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2月22日 BAUDELAIRE
LA MORT DES AMANTS
Nous aurons des lits plein d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.
Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs troubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.
Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;
Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.
2月13日 sean lennon live aux docks
Difficile de parler d'un concert trois semaines plus tard, mais je vais essayer quand même car c'était vraiment très cool.
Tout a commencé en début de soirée. J'avais rendez-vous avec Sandra, la copine d'Olivier qui bosse aux Docks et nous devions nous rendre ensemble à la salle. Elle m'accueille avec des bières à la main et nous partons ainsi en direction de la fameuse salle qui fait couler tant d'encre ces derniers mois.
Arrivés là-bas, on se rend compte que ce n'est pas encore ouvert. Sandran traîne un peu autour du tour bus dans l'espoir d'appercevoir Sean Lennon, mais en vain, nous n'auront droit qu'à un type avec un châpeau que nous reconnaitrons arbitrairement et immédiatement en tant que bassiste, la suite nous donnant raison. Bon, on va boire un verre dans un bar juste devant.
Plus tard, enfin réunis tous les trois, nous assistons à l'arrivée du groupe sur scène. Sean est habillé en costard cravate avec un chapeau qui lui donne un look très britanique. Il ne cessera de nous parler dans un français pas si mauvais que ça entre les chansons, égrennant les perles pop de "Friendly Fire", son dernier opus, dont la sublime "Dead Meat" qui lui vaudra une ovation délirante. On est frappés par la justesse de sa voix et la qualité de l'ensemble, la coordination avec son groupe qui semble totale, comme si on avait affaire à un vieux groupe bien rodé. Il me semble reconnaître quelques titres de "Into the Sun", son premier album de 1999, mais je n'en suis pas certain.
Avec une certaine désinvolture, on rate volontairement quelques chansons, dont la fin du concert, pour aller fumer des clopes au bar, la salle étant interdite pour cet exercice durant le concert, à la grande surprise du principal intéressé qui s'en étonnera vivement sur scène, nous repprochant presque de ne pas allumer quelques cigarettes pour l'ambiance du concert. On apprendra le fin mot de l'histoire bien plus tard, en voyant passet son manager devant nous pour compter la thune du merchandising et remarquant nos tiges allumées dire d'un ton pince sans-rire. "Cet endroit n'est pas supposé être non fumeur?!!"
Sale fils de pute...
Fais gaffe, Sean, ce mec va t'entuber sur le long terme! Il ne te dit déjà pas toute la vérité, alors imagine pour le reste... Sinon, un super concert, vraiment.
2月11日 B L O C P A R T Y

On s'en doutait déjà un peu avec leur magnifique premier album ("Silent Alarm", fantastique échappée belle et fuite en avant débordant de tubes qu'il faudra près d'une dizaine de clips pour en faire le tour) et "A Weekend In The City" vient le confirmer; les membres de Bloc Party sont des écorchés vifs qui en ont chié durant leur enfance et leur adolescence, et Londres en prend plein la gueule, pour une fois. Groupe sans charisme, mais tellement proche de nous (à l'image de Radiohead), Bloc Party évite la redite du tube immédiat, privilégiant une pop schizo qui magnifie la troublante voix de son chanteur Kele Okereke, à l'image de l'intro de "Song For Clay" et surtout de "The Prayer", sorte de trip halluciné dont le clip est bien à la hauteur du malaise ambiant. mai le groupe n'en oublie pas pour autant de faire rugir les guitares, comme c'est le cas sur "Uniform" qui promet un grand moment sur scène. Au niveau des textes, Kele fait très fort dans le grand écart, la nostalgie et l'amertume laissant place à un constat de société des plus accablants, pour Londres en particulier ("East London is a vampire, it sucks the joy right out of me. How we longed for corruption in these golden years" dans "Song For Clay"); ville terne et oppressante, elle aura servi d'exutoire artistique aux quatre amis, brimés par plus forts qu'eux durant leur jeunesse. Et ça s'entend, la colère transpire de tout ce putain d'album qui réussit pourtant l'exploit d'être supérieur à "Silent Alarm" finalement oeuvre de jeunesse un peu maladroite et trop téléphonée. Ce qui revient à dire que ce nouvel opus ne connaîtra probablement pas le même succès que le premier, risquant d'être enterré assez vite par les autres sorties plus festives de la concurence. Qu'importe, Bloc Party, à l'instar de Blur il y a quelques années, navigue désormais à d'autres altitudes que ses contemporains. DAVID BOWIE
S'il y en a bien un qui a encore la classe en 2007, c'est lui. Alors que d'autres auraient rameuté les journalistes et monté un show évenementiel (ce qu'il a fait pour ses 50 ans, certes, mais il ne faut pas déconner non plus et c'était génial), histoire de prouver au monde qu'on n'est pas fini à soixante ans, David Bowie, lui, légèrement exédé par cet anniversaire, à fait savoir, via son management, qu'il n'était pas d'humeur festive. La classe, définitivement la classe. Car, soyons réalistes, qui oserait encore, à ce niveau de reconnaissance, cracher sur une couverture mondiale? On parle là de centaines de magazines et journaux, d'émissions de télé et de radio, bref, de toute une logistique de promotion mondiale, balancée à la poubelle (genre, si vous voulez en parler, faites-le, mais David s'en fiche et ne participera pas) juste parce que le principal intéressé, ne trouve pas ça génial d'avoir soixante ans (et on le comprend, c'est le début du naufrage physique). C'est vraiment là, qu'on aurait envie de partager un verre avec cet homme d'exception et de parler de tout, sauf de lui.
Alors voilà, la presse, un peu paumée, brode sur les soixante ans du Thin White Duke, mais ce dernier n'en a rien à faire, bien trop occupé à mettre en boite son prochain album pour l'été 2007, date des véritables célébrations, qu'il se gardera bien de provoquer, laissant ce soin à ses fans dévoués qui ne manqueront pas de le lui rappeler par des banderoles et autres bouquets de fleurs lors de ses apparitions. Il est à parier que notre homme saura trouver les mots justes entre les chansons pour faire un sort à cet anniversaire, son flegme britanique et son humour d'éternel dandy arrivant à résumer une humeur avec une rare économie de paroles. En attendant ces quelques mois interminables qui verront son retour, il n'y a qu'une chose à dire, même si ça risque encore de l'énerver:
HAPPY BIRTHDAY DAVID!
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