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    April 27

    soirée saïko records au romandie

    soirée
    Saïko
    Records
    au Romandie
     
     
     
     
     
     
    Il est 21 heures trente quand je rejoins mon ami devant l'entrée du Romandie. On prend deux entrées pour la soirée à un prix incroyablement bas, ce qui va attirer, mais nous ne le savons pas encore, bon nombre de fêtards totalement étrangers à l'affiche de ce soir.
    Descendant les escaliers, je constate que nous sommes bien en avance, la salle étant pratiquement vite à l'exception d'une dizaine de personnes au bar. On en profite pour boire un verre et discuter un peu des groupes qui vont jouer, m'appercevant, mais un peu tard que les membres de Beautiful Leopard boivent une bière juste à côté de nous, se préparant à monter leur stand avec les disques du label Saïko. Je devrai leur dire un mot, mais je suis tellement fatigué que je n'en ai pas la force. et puis, pour leur dire quoi? Hello, je suis le mec de daily-rock qui vous a interviewé par mail! Non, pas la peine de les ennuyer avec ça. Je n'arrive déjà pas à expliquer leur musique à mon pote.
     
     
     
    kassette
     
     
     
    La salle se remplie rapidement et, vers 22 heures, la belle Laure Betris, ancienne guitariste de Skirt, plus connue sous le nom de Kassette, arrive sur scène, accompagnée de des musiciens. Croisement physique entre PJ Harvey et Melissa Auf Der Mauer, Laure possède une voix folk douce amère qui balance entre laura Veirs et Valérie Leulliot de Autour de Lucie. Une belle voix qui illumine les chansons de son album "Chambre 4" interprétées ce soir. Hélas pour nous qui sommes venus l'écouter, une partie importante du public n'en a que faire, n'étant là que pour boire et discuter à moindre frais. En effet, le moindre coût des consommations et le prix forfaitaire de l'entrée font du Romandie un endroit idéal pour se divertir sans trop dépenser, et ceux qui y viennent dans ce but n'ont que faire d'artistes inconnus chantant des chansons glauques. Voilà où nous en sommes en 2008. Alors que Kassette interprète "Lila", des gens rient à gorge déployée en tournant le dos à la scène ou en balançant des textos à deux mètres des artistes, ne leur prêtant aucune attention. "Betty" capte un peu plus l'attention mais celà ne dure qu'un temps, les chansons subtiles de Kassette se perdant au milieu d'une foule peu concernée. Un très beau concert néanmoins et qui m'aura donné envie de ressortir l'album pour l'écouter le lendemain. Une question restera néanmoins sans réponse, la jeune fille au piano faisait-elle aussi partie de Skirt?
     
     
    beautiful leopard
     
     
     
    Le temps de prende un autre verre et d'aller se poser sur les escaliers du Romandie et c'est au tour de Beautiful Leopard d'investir la petite scène, les cinq garçons étant quelque peu serrés sur scène, le clavier prennant pas mal de place. Leur nouvel album, "Sometimes It Doesn't Work" étant un bijou de dark pop, je me réjouis d'en entendre de larges extraits live. Et je ne vais pas être déçu, la mélodie de "A First Sight" m'emportant loin. Il y aura également "Gibraltar" et "Long Cold Winter" je crois. Histoire de réveiller la salle, le groupe balance le titre éponyme de l'album avec un final tonitruant. En fin de concert, ce sera le bouleversant "Take care/over" qui me fera fermer les yeux, imaginant la trompette de l'enregistrement studio. En voyant le groupe sur scène, je me dit: voilà des gens sensibles et timides qui jouent de la musique devant un public insensible et indifférent, riant et parlant fort, une bière à la main, dont les préocupations sont matérielles, personnelles mais jamais musicales et rarement artistiques.  
     
    Croisant des jeunes gens ignobles, je peine à reconnaître la clientèle du Romandie et vais à nouveau me réfugier dans les escalier, passant devant le stand Saïko, déserté, alors que la foule se tient à moins de deux mètres de là... Je devrais y aller par solidarité... mais je n'en ai pas la force ni le courage.
     
     
    to the vanishing point
     
     
     
    Il est passé minuit quand To The Vanishing Point débarque sur la scène. "The Worst Day Of my Life" résonne dans le Romandie mais la salle s'est déjà bien vidée de son people, partit faire la fête ailleurs. A un moment derrière moi, une petite conne, à peine en âge de se prostituer pour payer ses notes de portable demande pourquoi il n'y a pas de paroles sur une chanson... s'exclamant comme une débile dès que Jeff ouvre la bouche. Au bout de quelques titres, le public décide de ne plus applaudir... ce qui oblige le groupe à balancer cette tuerie qu'est le dyptique "Watch The Planes.../... Cut Through The Grey Sky", une bombe qui réveille quelque peu les survivants de leur léthargie, mais pas pour longtemps, le groupe terminant le concert dans une indifférence confondante, une bande de gens faisant un toast tonitruant au milieu de l'une de leurs chansons un peu plus calmes. Devant moi, ce n'est pas mieux, une vieille peau se balançant au cou de son mec en menaçant de me renverser sa bière sur le visage à n'importe quel moment, m'obligeant à le lui retirer de la main avant le drame. Elle finira par s'encoubler, me tombant dessus, la jetant dans les bras de son copain avant de m'en aller, le concert s'étant terminé dans une ambiance gênée de merde.
     
    Sortant du Romandie j'en cause deux minutes avec Chris Wicky de Favez qui ne trouve rien de mieux à me répondre que je devrais me laisser pousser la barbe... Bon... ben content de t'avoir vu aussi. Pour dire le fond de ma pensée, ce soir, j'ai eu honte d'habiter à Lausanne rock city! Comment peut-on ignorer un label comme Saïko de la sorte? Je me demande parfois si ça vaut encore la peine de se battre pour des artistes qui ne vivront jamais de leur musique... quand Laure de Kassette a dédié une chanson à son label chéri, personne ou presque n'a applaudit, ça laisse songeur.
     
    Drôle de soirée...
    J'écoute "The Tide" de To The Vanishing Point en terminant cette chronique et je suis bouleversé par la magnifique beauté de ce groupe, ainsi que des deux autres. Et je crache sur ce monde cynique qui ne mérite pas une musique aussi pure, lui déniant jusqu'à son droit le plus élémentaire, pouvoir se faire entendre par le plus grand nombre.
    April 24

    mindless self indulgence

    mindless self indulgence
    punk rock digeste?
     
     
     
     
     
    Les New Yorkais de Mindless Self Indulgence (MSI pour les intimes) me sont apparus grace à une amie et par la vision de l'un de leurs clips ("Shut Me Up")pour le moins accrocheur et relativement drôle (un vendeur de super marché pêtant les plombs en bastonnant ses clients les uns après les autres, les envoyant en orbite à la manière de l'incroyable Hulk).
     
    Je n'avais jamais entendu parler de ce groupe auparavant.
     
    Une petite recherche sur internet m'apprendra qu'ils existent depuis... 1995! Une flopée d'albums durant ces treize années, dont un dernier, sobrement intitulé "If" paru en 2008. Etrange tout ça, un groupe de punk rock US avec des chansons aussi tubesques et un look aussi voyant qui demeure confidentiel pour le reste du monde...  
     
    Mais surtout, au delà du look discutable de cette bande de vieux jeunes, leur musique (mélange de punk rock avec de l'indus et de l'electro) semble moins frelatée que celle des actuels groupes de rock américain. Mieux, les textes sont bien rentre dedans et parlent plus volontier de sexe et de drogues que d'amourettes à l'eau de rose comme la plupart des formations dominantes du marché contrôlé par MTV.
     
    Encore mieux, leurs concerts sont de véritables punk acts (rasage de membres du public en échange de merchandising gratuit, destruction de matériel, roulage de pelles,etc.)ou l'hystérie du public ne doit rien à des adolescentes décérébrée désireuses de se faire dépuceler par un membre du groupe, parfait mélange garçons-filles échappant à la récupération ado des magazines pour jeunes.
     
    Un groupe américain valable qui joue des trucs comme "Stupid Motherfucker"... Ca faisait longtemps! 

    Constitué du chanteur et programmeur Little Jimmy Urine, de Steve, Righ? (génial ce nom!) à la guitare, de Kitty à la batterie et surtout (ma préférée, tellement elle assure) de Lyn Z à la basse, cette dernière réusissant à jouer en se penchant en arrière jusqu'à frôler le sol avec son crâne, MSI constitue une alternative rafraîchissante à toute cette merde supposée rock venant des Etats-unis depuis quelques années.

    A suivre de près. 

    April 18

    dave stevens 1955-2008

    DAVE STEVENS
     
     
     
     
    1955-2008
     
     
     
     
     
    Merci Dave, pour nous
    avoir fait rêver avec
    toute ces couvertures
    de comic-books dignes
    des années folles. Et
    encore bravo pour les
    aventures de ce gamin
    amoureux de sa pin-up
    et traversant le ciel
    à l'aide de roquettes
      attachées dans le dos. 
     
     
     
    R.I.P.
    April 14

    nada surf, l'interview exclusive en intégrale

    N A D A   S U R F

     

     

     

    Cinquième album pour le trio pop-rock américain à fleur de peaux et visiblement fier de ses nouvelles chansons, prêt à les défendre le soir même, mais pas avant une interview amicale et bilingue avec votre serviteur. Devant le dictaphone noir, Ira et Matthew, respectivement batteur et chanteur-guitariste.

     

     

     

     

     

    Ira, qu’advient-il de toi lors de la  promo dans les pays francophones, sachant que Matthew et Daniel parlent français et pas toi ?

    Ira : Je regarde le plafond et je m’ennuie ! (rires) Non. Déjà nous ne les faisons presque jamais à trois. Daniel par exemple était seul à la radio aujourd’hui. A la télé ce n’est pas la même chose, ça va vite, mais pour la presse cela  n’aurait pas de sens car nous dirions les trois la même chose. Je sais exactement ce que les deux autres pensent et je suis du même avis qu’eux.

     

    Mais revenons à toi, le batteur, qui comme la plupart des batteurs est la personne la plus difficile à interviewer, inaccessible et gardant généralement son avis pour lui.

    Je ne suis pas la personne la plus facile à interviewer et il n’y a pas tant de questions à poser en fin de compte. Je préfère répondre à des interviews d’amateurs ou de fanzines car je les sens plus concernés par le groupe ou sa musique, ce n’est pas juste pour remplir du papier (s’ensuit une digression sur sa moustache et celle de Nick Cave puis la présentation du dernier numéro de daily-rock qui semble le passionner vu qu’il en fera la promo appuyée à l’arrivée de Matthew quelques minutes plus tard, finissant par le feuilleter en long et en large durant l’interview).

     

    Votre cinquième album s’appelle « Lucky », vous êtes là depuis douze ans déjà, comment vous sentez-vous en ce moment ? 

    C’est dingue, ça parait presque impossible…

     

    Nada Surf a été targeté d’office avec le tube « Popular » par  MTV. Quel étaient vos ambitions à cette époque, les mêmes qu’aujourd’hui ?

    Je crois que nous avons toujours été le même groupe, nous n’avons pas vraiment changé en tant qu’individus. Tout ce que nous avons jamais désiré c’est que nous sommes maintenant, un groupe de rock indie. Etre sur une major était étrange, nous n’avons jamais discuté de notre image car c’étaient nos chansons, nos vidéos étaient notre image, nous on voulait juste faire de la musique. Nous sommes restés accrochés à cette chanson durant les deux premiers albums et tout a redémarré pour nous avec « Let Go », un nouveau départ pour le groupe, une sorte de renaissance.

     

    « The Proximity Effect », votre deuxième album, était gorgé de tubes en puissance, chaque titre était un single potentiel

    J’en suis très fier, je pense que c’est un très bon disque, mais la maison de disques n’était pas intéressée, ils n’y entendaient rien. (arrivée de Matthew)

     

    On parlait du malentendu entre Nada Surf, MTV et votre maison de disques, Elektra à l’époque, qui ne comprenait pas ce que vous faisiez, ainsi que de vos objectifs du début en tant que groupe. Il me semble que la qualité d’écriture était déjà là mais qu’il fallait simplement que ça se mette en branle.

    Matthew : Ouais, on avait les mêmes objectifs et je crois qu’ils n’ont pas changé. On voulait être sur un bon label indépendant  et monter doucement pour s’installer durablement. On s’est retrouvés dans un contexte un peu différent. Peut-être qu’on n’avait pas la conscience de faire notre truc ou même de trouver ce que c’était. On essayait de sonner comme Sonic Youth et Pavement.

     

    On a sentit comme un boycott du groupe après le deuxième album, les clips ne passaient plus, les radios ne vous diffusaient plus…

    Il y a eu trois années ou on n’avait pas de soutien. « The Proximity Effect » fut retiré des bacs deux mois après sa sortie parce qu’on était dans un milieu ou ils cherchaient le carton facile et garantit alors que nous, c’était un petit peu un accident, un joli mais un accident quand même.

     

    C’est un peu ce qui est arrivé avec Radiohead (il acquiesce) Tu penses que c’est avec « Always love » que Nada Surf s’est débarrassé de l’étiquette one hit wonder band ?

    Oui, à un certain niveau elle a eu plus de succès que « Popular », on peut le constater sur Itunes par exemple. Même si cette question de succès n’a jamais eu d’importance pour nous, et ça depuis le début.

    Ira : Pour moi, nous avons dépassé le succès de « Popular » avec l’album « Let Go », c’est clairement ce qui nous a permit d’avancer et de ne plus nous préoccuper du passé. On savait qu’on faisait des trucs de qualité et que ça finirait par payer un jour ou l’autre, on n’en a jamais douté.

    Matthew : Et puis quand tu vois que tous les musiciens que tu rencontres te respectent, tu sais que tu es sur la bonne voie, qu’importe le succès populaire.

     

    Cet album est rempli de chansons bouleversantes, était-ce intentionnel de votre part ?

    Matthew : Non... non,  c’est simplement… la manière dont j’écris en fait. C’est que… dans la vie personnelle je n’aime pas le drame, mais il y en a quand même, donc c’est une sorte d’exorcisme ou je me débarrasse… parce que je ne suis pas équipé pour me souvenir de ces choses-là. C’est ma manière de me donner la force de traverser ces expériences, de les rendre supportables.

     

    En tout cas les critiques ne s’y sont pas trompées car elles ont été très élogieuses pour cet album.

    Ira : Je n’ai pas été surpris. Le groupe tendait à ça, nous étions obligés de nous surpasser pour ne pas disparaître, faire un grand disque et montrer ce dont nous étions capables. Les retours ont été excellents et sans fausse modestie cela ne m’a pas surprit outre mesure. 

     

    Les textes de « Lucky » semblent encore plus introspectifs et personnels, était-ce le bon moment après douze ans de Nada Surf pour se rapprocher autant de ses auditeurs ? Parce qu’en général c’est l’inverse, les groupes se referment sur eux-mêmes avec les années, ils se carapacent…

    Matthew : Ah oui… Je ne sais pas… peut-être… C’est intéressant (il l’explique à Ira  en anglais).

    Ira : Oui, j’aime ça, j’espère que c’est ce que nous faisons. En devenant plus âgé, on se met plus sur la défensive, ce qui est naturel, mais j’aime penser que nous ne rentrons pas dans ce schéma et que nous restons ouverts d’un point de vue émotionnel. Je n’arrive pas à trouver d’exemple là mais tu as probablement raison.

     

    C’est une façon très folk de faire de la musique, non ?

    C’est une façon très musicale. Il n’y a qu’une façon de faire de la musique, c’est d’être musical, aller direct dans les émotions et rester moderne car les émotions sont l’essence de la modernité. C’est pour cette raison je crois que les gens restent connectés avec les disques, car ça les touche directement ; d’un point de vue émotionnel, il n’y a pas plus efficace que la musique. Je ne m’étais jamais demandé avant ce qui faisait que les gens aimaient nos disques, mais je crois aujourd’hui que c’est parce qu’ils sont honnêtes et ne trichent pas avec les sentiments et les situations abordées au travers des chansons qui les composent.

     

    Sur l’édition limitée de « Lucky » il y a un cd bonus avec quelques titres acoustiques, alors ma question stupide est la suivante : pouvons-nous espérer un de ces jours un album acoustique de Nada Surf ?

    Ira : Ouais ! Eh bien… évidemment… tu sais…

    Matthew : Nous ferons ça un jour c’est probable, pour l’instant on se contente d’en mettre une ou deux sur le singles parce que ce serait ennuyeux de concevoir tout un album comme ça.

    Ira : Mais on peut le faire ! Et sans que ça soit ennuyeux ou tranquille.

    Matthew : On pourrait effectivement le faire sans que ça soit forcément tranquille, ça pourrait même être énergique. Le fait de ne pas avoir d’amplificateur sur la batterie changerait déjà tout. Ca me plairait bien. Si on faisait un disque de cette façon, déjà ça ne sonnerait pas comme un « unplugged » mais ça serait une belle parenthèse.

     

    Que pensez-vous du concept de VH1, « Storyteller » ou des artistes parlent de leurs chansons avant de les jouer en acoustique ?

    J’aime beaucoup, celle avec Johnny Cash était fantastique. Mais en ce qui me concerne, je serai bien incapable de parler de mes chansons. Déjà dans les interviews, quand on me demande solennellement comment je vais ou comment je me sens, j’ai du mal à répondre…  et souvent l’interview part en sucette car la suite est téléphonée, on a rien à se dire si ce n’est la signification des paroles, le rock’ n’roll et tous ces trucs que je vis jour après jour sans vouloir à tout prix les analyser. Je fais comme si de rien n’était et j’attends que ça se termine. On m’a posé toutes les questions métaphysiques qu’il est possible de poser, on m’a demandé ce que voulait dire avec mes métaphores alors que le principe même des chansons rock  ou des chansons d’amour est de s’exprimer par métaphores. Parce que si tu ne les utilises pas, il ne te reste pas grand-chose à dire. Grosso modo, tu peux parler de sujets suivants : un garçon veut une fille, une fille veut un garçon. Un garçon quitte une fille, une fille quitte un garçon. Qui suis-je, qu’est-ce que je fais là ? Je suis fatigué, j’aimerai avoir plus d’énergie.  J’ai trop d’énergie, j’aimerai être plus calme. Avec ça, tu peux écrire toute les chansons qui existent !

     

    Nada Surf ne serait pas un groupe crypté alors ?

    Je fais en sorte que nous le soyons, c’est à ça que les métaphores servent, à  nous emporter dans un autre monde où on peut rêver ou être étrange, bref être différent. Car dans la vie, tout ce qu’on doit faire c’est bien manger, bien boire, s’entretenir physiquement, s’occuper de sa famille, travailler tous les jours… alors que nous avons tous des problèmes plus ou moins importants, des phobies, des maladies, des handicaps, des mauvaises nouvelles, des déceptions quotidiennes.

     

    Etes-vous ennuyés par l’attention mal placée que certains journalistes, qui croient vous connaître, nourrissent à votre égard ?

    Je sens tout de suite. Là, je te le dis, j’aime cette interview, je la sens bien, mais il y a effectivement des gens qui recherchent certaines réponses.

    Ira : Tu te rappelles Matthew de cette méchante fille à Moscou  qui croyait savoir mieux  que nous ce que nous ressentions ?

    Matthew : Ouais, ouais, ouais…

    -         « Popular » vous obsède, n’est-ce pas ?

    -         Non, c’est cool.

    -         Mais ça vous obsède d’êtres connus que pour ça ?

          -    On n’est pas connus que pour ça.

          -    Mais ça ne vous rend pas fou ?!

          -    Ok… (rires)

    Le truc, c’est que comme je suis une personne ouverte, je me retrouve coincée parfois dans des discussions qui ne vont nulle part et parfois les gens ont une perception tellement personnelle d’une chanson ou d’une situation que je ne suis pas capable de les convaincre d’une autre lecture.

    Ira : Il y a aussi le fait que certaines personnes ramènent tout à elles et que quand une chanson se rapproche de leurs préoccupations personnelles elles ont tendance à se convaincre qu’elle ne s’adresse qu’à elle alors que le principe même d’une chanson et de s’adresser au plus grand nombre et en tout cas pas à une seule personne.

     

    Il y a plusieurs chansons positives dans « Lucky » et il m’a semblé qu’elles étaient plus joyeuses que précédemment…

    Matthew : C’est jamais exprès…

    Ira : On a toujours essayé de faire des chansons positives, même des chansons lentes et tristes, je pense à « Killian’s Red » notamment.

     

    Mais ces nouvelles chansons sont plus directes, il n’y a pas de métaphores à l’intérieur, c’est juste frais et positif.

    Matthew : C’est vrai, et pourtant on a toujours essayé de faire ça, c’est même la direction de base de tout ce que nous faisons… c’est une bonne chose. Toutes les émotions véhiculées par le rock me font du bien, quelles qu’elles soient. Même les genres un peu extrêmes comme le death métal ou la musique goth qui célèbrent le côté sombre de la vie me parlent à condition que cela soit fait avec honnêteté, comme dans le folk.

     

    Vous aimez Bob Dylan ?

    Ira : Yeah ! Je crois qu’on l’aime tous. Cette façon de nous révéler tous les détails du monde comme si nous étions en prison, ça n’appartient qu’à lui. Il a ce truc qui fait qu’on croit en lui sans douter. Et sans jamais parler de lui. Il a clairement inventé un style une façon de raconter des histoires et de parler aux gens, à travers la poésie et l’expression moderne. Il n’y a qu’à voir comment il a été copié par des gens comme Donovan par exemple, qui n’était qu’un perroquet, comme on le voit dans le film « Dont’Look Back », il n’a rien à dire, on le met dans une pièce avec Dylan et on l’oublie après cinq minutes, Dylan se moque de lui gentiment. (rires)

     

    S’ensuit une discussion sur la nouvelle édition du film avec Ira puis Matthew, intrigué par la biographie des Manic Street Preachers dans le dernier daily Rock, me demande quel album il doit acheter. On finit par parler de la disparition de Richey James et je les quitte enfin, les laissant se préparer pour le concert de ce soir au Métropole de Lausanne. Une belle rencontre, mais dieu que mon anglais était atroce…

      

     

    April 13

    mike patton " a perfect place" soundtrack

    MIKE PATTON
    "A PERFECT PLACE"
    SOUNDTRACK
     
     
     
     
     
     
    "A Perfect Place" est d'abord un court-métrage de Derrick Scocchera, un petit film en noir et blanc (d'ailleurs inclu dans le package!) qui voit une soirée poker se terminer en drame, l'un des trois joueurs explosant une guitare sur la tête d'un adversaire, le tuant sur le coup. La suite va nous montrer comment les deux pieds niquelés vont tenter de se débarasser du corps encombrant...
     
    Mike Patton,(Faith No More, Fantomas, Mr Bungle, Peeping Tom et j'en passe...)est donc celui qui met en musique cette aventure nocturne, squatant les postes de radios et les scènes nocturnes de sa patte de gentleman killer. Au final, on se croirait dans un heureux croisement des bandes originales des films de Tim Burton et de Quentin Tarantino, ce qui n'est pas rien, Patton sublimant sa commande en créant, entre autres merveilles, un titre éponyme qui n'aurait pas démérité dans une longue production.
     
    Présenté dans un beau double packaging pas cher, "A Perfect Place" est de ces petits bijoux ludiques dont on ne se lasse pas.  

    sun kil moon "april"

    SUN KIL MOON
    "APRIL"
     
     
     
     
     
     
    Sun Kil Moon, ce sont les défuntsRed House Painters, qui eux-mêmes se résument à leur leader Mark Kozelek. Groupe de San Francisco, cette nouvelle incarnation  de l'esprit torturé de Kozelek distille déjà trois albums une musique intense qui touche à la fois au blues, au folk-rock, à la country, mais encore à la cold wave et à tout ce qui peut créer des ambiances lourdes et pesantes. Il est beaucoup question de perte, d'abandon et de tristesse dans cette musique et le nouvel album, "April", de Sun Kil Moon ne déroge pas à la rêgle, même si on y trouve une certaine forme d'appaisement.
    Les influences sont bien évidemment sombres, on pense aux vieux enregistrements de Neil Young et à certaines formations dark folk pus actuelles, mais au final, seul subsiste cette voix intemporelle qui chante de façon tremblante, belle comme une complainte.
     
     

    nine inch nails "ghosts I-IV"

    NINE INCH NAILS
     
    "GHOSTS I-IV"
     
     
     
     
     
    Libéré de sa maison de disques historique, Trent Reznor revient un an à peine après le revigorant "Year Zero" et quelques mois seulement après le pendant remixes de ce dernier. Cette fois, l'idée est de brouiller les pistes en affirmant sa liberté artistique.
     
    Double album de plages instrumentales, d'abord ambient, ensuite carrément indus avant de se calmer pour repartir à nouveau,et ce tout le long de ces deux heures de musique, ce "halo 26" réussit l'exploit de dérouter longtemps avant de se révêler à l'auditeur, les tics musicaux de nin perçant au travers des nappes d'ambiances, rappelant l'oeuvre passée à la moulinette de véléités plus descriptives, chaque morceau étant supposé illustrer un lieu bien défini. A ce propos, on conseillera vivement d'aller à la chasse aux images de travail disséminées sur le net et disponibles dans les versions ultra collector de "Ghosts I-IV", la simple version de base étant, je le rappelle, téléchargeable gratuitement.  
     
    Disque à part dans la discographie de nin et, qui plus est, appelé à connaître des suites, "Ghosts I-IV" échappe de par sa nature autre à toute critique musicale pour se laisser apprécier sur le long terme ou même selon l'état d'esprit et le moment de son écoute. Une sorte de disque unique en son genre en somme. Pour l'instant...
     
     
     

    muse "harp" live à wembley

    M U S E
    "HARP"
    LIVE A
    WEMBLEY
     
     
    Enregistré en grandes pompes les 16 et 17
    juin 2007 au nouveau stade de Wembley, ce
      live du trio sonique est un instantané de  
    la puissance scénique d'un groupe dont la
    démesure longtemps moquée semble être son
    premier atout, surtout en live, comme les
    trois garçons vont le prouver in extenso.
     
    Constitué d'un cd et d'un dvd, c'est bien
    évidemment sur ce dernier, filmé de belle
    manière, qu'on s'attardera. Arrivant tels
    des magiciens par dessous la scène, alors
    qu'une pluie de confettis s'abat sur eux,
     Matthew Bellamy, Chris Wolstenholme ainsi 
    que Dominic Howard, traversent un couloir
     à travers une foule en délire total, puis 
    arrivant sur la scène principale,  ils ne
    tardent pas à se mettre en place,"Knights
     Of Cydonia" ne tardant pas à résonner. Le 
    temps de réaliser ce qui se passe dans ce
    Wembley en folie que "Hysteria" démarre à
    100 à l'heure, suivit d'un  "Supermassive
    Black Hole" bien plus impressionnant  que
     sur album, groovy en diable et exécuté de 
    fort belle manière. A peine le temps pour
    le public de souffler que déboule "Map of
    The Problematique", un morceau grisant de
     par sa construction et qui définit, selon 
    moi, assez bien ce qu'est Muse. Le groupe
    égrenne ses classiques en puisant dans la
    totalité de ses albums, laissant quelques
       plages plus délicates s'intercaler ici et   
     là avant de balancer de petites bombes du 
    genre "Starlight", "Time Is Running Out",
    cette dernière chanté par le public, mais
    encore "New Born" qui s'avère encore plus
    puissante que sur album, Muse dominant sa
    scène comme peu de groupes de son époque.
     
    L'image est d'une belle noirceur, il faut
    le souligner, tout comme ces couleurs qui
    ressortent plus que d'autres, à commencer
    par le rouge du costume de Matthew, qu'on
    dirait avoir été confectionné en enfer...
     
    Ayant commencé en fin de journée, le show
     se poursuit dans une nuit transfigurée de 
    par la magie des lumières venant innonder
    la scène de part en part, donnant de faux
    airs de féerie à ce concert, avant que le
    titre "Blackout" et sa danseuse suspendue
    au dessus de la foule ne termine de  nous
    éblouir par tant de grace. Les hostilités
    reprennent immédiatement après avec "Plug
    In Baby" et l'épique "Stockholm Syndrome"
    que suit "Take A Bow", ultime titre de la
    soirée. En conclusion, on aura eu la plus
    belle preuve du talent de Muse, véritable
     bête de scène  qui n'oublie pas de garder 
    un visage humain, à la différence de trop
    d'autres groupes, grisés par le succès.
    April 12

    portishead

     
     
     
     
     
     
     
    April 08

    disown "rest for the cockatoos"

    Disown

    Rest For The Cockatoos

    Saiko Records

     

     

    C’est toujours quand on pense avoir touché le fond du spleen qu’un disque de cette envergure arrive sans prévenir et vous assassine de grande façon. Vic Chesnut, influence évidente de l’affaire, n’est pas loin, mais c’est encore autre chose, un ailleurs musical, un quelque part non communiqué. Les coupables de ce crime magnifique se nomment Disown, transfuges de Grace et Brazen, formations biens connues de nos services ; et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces huit pièces de musique étourdissent par leur maîtrise, entre folk crépusculaire et post-rock dépouillé de tout artifice. Votre serviteur n’en dort plus la nuit, songeant à recommencer la clope, tandis qu’un verre d’absinthe tournoie à l’intérieur de sa main vacillante.

    www.myspace.com/disowndisown

    April 06

    the deadfly ensemble, l'interview exclusive (3/3)

    the deadfy ensemble

    l'interview exclusive

    suite et fin

     

     

     

    Le travail sur l’acoustique et les percussions est si fabuleux, plus que jamais. Vos sentiments? 

    Lanthier: Nous sommes heureux d’entendre que vous appréciez la production!  Nous avons mis beaucoup d’efforts dans cet album et tenté plusieurs nouvelles tactiques par rapport au premier album. Nous avons également enregistré et mixé dans différents studios, tous sur la côte est et la côte oust, et je pense que ces variations d’atmosphères donnent une qualité spéciale au résultat final. Il y a des morceaux de  Los Angeles, Montréal et New England forest sur l’album et j’aime cette configuration.

    Aujourd’hui quel est votre regard sur votre premier album, “An Entire Wardrobe Of Doubt And Uncertainty Now”?                                                                                                  

    Powell: Je ressens la même chose envers les deux albums. Je ne crois pas qu’ils représentent notre plein potentiel. Le meilleur est à venir.                                                                 

    Lanthier: Je suis encore heureux de “An Entire Wardrobe…”  Bien sûr il y aura toujours des choses que je voudrai changer ou faire différemment, mais les docteurs m’ont dit que c’était parfaitement normal. De toute façon, nous sommes sous pilules en ce moment, n’est-ce pas ?

    Est-ce facile de jouer vos incroyables morceaux en live?                                             

    Powell: En fait, oui.  Elles sont parfaitement simples à exécuter.                                   

    Lanthier: James a absolument raison. Nous pourrions jouer  au badminton ou au croquet, les yeux bandés, tout en combattant un catcheur géant et encore jouer nos chansons en même temps.  Parfaitement aussi, sans erreur.  Mais ça peut être ennuyeux pour le public si les choses semblent trop faciles pour nous, c’est donc pourquoi j’aime suer un petit peu et faire croire que je me concentre. Ca compte pour un bon concert.


    Pour vous, quelle est la meilleure manière d’apprécier la musique de the Deadfly Ensemble?
    Powell: Bourré de sédatifs.  Et si vous le sentez bien, avec un plug anal, parce que c’est seulement un plaisir solitaire, n’est-ce pas ?

     

    Lanthier: Il y a bien des années, j’avais juré de ne plus jamais utiliser le terme plug anal dans une interview, jamais. Maintenant que cette convention est brisée, je peux tout aussi bien me remettre à boire. Et une fois que ça va commencer, les prostituées seront juste derrière. Mon Dieu, les portes de l’enfer sont ouvertes. Et c’est bon.  Merci, James. Oh, et Deadfly s’apprécie mieux en sortant de l’église quand vos yeux sont encore mouillés par la lumière divine et que votre esprit est ouvert aux suggestions théâtrales. Bonne nuit !

     

     

    www.thedeadflyensemble.com

    www.myspace.com/thedeadflyensemble

     

    cette interview est lisible en Une du nouveau daily rock

    editors, live aux docks

    E D I T O R S
    LIVE AUX DOCKS
     
     
     
     
     
     
    Retour du groupe de Birmingham aux Docks dont il fut le premier véritable évènement début 2006 alors que la salle venait à peine d'ouvrir ses portes et que le scandale de sa gestion, déjà désastreuse, n'était encore connu de personne.
    Tournant pour la promotion de son second album, "An End As A Start", véritable chef d'oeuvre de new wave épique et probablement le dernier album avant l'évidente consécration mondiale qui les attend, Editors arrive sans tapage sur scène, le light show (violet/vert) instaurant une jolie ambiance gothique tandis que les premières notes de "Camera" (d'entrée ma préférée... ouais! trop fort) résonnent pour faire exulter la foule. Le bassiste Russ Leetch tapant sur un tambour tandis que Tom Smith, assis au piano, chante les premiers couplets. Le décor est posé.
    Puis les classiques déboulent, "An End Has A Start", "Bullet", etc... imparables; puis arrive une incroyable cover du "Lullaby" de The Cure, magistralement morbide et déviante, si différente de l'original, tout ce que doit être une bonne cover en somme.
    Le groupe exécute ses titres avec une aisance admirable qui, hélas, trahit une routine de tournée déjà bien installée. En effet, difficile de s'enthousiasmer pour des versions quasi similaires des titres de leurs deux albums. Le public étant particulièrement calme ce soir, ce ne sont pas les versions au ralentit de "All Sparks" ou encore "Munich" qui vont le réveiller, le concert prenant des allures de visite guidée. On se demande bien où est passé la folie de Tom Smith, pourtant habité par sa musique.
    Il faudra attendre le rappel pour que les choses changent, le groupe s'étant visiblement rendu compte de l'ennui poli suscité par sa prestation pourtant honorable mais téléphonée. Piqués dans leur orgueil, ils délivrent une version dantesque de "The Racing Rats" Puis "You Are Fading" voit le bassiste Russ Leetch se vautrer sur scène suite à un saut mal réceptionné, le groupe terminant le titre un instant plus tard avant d'accourir pour constater de son état, notre héros étant sonné, mais pas suffisemment pour lâcher l'affaire, se relevant vaillament sous les vivas de la foule en délire. Le final sur "Smockers Outside The Hospital Doors" va se révêler un défi pour le bassiste, devant assurer les choeurs alors que sa tête tourne encore. Il en rira durant l'interprétation, donnant un joli souvenir au public, visiblement ravi par ce final innatendu.
     
    En conclusion, Editors se sera imposé aux points à défaut d'un KO. Espérons que le quatuor ne deviendra pas un énième groupe de stade à la U2, car c'est bien là que l'on risque de le retrouver dans quelques années.

    the mobius band live aux docks & mini bio

    THE MOBIUS BAND
    LIVE AUX DOCKS
    & MINI BIO
     
     
     
     
     
     

    Constitué de Noam Schatz, Ben Sterling et Peter Sax, tous trois anciens étudiants, The Mobius Band est un combo New Yorkais qui oeuvre dans l'électro rock amusante. Après avoir sortit les EP  semi instrumentaux "One, Two, and Three" en 2004 et "City Vs Country" en 2005, "The Loving Sounds of Static", leur premier album, suit dans la foulée. On y découvre des textes doux amers sur la société américaine, contrebalancé par une électro minimaliste mélangée à du rock parfois furibard. 

    Défendant leur second album "Heaven", sortit l'année dernière, The Mobius Band avait la lourde tache à Lausanne d'ouvrir pour Editors. Et croyez-le ou non, mais ce fut prodigieux.

    Arrivant l'air de rien sur scène, le trio, semblant être un énième groupe local, n'a pas mis longtemps pour mettre le public dans sa poche. Déclinant ses pop songs (génial "Friends Like Theses")avec une facilité déconcertante (le bassiste tournant autour de son clavier en jouant d'un seul doigt!), ces dernières sonnant comme des titres familiers, signe de qualité, The Mobius Band crée la surprise en durcissant le propos en milieu de set, balançant des éclairs dignes de Favez. Le public exulte et le groupe continue en égrenant ses petites bombes.

    Pas de doute, pour la prochaine fois, il va falloir apprendre les chansons par coeur.

     

     

    April 03

    beautiful leopard, l'interview

    INTERVIEW EXCLUSIVE

    BEAUTIFUL LEOPARD

     

     

    Trois ans après un premier album beau à mourir, les léopards reviennent parmi nous avec un second opus dévastateur de spleen qui devrait ravir les amateurs de jolies choses à écouter dans le noir. Rencontre avec son chanteur et également pianiste organiste.

     

     

     

     
    Etait-ce l'enfer de pondre un second disque ou au contraire tout s'est déroulé naturellement?
    Bertrand : Rien ne se déroule jamais normalement lorsque nous composons/enregistrons, mais cela n'avait rien à voir avec le fait que c'était un second disque. Nous avons pris beaucoup de temps pour composer les morceaux et sommes finalement parvenus à entrer en studio en ayant plusieurs titres inachevés... mais tout s'est bien terminé et je ne me souviens pas que nous ayons même évoqué ou pensé au fait que c'était un deuxième disque. 


    Le titre est bien parlant mais en plus du morceau éponyme nous souhaiterions une explication de texte un peu plus poussée de votre part.
    Question ardue. Certains textes du disque sont clairs, en tout cas pour moi. D'autres, comme "Sometimes It Doesn't Work" sont plus flous et n'auraient pas un réel sens traduits littéralement. Mais pour moi, une ambiance doit se dégager des mots et des intonations pour coller au morceau. Mais en deux mots, je pourrais dire qu'il parle du fait que tout ne tourne pas toujours rond...

     


    Etes-vous totalement fiers de cet album ou est-ce trop tôt pour revenir sur votre travail?
    Nous sommes toujours fiers d'avoir pu produire et réaliser quelque chose. Nous avons enregistré des chansons que nous aimons et pensons que le rendu final correspond à peu de choses près à ce que nous attendions. Mais après avoir écouté ces chansons des dizaines de fois lors de l'enregistrement, je suis un peu écœuré là.... je réécouterai tout ça dans six mois.

     


    Il y a peu de place pour la lumière sur "Sometimes..." c'était voulu ou par la force des choses?

    La force des choses. Nous ne nous posons pas vraiment de questions à ce sujet lorsque nous composons. Si nous aimons, nous gardons.


     
    La voix est toujours fragile, presque au bord de la rupture, mais belle à crever. Comment peut-on chanter de la sorte quand on a à peine la trentaine? D'ou vient ce vécu? Ou en tout cas cette impression pour l'auditeur.

    Plutôt flatteur.... J'ai mis plusieurs années à trouver une tonalité et un timbre qui me correspondaient, pour paraître le plus naturel possible. Et si je chante trop fort, je chante faux... c'est donc un compromis pour faire au mieux, plutôt que le témoignage d'un vécu...


     
    Les premiers feedbacks vous sont-ils précieux?
    Oui. A la fin de l'enregistrement, nous sommes saturés des morceaux et n'avons plus vraiment d'objectivité. Les premiers feedbacks nous aident à savoir si ce que nous avons fait est bien...

     

     
    De quels groupes vous sentez-vous les plus proches à l'heure actuelle?

    Je ne peux pas répondre au nom de tous. Nous avons tous un espace musical commun, mais chacun a également son propre horizon. Nous n'avons donc pas de groupe(s) fétiche(s), et ne cherchons pas à "sonner comme". A partir de là, difficile de dire de qui nous pourrions être proches.


     
    Il y a quelques instruments peu conventionnels sur ce disque, de l'accordéon, des cuivres et du banjo notamment, du beau travail d'artisan en somme. Votre sentiment?

    Les "guests" sont là soit parce que nous avons tout de suite imaginé les avoir, comme certaines parties de cuivres, soit les instruments ont été rajoutés sur le morceau à titre d'essai, et nous les avons gardés parce qu'ils sonnaient bien. Et c'est toujours sympa de faire participer d'autres personnes, cela apporte en général une nouvelle dimension aux morceaux.

     
    Le live est-il un exutoire pour le groupe ou une simple formalité?

    C'est tout sauf une formalité. Nous avons déjà dû retravailler les morceaux qui ont plutôt été composés pour le disque. Et chaque concert reste un défi, sans bonne préparation et concentration, nous ne pouvons pas faire un bon concert. (FSt)
     

    as usual, cette interview (ici en version intégrale) est parue ou à paraître dans daily-rock