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日志


11月24日

CRIPPLED BLACK PHOENIX "200 TONS OF BAD LUCK"

 
CRIPPLED BLACK PHOENIX
"200 TONS OF BAD LUCK"
 
 
 
 
 
 
Collectif de musiciens britaniques, ce groupe à géométrie variable (formé autour de Justin Greaves), crée en 2004, produit une musique que l'on pourait presque qualifier de progressive si elle n'était pas aussi diverse, ennivrante et exaltée, partant parfois même dans le post rock ou le stoner.
 
Somme des groupes dont sont issus chacun de ses membres (Gonga, Mogwai, Iron Monkey, Eletric Wizard, etc.), Crippled Black Phoenix sonne à la fois comme Pink Floyd, Archive mais aussi comme le Velvet Underground, Soulsavers, The Black Heart Procession et Arcade Fire, bref que du bon.
 
Après un premier album en 2006 ("A Love Of Shared Disasters"), le collectif a enregistré en 2009 un double album intitulé "The Resurrectionists/Night Raider", dont la version simple est ce "200 Tons Of Bad Luck", parfaite synthèse de la diversité musicale apportée par tand de musiciens venant d'horizons parfois diamètralement opposés. A découvrir si vous aimez les bonnes surprises musicales. En plus, le temps d'automne se prête à merveille aux mélodies de CBP.
 
 
 
 
 
 

THE DEAD WEATHER "HOREHOUND"

 
THE DEAD WEATHER
"HOREHOUND"
 
 
 
Enième projet de Jack White,  The Dead
Weather est bien la tuerie rock'n'roll
décrétée par la rumeur populaire.
 
Ce supergroupe est constitué de Jack à
la batterie/chant,  de la furie Alison
Mosshart (Kills)  au chant/guitare, de
Dean Fretita (Queens of The Stone Age)
au clavier/guitare, puis Jack lawrence
(Raconteurs) à la basse.
 
Monté un peu à l'arrache après une jam
session, le groupe a très vite composé
puis enregistré son premier album. Les
quatre ont rapidement décidé de partir
en tournée pour battre le fer tant qu'
il était encore chaud,  un deuxième LP
étant déjà en préparation pour 2010.
 
 Incendiaire et incandescent, destiné à 
exploser en live, The Dead Weather n'y
va pas par quatre chemin pour se faire
comprendre, à l'image de cet imparable
titre, "Treat Me Like Your Mother", la
tuerie incontestable d'un album qui en
cache quelques autres, pas mal senties
elles aussi.
 
Un grand disque de rock vindicatif qui
devrait mettre tout le monde d'accord.
 
 
 
 

INDOCHINE, LA REPUBLIQUE DES METEORS

 
I N D O C H I N E
"LA REPUBLIQUE DES METEORS"
- édition box collector -
 
 
 
Six mois plus tard, que reste-t-il de ce nouvel album de la bande à Nico?
 
Après une intro impeccable avec des sirènes guerrières, l'album commence de façon un tout petit peu bancale avec "Go, Rimbaud, Go!", la faute à des textes incompréhensibles et à des partis pris musicaux un peu usés. ça ne s'arrange guère avec "Junior Song" et son xylophone pourtant charmant, ce qui n'est pas le cas de la voix de Nicolas Sirkis qui n'a jamais sonné aussi faux.
 
Heureusement, le groupe redresse la tête avec une sorte d'improbable chef d'oeuvre new wave, l'absolument renversant "Little Dolls". Grandiose intro à la guitare suivi d'un piano, texte épique et malancolique de Sirkis, chanté comme si sa vie en dépendait. Bref, le parfait single pour lancer l'album. "le Grand Soir" continue sur la même voix dramatique avec un Nicola bouleversant sur un ukulélé qui rappelle parfois le soundtrack de Silent Hill. On commence aussi à être très attentif aux textes des chansons, compilations déchirantes de correspondances de guerre de 14-18. Arrive enfin l'autre grand moment de cet album, à savoir le duo avec Suzanne Combo (ex-Pravda) pour "Le Grand Soir", futur single à venir du groupe cet automne. Nul doute que ce titre devrait permettre à l'album de faire sa réaparition dans les hit-parades français tant son potentiel tubesque semble sans limite. Avec "La Lettre de Métal", Indo se fait plus intime, ce qui n'empêche pas le morceau de taper sur son faux refrain. Le disque sonnant assez sombre, un titre frais et entrainant comme "Le Lac" (magnifique clip en noir et blanc) permet à l'auditeur de respirer un peu au milieu de toute cette noirceur, le texte étant quand même une ode au suicide. Autre single potentiel, le martial "Republika" devrait être l'une des points forts du Meteor Tour. "Playboy" vient à point pour adoucir le propos avec ses air de pop song parfaite, le texte étant cette fois totalement contemporain et parlant des problèmes de Nicolas avec le monde l'environnant. "L World", avec sa trompeuse et lente intro au piano, ne tarde pas à exploser pour devenir un nouveau standard du groupe, célébrant l'amour d'un couple seul contre le monde.
 
Hasard de la vie, "Je T'Aime Tant", le classique de Elli et Jacno, sera l'occasion pour le groupe de rendre un hommage live permanent au dandy punk de la pop française, ce dernier nous ayant quitté il y a quelques semaines à l'âge de 52 ans. Magnifique cover, chantée comme il se doit à deux en compagnie de Suzanne.
 
"Bye Bye Valentine" peine à prolonger l'état de grace en plombant un peu l'ambiance par son texte et sa mélodie. Un joli titre cependant, mais qui risque d'être particulièrement pénible en concert.
 
Le niveau remonte avec "Les Aubes Sont Mortes", un titre assez froid, carrément synthétique même, que le groupe semble particulièrement apprécier. Nicola Sirkis est impeccable au niveau de la voix. "Union War" fait perdurer l'ambiance générale de l'album, même si la voix de Sirkis peine un peu à monter haut. le couplet en anglais n'était peut-être pas obligatoire non plus. "Le Dernier Jour" vient conclure de fort belle manière l'album, Sirkis criant dans son mégaphone avant de balancer un refrain pop magique qui devrait fédérer les foules sans le moindre problème. On aurait préférer un peu plus de guitares ici et là mais Indochine semble avoir privilégié l'option dark pop cette fois. On se réjouit d'assister à la messe live ce week-end à Genève pour juger de la pertinence de ce choix.
 
On notera la présence d'un chouette (mais un peu court) titre joué au piano et caché à la fin de l'album.
 
Parlon maintenant du cd bonus, qui devrait être absent de la prochaine édition. On y retrouve un "We Are The Young" chanté en partie en anglais avec le terrible accent que l'on sait. Puis c'est "Mexicane Syndicate" qui vient nous faire le coup de la chanson à texte, mais n'est pas la Mano Negra qui veut. On termine avec la cover de Dead Or Alive, "You Spin Me Round" (avec le clip en prime), enregistré au bébéfice de Médecins Sans Frontières. Si les couplets sont insupportables, il faut bien avouer que le refrain est totalement imparable et sauve l'accent de Nico. Par contre, il faudra vraiment qu'on m'explique l'intérêt des versions a cappella de "Playboy" et Junior Song" car je n'ai toujours pas pigé.  
 
Pour ce qui est de l'édition box collector, le groupe ne s'est pas trop foulé. Certes, la boite en carton au format 33 tours permet de mieux apprécier le somptueux collage de Peggy M. mais fallait-il y ajouter des goodies aussi navrants qu'un pop-up raté de la pochette, un poster pub pour le stade de France, le cd single de "Little Dolls" et cinq photos géantes des membres du groupe? Franchement, un dvd et des pins auraient été plus recommandés pour les fans que nous sommes. Mais bon, le box était pas trop cher non plus. Bref, l'album standard est pour une fois préférable à l'édition complète. un comble pour un groupe qui s'est toujours targué de donner plus à ses fans.
 
 
 
 
 
11月17日

MANIC STREET PREACHERS "JOURNAL FOR PLAGUE LOVERS"

 
MANIC STREET PREACHERS
"JOURNAL FOR PLAGUE LOVERS"
 
 
Certains l'ont peut-être oublié mais
le trio  punk rock Gallois était, il
y a longtemps, un quatuor à l'esprit
socialiste. C'était il y a quinzaine
d'années, juste avant la disparition
de leur guitariste Richard Edward.
 
L'une des plus grandes énigmes  sans
doute de l'histoire du rock et aussi
une perte énorme pour  les 3 membres
restants. Une terrible mélancolie s'
est abattue sur le groupe, ainsi qu'
une écriture démultipliée qui a fait
sa gloire et sa fortune. Hélas, celà
n'a pas ramené Richey.
 
En possession de ses derniers textes
depuis quinze ans,  le groupe, après
mûres réflexions, s'est décidé à les
mettre en musique.
 
Le disque se nomme donc "Journal For
Plague Lovers" et il est  simplement
magnifique, frais comme leurs toutes
premières compositions  au début des
années 90. Il ne  bébéficie d'aucune
promotion, ni single, ni vidéo.
 
 
 

YEAH YEAH YEAH "IT'S BLITZ!"

YEAH YEAH YEAHS
"IT'S BLITZ!"
 
 
 
On avait un peu vite enterré
Karen O et ses boys! Suite à
la sortie de leur 2ème album
"Show Your Bones", le groupe
avait payé la hype du début,
"Fever To Tell" ayant été le
disque de toutes  les éloges
dans la  presse spécialisée.
Moins punk et plus cérébral,
tant dans ses intentions que
dans sa  production, le trio
réussit même  aujourd'hui le
grand écart en  ajoutant une
nouvelle corde à son arc: un
son disco imparrable! A celà
se rajoute un  véritable don
pour composer des tubes.  En
témoignent les deux premiers
titres de "It's Blitz!", les
déjà fameux "Zero" et "Heads
Will Roll".  Rajoutez à celà
des prestations furieuses en
live et vous aurez donc bien
comprit qu'on est pas encore
débarassés de ce trio unique
en son genre.  Et c'est tant
mieux.
 
 
 
11月16日

JULIETTE LEWIS LIVE AU METROPOLE, LAUSANNE

JULIETTE LEWIS
LIVE AU METROPOLE, LAUSANNE
 
 
 
 
On avait quitté notre scientologue
préférée après un concert survolté
en compagnie de ses Licks il y a 3
ans au D! Club,  la furieuse brune
portant un casque viking avec deux
superbes cornes à l'époque.
 
On est en 2009,  exit les Licks et
bienvenue à un nouveau groupe tout
neuf mais sans nom. Et puis il y a
le troisième album, le bien nommé:
"Terra Incognita", car la Lewis de
notre souvenir fait un grand écart
artistique, tant sur l'orientation
musicale, un rock'n'roll bien plus
moderne, que sur sa voie, Juliette
ayant prit des cours de chant dans
la foulée.
 
Déboulant sur scène vêtue d'un...
costume de Karen O! Juliette nous
surprend vraiment avec ce nouveau
look tout droit piqué à la scream
queen des Yeah Yeah Yeahs. Mais à
bien y réfléchir, est-ce vraiment
condamnable  de s'habiller ainsi?
On va dire que non,  d'autant que
ça lui va plutôt bien. En fait ce
qui dérange  ce serait  plutôt la
gestuelle, elle-aussi empruntée à
la chanteuse New-Yorkaise.
 
Qu'importe, après tout, ce qui va
compter ce soir, ce sont bien les
chansons et pas l'enrobage. Et le
changement va s'avérer de taille,
comme le prouve  des titres de la
trempe de "Purgatory Blues", "Got
Love To Kill", "Romeo", ou encore
le titre éponyme du nouvel album.
 
En grande forme, même si elle ne
saute plus dans tout les sens de
la scène, préférant se casser en
deux à chaque coup de guitare et
remuer sa chevelure d'un brusque
coup de bassin, Juliette délivre
une performance admirable et des
plus énergiques, inspirant à son
public ce sentiment d'appartenir
à une seule et même famille rock
globale.
 
Après nous avoir asséné la quasi
totalité de son nouvel album, le
groupe joue des  titres des deux
premiers albums, tel le fabuleux
"You Speaking My Language". Dans
la salle, le public exprime avec
virulence son  contentement face
à la perfomance du groupe  de la
belle, cette dernière pouvant se
vanter de posséder  une bassiste
manga plutôt solide,  un batteur
puissant, ainsi qu'un guitariste
relativement heavy. Bref, un bon
groupe qui réussirait  presque à
faire oublier The Licks.
 
 
 

GHINZU LIVE AUX DOCKS, LAUSANNE

G  H  I  N  Z  U
LIVE AUX DOCKS, LAUSANNE
 
 
 
 
Franchement, s'il y a bien un groupe que j'ai
pas calculé ces dernières années alors que je
l'entendais partout autour de moi, c'est bien
Ghinzu. Certes il y avait cet entêtant single
qui passait partout, mais j'avais jamais prit
le temps d'écouter les albums, si ce n'est un
peu le dernier en date, "Mirror Mirror", skud
que j'avais trouvé prometteur mais innachevé.
Et puis j'avais raté le groupe, deux ou trois
fois, en concert près de chez moi, comme il a
faillit être de même ce soir, ayant profité à
la faveur d'une guest list de me retrouver là
pour enfin assister à la chose.
 
Mais dire que je m'attendais à un tel coup de
pied dans le fondement serait mentir, rien ne
me préparait à ça, vraiment rien.
 
Attaquant sur des chapeaux de roues, les cinq
de Bruxelles vont droit dans le vif du sujet,
balançant ses bombes, telles "Mother Allegra"
et "Mirror Mirror", "The Dream Maker" presque
méconnaissables, tant les arrangements ont la
gueule de remixes hardcores live. A ce niveau
de pilonnage un titre aussi vindicatif que le
foudroyant "Cold Love" prend des allures plus
que menaçantes, et le public d'exulter face à
cette exécution en règle. John Stargasm avait
raison de dire, en arrivant sur scène: "Ca va
être bon ce soir."
 
On a, évidemment, droit aux petits classiques
radio,à savoir "Take It easy" et "Do You Read
Me", toujours très appréciés, tout comme leur
réinterprétation atomique de "Twist & Shout".
 
"Chocolate" et "Kill The Surfers" mettent un
terme à une prestation démentielle saluée de
grande façon par un  public chauffé à blanc.
Les néons au fond de la scène clignotent une
dernière fois puis s'éteignent. Il est temps
de redescendre sur terre. grosse claque,très
grosse claque.
 
 
 
 

THE SOUNDTRACK OF OUR LIVES, LIVE AUX DOCKS, LAUSANNE

 
THE SOUNDTRACK OF OUR LIVES
LIVE AUX DOCKS LAUSANNE
 
 
 
Le groupe de rock psychédélique Suédois (et aux pochettes de disques farfelues!) était cette semaine aux Docks de Lausanne dans le cadre du Metropop festival, histoire de défendre son dernier bébé, "Communion", dont le livret de photos est aussi hilarant que glaçant (des gens normaux vivant au quotidien une utopie familiale clean et sans nuage, brrrrr...).
 
Arrivant sur l'intro de "Serve The Queene", les six amis ne tardent pas à mettre en branle leur machine rock'n'roll devant, il faut bien le reconnaître, un public circonspect et visiblement présent pour Ghinzu. Mais des titres comme "Babel On", "Universal Stalker" ou encore "Second Life Replay" finissent par décoincer la foule, le groupe y mettant du coeur derrière son frontman l'imposant barbu Ebbot Lundberg.
 
Regardant le groupe se défoncer (le guitariste ne touche déjà plus la scène) devant un public de plus en plus concerné, je me rend compte que je tape méchamment du pied en hochant de la tête, le rock de ces Suédois étant d'une ferveur pour le moins contagieuse. Les cyniques reprocheront toujours que ce groupe n'invente rien et s'est juste trompé d'époque, qu'il ferait mieux de retourner dans les années 60, mais je crois, bien au contraire que The Soundtracks Of Our Lives est d'intérêt public en 2009, surtout quand on voit tout ces faux groupes de rock au son et au look actuel. Et puis, live, TSOOL tue, il suffit d'écouter "Sister Surround" pour s'en convaincre.
 
Quittant la salle après un rappel halluçinant, les Suèdois repartent sous les vivas d'une foule totalement conquise à leur cause. En ce qui me concerne, je suis soufflé par une telle foi en la chose rock à notre époque, d'autant que ces gaillards ne bénéficient d'aucun buzz et ne connaissent aucune véritable gloire malgré leurs efforts, leurs albums étant en plus tous absolument renversants. Mais qu'importe, le temps et les manuels de rock leurs donneront raison.
 
 
 
 
11月14日

DEPECHE MODE, LIVE A PALEXPO GENEVE

D E P E C H E  M O D E
LIVE A PALEXPO GENEVE
 
 
 
 
 
C'est en bandes que nous nous sommes rendus à Genève pour assister au retour des trois héros de la synt-pop; en bandes car en plus de notre fine équipe de six, cinq de plus nous attendaient sur place. Eh oui, s'il y a un groupe sur lequel nous sommes d'accords, moi et mes ami(e)s, c'est bien Depeche Mode.
 
Une petite anecdote pour commencer. Histoire de ramasser un maximum, les organisateurs ont privilégié la halle 6 de Palexpo, cette dernière servant d'habitude au salon de l'auto ou du livre et n'ayant jamais accueillit qu'un seul concert de son histoire, celui de Luciano Pavarotti... il y a de celà bientôt deux décennies!
 
Quand on arrive à proximité de l'entrée, des centaines de personnes font la queue à des stands de bouffe et de nourriture dans un froid glacial, des membres du staff éructant des consignes dans des porte-voix, donnant une impression de camp de concentration moderne assez convainquante. Ca commence bien.
 
On va vite faire une petite commission dans les boxs toilettes et on se presse de rentrer, les premières notes du concert de Soulsavers venant de résonner à nos oreilles.
 
On traverse les portillons de sécurité avant de se retrouver dans une cour, puis, enfin, à l'intérieur. Surprise, on est encore pas arrivés. En effet, même si l'intérieur de la halle 6 se présente bien à nous, dans toute son ideuse monstruosité, l'éclairage minimaliste et les quelques stands disséminés ici et là, au millieu de rien, ne laissent pas deviner la place exacte du concert. On se décide à suivre la voix de Mark Lanegan et on avance jusqu'aux stands de boisson, voyant enfin la foule gigantesque et la scène, perdue au fond. Merde, c'est plus large que profond... On ne va jamais retrouver les autres! pire, on va même réussir à se perdre avec ceux avec qui on est!!!
 
Bon, en plus le son est vraiment dégueulasse, c'est comme si une radio pourrie retransmettait le concert de Soulsavers, pourtant bien en face de nous. Le temps que le groupe tire sa révérence (dans une indifférence polie de la part du public), on décide de longer la salle sur le côté gauche pour se rapprocher de la scène, traverser étant déjà impossible. Idée de génie! En effet, les trois milles tickets (sur dix-sept mille) non vendus se trouvent exactement là, à côté de toilettes en plus! On fait un petit bonjour à l'estrade des handicapés derrière nous et on se regroupe enfin, les derniers manquant à l'appel déboulant comme dans un plan parfait. Cool d'avoir ses ami(e)s tout autour de soi.
 
Les lumières s'éteignent à nouveau et le public se met à hurler. Démarrant sur les sonorités de son dernier opus en date, "In Chains" sur "Sounds Of The Universe", Depeche Mode (mention spéciale à Martin Gore pour sa veste à pailettes disco) commence son concert de manière un peu poussive (et avec de la reverb!). Heureusement, la programmation rapide du single "Wrong" (le seul vraiment connu pour l'instant) réveille un peu le public, visiblement là pour les classiques comme il le serait pour ceux d'un autre groupe de cette importance. Hélas pour eux, Depeche Mode est une megastar par accident ou anomalie et, de ce fait, n'a pas du tout l'intention de présenter un simple best of live de ses oeuvres; il va donc falloir se taper ses dernières compositions et des singles jugés personnels. Pour en revenir à "Wrong", je ne sais pas si c'est l'acoustique merdique de l'endroit (pour lequel on a payé en vain à ce qu'il semblerait), mais le titre ne reproduit pas le choc de la version audio; certes il tape bien mais ne met jamais KO comme son clip viscéral le faisait. "Hole To Feed" qui suit plombe même un peu l'ambiance. Heureusement, le groupe n'est pas chien et les classiques vont s'accumuler, tels "Walking In My Shoes" (toujours aussi biblique comme morceau), "Question Of Time" (où Dave Gahan tourne sur lui-même avec son micro pour le bonheur de la foule) et "Precious" (classique de la tournée précédente joué un peu plan plan on est navrés de le constater). "World In My Eyes" arrive à point nommé pour remonter l'affaire, ce qui ne sera pas le cas de "Fly On The Windscreen".
 
Andrew Fletcher apparait de temps en temps, monolitique, sur les écrans, semblant veiller à la bonne marche de la machine Depeche Mode de derrière ses claviers, haraguant la foule et tapant des mains comme à son habitude. Certaines choses ne meurent jamais.
 
Puis Dave, comme dans chaque concert de DM, laisse sa place à Martin Gore pour deux titres, le très beau "Sister Night" et surtout le magnifique "Home", chanté par un ange blond dont la voix émeut autant que les rides sur son visage attristent ses fans les plus absolus. Oui, Martin Gore est méchament marqué par le temps mais sa voix est juste putain de bouleversante.
 
Dave revient pour un titre récent, le très enlevé "Miles Away/The Truth Is", puis c'est "Policy Of Truth" (toujours aussi Kraftverkien et froid) et "It's No Good" (dont la nouvelle version est certainement la plus belle surprise de la soire, le titre prenant de nouvelles couleurs pour le moins hypnotiques). "In Your Room" déboule enfin avec ses riffs de guitare maléfiques, suivit de "I Feel You". Le public en a pour son argent, mais on sent quand même que le groupe est en dessous de ses possibilités, à l'image d'une audience parfois un peu amorphe et attendant les gros tubes.
 
"Enjoy The Silence" vient donc combler ces attentes (Palexpo s'enflammant enfin pour de bon), traçant une voie dorée pour THE classic, j'ai nommé "Never Let Me Down". Votre serviteur n'en pouvant plus d'attendre la fin du titre précédent, c'est en courant qu'il est revenu des toilettes (un labyrinthe!) pour retrouver ses amies déjà en transe. Arrive alors le moment tant attendu en fin de morceau ou, sur les ordres de Dave, le public tend ses mains en l'air et les agite de gauche à droite, créant une mer de bras halluçinante. Manque de bol, nous étions dans la partie "poufiasses et bobos" de la salle et la marée humaine s'arrêtait quelques mètres devant nous. heureusement, les écrans géants qui retransmettaient le tout nous ont consolé. Un grand moment toutefois.
 
Revenant en rappel avec "Dressed In Black" mais surtout le formidable "Stripped", Depeche Mode termine son show (terme très relatif au vue des pauvres animations sur les écrans géants tout le long) avec "Behind The Wheel" et "Personal Jesus". Le groupe salue au complet et quitte la scène avant que la salle ne se rallume.
 
Le public, comblé s'il en est, découvre enfin l'endroit dans sa totale laideur, tandis qu'une cordée de gens du staff repousse le client vers la sortie. On s'allume des cigarettes pour marquer le coup et on quitte les lieux. Au final, on est content de ce concert mais ce n'était pas non plus le meilleur show du groupe. On va dire que ça manquait un peu de communion et de synergie entre le groupe et le public. La faute à ce lieu merdique, assurément. Autre constat, moins glorieux celui-là, les titres de "Sounds Of The Universe" ne passent pas très bien en live. Mais tout est relatif.
 
Il est temps de se quitter alors on se fait plein de bisous et tout le monde part dans des directions opposées. Dehors, des types vendent du merchandising. Ma copine m'achète un poster recto-verso. Il finira quelques jours plus tard au mur de son salon, en souvenir de cette soirée finalement pas si mal que ça.
 
 
 
  

SOULSAVERS, LIVE A PALEXPO GENEVE

 
S O U L S A V E R S
LIVE A PALEXPO GENEVE
 
 
Soulsavers a beau être un projet anglais
de producteurs et remixeurs fans de rock
de gospel, de soul et de country,  c'est
bien pour notre américain, le très culte
Mark Lanegan que l'on se presse, avec la
plus grande des peines il faut l'avouer,
dans l'affreuse halle de Palexpo.
 
Tentant de comprendre où est le concert
du groupe,  la voix éraillée de Lanegan
résonnant d'on ne sait où, on finit par
s'avancer dans la pénombre des lieux et
dépasser les stands divers pour arriver
à la foule, enfin...  plutôt à la marée
humaine qui se tient là, la scène étant
encore bien loin de nous, tout comme le
groupe, perdu au millieu de cette halle
absolument sinistre.
 
Le son est également affreux, sourd et
écrasé par le bêton qui l'absorbe tout
entier. Jouant des titres de ses trois
albums, dont le fabuleux "Revival", le
groupe tente d'insuffler  un peu d'âme
en ces lieux à l'aide de ses harmonies
classiques et de sa foi musicale. Mais
le public ne sait pas qui joue ce soir
et n'attend qu'une chose, la venue des
trois membres de Depeche Mode. Arrivés
à la fin de leur prestation, le groupe
s'en va sous des applaudissements plus
que timides, bien que chaleureux. 2010
verra Nitzer Ebb prendre la relève des
Soulsavers;  leur dark electro, à n'en
pas douter,  devrait mieux coller avec
le public die hard du groupe.
 
 
 
 

TRISTAN O'MEARA EN SHOWCASE A QUIXOTIC SOUNDS, VEVEY

 
TRISTAN O'MEARA
EN SHOWCASE A QUIXOTIC SOUNDS, VEVEY
 
 
 
Parfois, les évidences crèvent les yeux. J'avais travaillé plus de deux ans pour City Disc et jamais un artiste n'avait franchi la porte pour y jouer. Je travaille depuis un mois pour Quixotic Sounds et déjà la musique reprend ses droits dans ma vie professionnelle.
 
Tristan O'Meara est un jeune Autralien (26 ans) multi-instrumentiste de Byron Bay, un lieu bien connu pour sa prolifique scène musicale. Pratiquant la musique depuis l'âge de 11 ans, il n'a pas tardé à quitter l'école pour devenir musicien, donnant son premier concert dans un pub à l'âge de 15 ans. Armé de sa guitare, d'un didgeridoo, de son harmonica et de sa voix (qui semble avoir vécu mille vies!), Tristan O'Meara chante son pays du bout du monde mais aussi l'amour et la douleur au travers d'une musique roots faite de folk, de blues et de world.
 
Depuis quelques années, Tristan parcourt le monde pour jouer sa musique, notamment en Europe et en Angleterre, faisant un détour par la Suisse l'année dernière pour jouer au festival de Montreux. De retour cette année, il était il y a quelques jours en showcase dans ce merveilleux magasin de disque de Vevey pour lequel j'ai la chance de travailler un à deux jours par semaine depuis un mois.
 
Arrivant avec un grand sourire au magasin pour rencontrer Pascal, Tristan découvre le magasin de disques tout en pensant à sa prestation à venir. Je lui fait un petit topo de la ligne musicale de Quixotic Sounds (dans un anglais atroce, ce dont il ne me tiendra pas rigueur), puis le vois repartir chercher son matériel.
 
L'heure du showcase approchant, nous ne voyons guère de clients arriver, celà malgré les invitations envoyées et les confirmations reçues. Finalement, nous ne seront qu'une petite dizaine. Dommage...
 
Prenant place au fond du magasin, Tristan s'asseoit sur son siège et adresse quelques paroles au public avant de commencer. la première chanson se nomme "Fire in The Sky" et parle de son pays natale. Utilisant son didgeridoo (confectionné par lui-même dans du bois d'eucalyptus) et sa guitare, le musicien nous colle d'entrée au mur par sa putain de voix, nous donnant quelques frissons dans la colonne vertébrale tandis que le temps semble s'arrêter et que notre imagination s'en va dans le désert Australien. Dehors, la pluie se met à tomber. Quatre titres vont suivre ("I Ain't Your One", "Muse", "Bye Bye Baby Blue", puis le terminal "16 Days"), chacun étant applaudi vivement par le public réduit.
 
Il est temps pour l'artiste de nous quitter, étant attendu ailleurs pour un autre concert. Nous dicutons brièvement et échangeons quelques adresses internet en vue de lui remettre cette chronique, puis Tristan O'Meara plie ses affaires et s'en va. Dehors, la pluie continue de tomber. Il est aussi temps pour nous de partir, nos amis et nos familles nous attendent.
 
 
 
  
11月10日

DEPECHE MODE "SONGS OF THE UNIVERSE DELUXE"

 
 
 
 
 
De mémoire de collectionneur, je ne
me souviens pas d'avoir vu un album
aussi bien accompagné  et à un prix
aussi raisonnable. Depeche Mode est
vraiment un groupe  généreux qui ne
se moque pas de son public.
 
Et que trouvons-nous dans ce box de
la mort? Pour commencer, quatre cds
qui mettent en joie. L'album studio
pour commencer. Ensuite un dvd avec
l'album en 5.1 et six inédits,  des
interviews du groupe, un making of,
un petit film sur le disque, quatre
titres en studio, ainsi que le clip
de "Wrong".  On continue avec le cd
de remixes, agrémentés des 6 titres
inédits.  On termine avec le trésor
de cette édition deluxe, les démos,
pour la plupart chantées par Martin
Gore. on y retrouve des morceaux de
plusieurs époques ainsi que de leur
dernier opus.
 
On pourait s'arrêter là mais le box
contient d'autres trésors, comme un
panoramique du studio sous la forme
d'un petit livret dépliant,  2 pins
métal, un poster ainsi que 2 livres
durs avec des dizaines de photos de
Anton Corbijn pour la plupart. Sans
compter la boite noire qui contient
le tout et qui est  un modèle de ce
que le mot design veut dire. Ah, il
y a aussi un lot de postcards, dont
le contenu est aléatoire, hélas.
 
A quelques heures de leur venue en
Suisse pour leur concert de Genève
à Palexpo, j'écoute tout celà tout
en tournant les pages des artbooks
et me dit que Depeche Mode est mon
groupe le plus chère de mes jeunes
années,  celui qui m'a constamment
surprit par ses choix artistiques,
par les risques pris au nom de ses
ambitions synthétiques.  Un groupe
véritablement alternatif,  dont le
succès est une magnifique anomalie
de notre époque.
 
 
 
 

ST. VINCENT "ACTOR"

 
 
Annie Erin Clark aka St.Vincent
est une multi-instrumentiste de
27 ans que vous aurez peut-être
déjà vue en compagnie de Sufjan
Stevens ou Polyphonic Spree.
 
Oeuvrant dans une sorte de pop
expérimentale faite de bric et
de broc, Annie crée des titres
charmants qui, d'un seul coup,
se teintent de sonorités assez
bizarres, comme si une musique
de films venait se coller dans
le paysage sans prévenir, à l'
image de cette fanfare déjanté
qui apparait ici et là sur son
nouvel album, "Actor", et dont
le single "Marrow" (et ce clip
fabuleux) en est  l'exemple le
plus marquant.
 
Ayant ouvert pour des artistes
tels que  Arcade Fire, Grizzly
Bear, The National, Television
et bien d'autres, St.Vincent a
également collaboré avec notre
Amanda Palmer  sur un titre de
son premier album, "What's The
Use Of Won'drin?".
 
Nul doute que  nous entendrons
encore parler de cette artiste
dans le futur. A noter qu'elle
jouera au Fri-Son ce dimanche.
 
 
 
 
11月8日

WIRE, LIVE AU ROMANDIE

 
W   I   R   E
LIVE AU ROMANDIE
 
 
 
 
Alors eux... je sais même plus quand c'était... allez,
peut-être le 30 mars de cette année.  J'étais avec mon
amie Andonia pour assister au retour des héros du post
punk anglais. Seul problème, je connaissais et connais
toujours très mal ce groupe de revenants. Je peux dire
que j'ai écouté leur musique à peu près autant que mon
père s'est occupé de moi, c'est-à-dire jamais. Wire de
mon point de vue est un groupe de vieux punks intellos
sur le retour, qui sort des albums aussi élitistes que
son public, qui met un point d'honneur à ne jouer live
que ses titres les moins connus, histoire d'être super
punk à bientôt 50 ballais. On a donc eu droit à un gig
bien rentre-dedans constitué de titres inconnus, à une
ou deux exceptions près, reconnaissant un titre plutôt
familier, peut-être une reprise. Un mec dans le public
s'est fait insulter parce qu'il fumait une clope, quel
scandale!!! Mais je dois reconnaître que c'était assez
puissant et que ce groupe de vieux n'a pas démérité. A
mieux y repenser, je crois bien que je vais me pencher
sur leur discographie, histoire de rattraper un peu le
temps perdu.
 
 
 

UNE JOURNEE A PALEO

 
 
 
 
 
On continue avec les oublis de 2009, votre serviteur, je vous le rappelle, ayant été absent de ces colonnes durant près de six mois. Retour donc au mois de juillet pour une journée de concerts à l'incontournable Paléo festival de Nyon, incontournable parce que même quand vous ne souhaitez pas vous y rendre, vous y finissez quand même, votre meilleure amie ayant prit soin de vous offrir un ticket car elle savait bien que vous n'aviez plus une thune en milieu de mois la fameuse semaine où toute la Suisse s'est précipité comme un seul homme pour acquérir les fameux sésames.
 
 
 
 
 
La journée débute avec le concert de Anaïs sous le chapiteau. Ca commence plutôt bien, il fait beau et la demoiselle est rafraichissante avec ses pop songs amusantes. en plus, elle porte un short en jean coupé qui nous permet d'admirer ses belles jambes galbées, ainsi qu'un tee-shirt blanc moulant (I LOVE BRITNEY) qui met en valeur sa remarquable poitrine. Hélas, son concert-comédie se transforme vite en eau de boudin et on quitte le chapiteau à regrets sans même avoir écouté ses deux tubes. 
 
 
 
 
C'est donc sous un soleil de plomb (tout ce que j'aime...) que je me retrouve devant la grande scène sur les coups de 18 heures 30, protégé du soleil par l'ombre d'un poteau, j'attend l'arrive de Gossip, le trio (augmenté pour le live) débarquant à l'heure pour asséner le public des ses rythmes disco rock issus de sa dernière galette. Le guitariste Brace Paine assure carrément, tout comme la très tatouée batteuse Hannah Billie, cette dernière se retrouvant en gros plan du dernier skud. Mais c'est bien sur Beth Ditto que tous les regards se portent, la chanteuse obèse dégageant une aura rarement vue ces dernières années dans le rock, quelque chose de mystique et de sexuel qui nous la rapproche de Janis Joplin par moments. En tout cas, concert impeccable, bien plus énergique qu'ä Montreux l'année dernière. les nouveaux titres sont rythmés, les classiques toujours grandioses et l'évolution mainstream du groupe est passée comme une lettre à la poste. Il faudra s'y faire, Gossip n'est plus un groupe garage.
 
 
 
 
Bon, il est temps d'aller assister au sacre de la petite Sophie Hunger sous le chapiteau, pas question de manquer ça. On le savait dès la première écoute de "Monday's Ghost", il était en train de se passer quelque chose de rare dans notre petit pays, une artiste d'envergure internationale était née, quelque part entre Joan Baez, Bob Dylan et quelques autres noms prestigieux, la petite Sophie venait titiller nos âmes avec une sensibilité imposant silence et respect. Et ça n'a pas manqué. Nous balançant la quasi intégralité de son album, la Zurichoise a juste commit le hold-up du festival, bouleversante de fragilité, passant du rire aux larmes avec un sens du drame épique, ce petit bout de femme, accompagnée d'un groupe désormais rodé, nous est littéralement passé dessus. Absolument grandiose.
 
 
 
 
21 heures, après avoir ramarquablement ignoré les anglais de Kaiser Chiefs, il est temps pour moi de retrouver au détour le rock indie de Peter Kernel. Découvert en chroniquant leur album pour Daily-Rock quelques mois plus tôt et totalement tombé sous leur charme de leurs influences Pixies-Sonic Youth, je les avais ratés au Romandie quelques temps plus tard. Autant vous dire que les voir ce soir était une priorité pour moi. Et les Tessinois n'ont pas démérité, bien au contraire, ils furent la soupape de sécurité alternative à cette journée pop mainstream. Semblant tout droit sortir du camping (Barbara, la grande bassiste étant pieds nus et en sous-vêtements), le quatuor a exécuté les titres de "How To Perform A Funeral" avec une décontraction et un dynamisme qui forçaient le respect, le public les applaudissant vivement entre chaque titre. On a même eu droit à quelques inédits. Chouette.
 
J'abandonne assez vite l'idée d'aller voir chanter Julien Doré sous le chapiteau, le festival s'étant juste planté en ayant plus que sous-estimé le capital sympathie du jeune gagnant de la Nouvelle Star, des centaines de personnes tentant, en vain, de pénétrer sous la tente. La grande scène aurait été plus adéquate, même si peut-être un peu violente pour le français. Serait peut-être temps de bouffer un truc et boire un peu avant le come-back tant redouté des has-beens...
 
 
 
 
Franchement, Placebo, j'étais pas convaincu, surtout après le concert merdique donné ici-même il y a deux ou trois ans. Mais bon, je savais qu'ils allaient pas bien du tout à l'époque. Depuis, ils ont viré leur batteur, l'ont remplacé par un gamin tatoué de 21 ans et ont sortit un "Battle For The Sun" plutôt énergique et revanchard. Ne restait plus qu'à confirmer la bonne forme du groupe sur scène. Et vous savez quoi?... Placebo a mit tout le monde d'accord. Tir de barrage immédiat, des sonorités dark dignes de leurs débuts et une avalanche de classiques épiques, hélas parfois coupés par les éternelles balades gothiques du groupe. Un petit accrochage verbal d'anthologie entre Brian Molko et des pogoteurs devant la scène, puis un retour aux affaires avec un final dignes des grands soirs. Ah, le batteur est juste une brute géniale. Bref, tout est pardonnée, merci les gars, vous êtes vraiment true.
 
 
 
 
Allez, il est pas loin de une heure du mat et White Lies joue sous le chapiteau. pas question de rater un concert new wave à Paléo, surtout que la moitié des festivaliers est rentré cuver son vin et qu'on peut aller tout devant pour découvrir les Londoniens qui nous ont bien fait tripper avec leur album depuis quelque mois. D'entrée, le son plein de White Lies nous fait penser à celui de Editors, sauf que la voix de leur chanteur, Harry McVeigh, bien que caverneuse comme celle de Tom Smith, est bien plus solennelle, transformant les futurs classiques en quelque chose d'assez pompeux. Des images de stadium rock me viennent à l'esprit et je m'inquiète du futur pour ce groupe prometteur, les imaginant devenir les nouveaux U2 ou pire encore, Coldplay. Sortant du chapiteau après un dernier rappel, je me pose sur un rebord près des stands pour attendre mon amie agata.
 
Pendant ce temps, la voix de Izia résonne du club tent à une vingtaine de mètres de moi. Putain, ça à l'air vâchement rock'n'roll la gamine à Higelin... je devrai peut-être aller jeter un coup d'oeil, histoire de dire que j'y étais... mais j'y vais pas. Quel con. Cette gamine est en train de jouer sa vie sur scène et moi je reste sur mon cul à écouter deux, trois, quatre chansons sans bouger mon gros cul. Finalement, je me lève, pour partir en direction de la sortie avec Agata. Ouais, je suis un peu fatigué.
 
 

BRUCE SPINGSTEEN & THE E STREET BAND LIVE AU STADE DE SUISSE

 
BRUCE SPINGSTEEN & THE E STREET BAND
LIVE AU STADE DE SUISSE, BERNE
 
 
 
 
C'était le premier juillet dernier dans la capitale Suisse. Je n'avais pas encore reprit mes chroniques sur mes blogs mais j'étais déjà avec ma copine, cette dernière m'ayant convié à l'accompagner pour assister à la venue du Boss dans notre pays. Une occasion qu'on ne rate pas quand on aime le rock.
 
Tandis que nous montions les escaliers pour rejoindre l'intérieur du stade, quelle ne fut pas notre surprise d'être accueilli par un accordeon jouant un morceau typiquement Suisse. Le temps de rejoindre les 40000 spectateurs pour nous diriger vers la pelouse, le E Street Band avait déjà entonné les premières notes du classique de 1978, "Badlands" donnant le feu vert à un marathon de près de 30 chansons durant pas loin de trois heures.
 
Affichant une mine des grands jours, Bruce Springsteen a été impérial tout le long de sa performance, souriant, hilare parfois, proche de ses musiciens et de son public, le faisant chanter ou l'haranguant, filant un de ses médiators à un gamin ravi (qui se souviendra longtemps de la complicité d'un instant avec cette légende vivante) ou allant piquer les panneaux en cartons du public par dizaines avant d'aller les poser sur scène afin de les trier pour choisir les titres à venir et ainsi pouvoir les présenter sur les écrans géants à la foule en délire (il fallait entendre les cris quand le carton de "The River" est apparu!.
 
Passant quatre décennies de répertoire en pas loin de 160 minutes de show total (le E Street Band étant quand même un musée du rock à lui tout seul), le Boss a été à la hauteur de sa réputation, comme on a pu l'entendre sur "The Rising", "Dancing In The Dark", "Born To Run", "Hungry Heart" ou encore le magnifique "Because The Night" (écrit par bruce pour Patti Smith)sur lequel s'est particulièrement impliqué son formidable guitariste, le grandiose Nils Lofrgren, ce dernier tournant sur lui-même dans un final épique, tandis que Bruce, ce dernier s'étant mit en retrait de la scène volontairement, jouissait du spectacle avec nous.
 
C'est là aussi que l'on reconnait la grandeur des hommes, quand celui en position de force s'efface complètement afin de laisser briller l'autre. A ce délicat exercice, le Boss a été exemplaire, s'effaçant totalement devant son saxophoniste Clarence Clemons, ce dernier recevant une ovation digne d'un dieu du stade, le public n'ignorant rien de ses graves problèmes de santé et du caractère quasi miraculeux de sa présence sur scène. Même chose pour le guitariste Steven Van Zandt qui reçoit lui aussi son lot d'applaudissements nourris, autant pour sa participation active sur scène que pour son rôle récurent mythique dans la série The Sopranos.
 
Chantre de la classe ouvrière, ami des travailleurs et des petites gens dont il fait partie à sa manière, Springsteen n'a pas manqué de leur adresser quelques titres bien sentis et d'une résonnance particulière en ces temps de crise économique, à l'image du vieux standard "Hard Times Come Again No More" écrit il y a plus de 150 ans. Il n'en a pas néanmoins oublié de promouvoir son nouvel effort studion, "Working On A Dream", en jouant le titre éponyme ainsi que "Outlew Pete"
 
Le concert arrivant à sa fin, la fine équipe décide de reprendre le "Rockin All Over The World" de Status Quo, enflammant le stade de Suisse une ultime fois, laissant les 40000 spectateurs le souffle coupé et ivres de bonheur. Ce soir, une fois de plus, le Boss a nourri les coeurs et les âmes de ses disciples. Hallelujah.
 
 
 
 
 

JACNO R.I.P.

J   A   C   N   O
 
Le musicien Denis Quillard dit Jacno, le 16 juin 2006 dans l'émission «Campus», sur France 2
 
 
 
Jacno est mort. Il avait 52 ans et toute
sa classe.  Peu de gens savent qui était
cet homme à la beauté fulgurante et à la
clope constamment vissée aux lèvres.
 
 
Pionier du punk français avec la sublime
Elli Medeiros,  il fonde en sa compagnie
les Stinky Toys en 1976. Mais c'est avec
son album solo, "Rectangle" qu'il rentre
dans l'histoire du rock français pour de
bon, cette oeuvre  influençant toute une
génération de musiciens électroniques de
par son originalité folle pour l'époque.
On le retrouvera vite en compagnie de sa
compagne pour le duo Elli & Jacno.
 
 
Producteur émérite pour Daniel Darc, Lio,
Jacques Higelin ou Etienne Daho,  pour ne
 citer que les plus connus, Jacno continue
à sortir des albums d'esthéte,  se payant
quelques duos fameux comme un avec Romane
Bohringer, un autre avec Helena Noguerra,
ainsi que Mareva Galanter.
 
Ayant succombé à son addiction de clopes,
Jacno  laissera l'image d'un artiste rare
et élégant proche en bien des points d'un
autre dandy du rock nommé David Bowie.
  
 
 
11月6日

THE RAVEONETTES "IN AND OUT OF CONTROL"

 

The Raveonettes

In And Out Of Control

Fierce Panda

 

 


 

Retour toujours aussi rapide de notre duo rock garage danois préféré avec ce nouveau skud, qui suit le précédent de deux ans, comme à l'habitude depuis « Chain Gang Of Love ». Mais à la différence de leur dernière production, le mortellement vénéneux « Lust Lust Lust », Sune Rose Wagner et Sharin Foo ont, cette fois, remisé les guitares saturées et la la lourdeur de plomb pour revenir à des ambiances beaucoup plus douces et aériennes, retrouvant leurs influences Everly Brothers pour nous enchanter de leurs pop songs légèrement acidulées. Dès « Bang! », on retrouve tout un univers sixties propre au duo, ce dernier, redevenant parfois moderne mais avec parcimonie, retrouvant sa verve avec des titres tels que « Heart Of Stone ou « Breaking Into Cars » Miracle de groupe.

(cet article sera publié dans le numéro de décembre de daily-rock) 

www.theraveonettes.com

 

THE BLACK HEART PROCESSION "SIX"

 

The Black Heart Procession

Six

Temporary Residence

 

 


Groupe de San Francisco apparu après le sabordage de Three Mile Pilot, The Black Heart Procession n'en est pas à son premier essai, comme l'indique le titre de son dernier opus. Pratiquant une forme de rock relativement sombre et aux ambiances parfois assez pesantes (rappelant à l'occasion Nick Cave et ses mauvaises graines), cette formation à géométrie variable (s'articulant autour de Pall Jenkins et Tobias Nathaniel), sonne comme le croisement parfait entre les ambitions alternatives de Grand Archives et la volonté grand public actuelle des Kings Of Leon, tout en gardant une ligne directrice des plus sobres. Groupe atmosphérique s'il en est, The Black Heart procession ne démérite pas tout au long de ces treize nouvelles compositions et creuse son sillon à l'abri de la hype.

(cet article sera publié dans le numéro de décembre de daily-rock)

www.theblackheartprocession.com



MARTYN BATES "MYSTERY SEAS (LETTERS WRITTEN 2)

 

Martyn Bates

Mystery Seas (letters written 2)

Shayo

 

 


 

Hasard des rééditions, on retrouve la trace du très culte Martyn Bates, collaborateur de l'icône new wave Anne Clark en 1992 mais surtout membre fondateur d'un des groupes expérimentaux les plus passionnants des années 80: Eyeless In Gaza. Pour en revenir à ce « Mystery Seas », il s'agit d'une réedition de réédition car déjà en 1995, ce disque n'était que la version augmentée d'un travail inachevé commencé en 1982. Et quel travail! Extrêmement personnel au niveau des textes, pratiquement enregistré seul avec l'accompagnement d'un orgue et d'un melodion, cet album atteint des altitudes inouïes au niveau du ressenti de l'auditeur. C'est bien simple, votre serviteur a passé ce disque à la fin d'une soirée vers cinq heures du matin et les quelques personnes présentes étaient subjuguées par la puissance de la chose. A se procurer d'urgence, donc.

(cet article sera publié dans le numéro de décembre de daily-rock)

www.eyelessingaza.com