs et artistes rock parmi les plus importants, tentant d'y apporter un regard neuf sur le travail accompli. Le disque, excellent, est très au-dessus de ce qui se fait dans le genre et n'est donc pas une vulgaire collection de remixes à négliger faute de mieux, notre homme ayant considérablement ralenti sa production.
Avec la publication cette année de son nouvel album depuis cinq ans, "Jagged" (sur lequel on retrouve, tiens tiens, un certain Jerome Dillon de Nine Inch nails), Gary Numan revient, plus sombre, plus fort et plus beau que jamais. November 02 HALLOWEEN 2006
Comme chaque année, mes ami(e)s et quelques autres viennent fêter Halloween chez moi le temps d'une longue soirée qui commence à 20 heures pour se terminer bien après minuit. L'appartement est décoré d'horribles fresques peintes sur les portes; au sol, des dizaines de ballons oranges et noirs attendent d'êtres shootés du pied, tandis que des flammes semblent lécher les fenêtres et que l'éclairage distile des teintes rouge bleu vert. Sur la table dressée, des bonbons, des biscuits et tout ce que l'on peut trouver en une pareille occasion. Des litres de vodka-orange, de sangria, de bière et de vodka-redbull attendent tandis que les premiers enfants déguisés viennent sonner à la porte pour bientôt repartir chargés de confiseries en tout genres.
M'allumant une clope au feu d'une des innombrables bougies disséminée ici et là, je profite d'un instant de répit, un verre à la main, pour écouter mille et une discussions, retrouvant des visages magnifiés par un maquillage. De belles filles au look inquiétant passent devant moi, mais je n'ai pas peur car ce sont mes amies. Faisant le service tout en accueillant les retardataires, je retrouve peu à peu l'atmosphère des précédents Halloween, regardant tout le monde s'amuser, prendre la pose pour une photo ou encore s'embrasser à pleine bouche sous les guirlandes de citrouilles. Après deux ou trois malaises dus à l'alcool, ainsi que deux pots de confitures écrasés au sol.
La fête se termine gentiment dans le salon principal. Les dernières cigarettes et les derniers joints se consument tandis que j'officie en tant que dernier dj de la soirée. Plus de la moitié des participants est déjà rentrée ou partie ailleurs, vers d'autres fêtes; ne reste qu'une dizaine de personnes autour de moi, et tandis que le silence commence à reprendre ses droits, les spectres d'Halloween repartent dans leur tombe satisfaits, jusqu'à l'année prochaine. Nous serons là, peut-être.
BANDE-SON DE LA SOIREE:
FETISH69 - RADIO 4 - FRONTLINE ASSEMBLY - DEPECHE MODE - IAMX - LADYTRON - CLAN OF XYMOX - THE SUBWAYS - THE LIBERTINES - DURAN DURAN - FISCHERSPOONER
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