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9月21日 p.m.t 10 years anniversary live au D! ClubPendant que Lausanne fête son nouveau métro (en empêchant Keziah Jones de jouer dans le métro le lendemain! mdr) notre fine équipe se dirige en direction du D!Club pour fêter les dix ans de notre groupe de métal
gothique préféré, j'ai nommé P.M.T! En plus, ce soir le concert passe en direct sur Couleur 3 et en différé à la télévision romande.
Programme chargé ce soir au vu de la liste des invités. C'est aux survivants de la Team Nowhere, Enhancer, que revient le privilège de déclencher les hostilités le temps de cinq titres joués pieds au plancher. On pourra toujours se moquer de ce rap métal à la française et regretter tous ces numéros de Rocksound achetés et jamais relus, mais il faut bien avouer que les Parisiens envoient le bois et mettent le feu. Des titres comme "Cinglés" ou "J'Ai Pas Sommeil" s'avèrent redoutables en live et la formation se permet même de vanner un public trop sage et bien plus agé que celui dont il à l'habitude. Bon esprit, qui plus est de bonne guerre vu le temps imparti afin de laisser un souvenir dans les esprits. Pari gagné durant "Kongen", le public se réveillant pour un braveheart (la foule se séparant en deux pour se rentrer dedans) initié par Enhancer, ces derniers repprochant au public d'être trop vieux (18 ans à l'entrée) avant de lui autoriser cette communion régressive.
On passera rapidement sur l'intermède douteux avec l'Ecole Suisse de Cor des Alpes pour entrer dans le vif du sujet.
Arrivant seuls sur scène avec leur survêtement à cagoule intégrale tête de mort, Doom et Hellmut The Viking se placent devant leur instrument, sampler et batterie, bien vite rejoints de Frank François le chanteur, du bassiste Ray et des deux guitaristes PX et Kasper. Lookés pour le grand soir, P.M.T se dévoile à son public dans ses aparats les plus gothico trash, les visages marqués par des traces de sang, en souvenir de tous les coups encaissés depuis dix ans. La messe satanique peut commencer.
Egrennant ses bombes métaliques les unes après les autres, nouvelles comme anciennes, P.M.T fait preuve d'une rare cohérence et d'une furieuse envie de briller pour son fidèle public. Dans le désordre, on citera le puissantissime "Kinky Kamikaze", le fougueux "Heart Squared", le revendicatif "Organic Freaks", "Sic Or Sinistra" qui s'avère toujours aussi bouleversant sur son refrain et, bien évidemment, leur putain de classique absolu, joué très tôt dans la setlist comme pour nous faire jouir plus vite, le fabuleux "Born Again To Numb The Pain", un titre qu'on finira bien par reconnaître un jour comme le bijou qu'il est.
Les invités n'étant pas à oublier, on saluera l'arrivée de Solex et Duja de MXD pour une reprise monstrueuse du "Breathe" de Prodigy, Duja vidant littéralement ses trippes sur la scène du D!Club.
Prodigy étant en odeur de sainteté ce soir, on se prend une version bien tribale de "The Poison" par Doom et Hellmut, le clavier et le batteur étant relié par un courant électrique projeté sur le fond de la scène pour un effet saisissant.
il y aura aussi la venue de la belle Sophie, compagne de Frank François si je ne dis pas de connerie, qui viendra pousser la gueulante sur deux titres bien maléfiques et furibards, Un bonheur pour les oreilles et pour les yeux également. N'empêche, on voudrait pas être à la place de notre homme quand elle s'énerve contre lui...
Impossible de me souvenir de tous les titres, mais l'interprétation de "Fake Plastic Sky" était à tomber, tout comme celle de "Sataniko Mecaniko", bien evil comme il faut.
On saluera aussi le mini-set acoustique en compagnie de Dom Favez de Krokus d'une violoncelliste et de la prestation au dessus du public, suspendue à une corde, de Dangerous Dolly, une performeuse sans âge et dont l'infinie tristesse de la démonstration de son art résonne encore dans nos coeurs.
Le retour de Enhancer sur scène aux côtés de P.M.T nous vaudra un putain de crossover ponctué d'amabilités qui en diront long sur l'amitié partagée des deux formations. Comme quoi, les ghettos musicaux ne sont que dans le tête des gens.
C'est un Frank François heureux, tous comme le reste du groupe, qui s'adressera à nouveau au public lors du rappel( le remerçiant pour ces dix ans et souhaitant au groupe de continuer encore au moins dix de plus), avec un léger trémolo d'émotion dans la voix, pour remercier tout le monde, balançant quelques tee-shirts avant de disparaître, dont un finira dans les mains de votre serviteur, l'offrant aussitôt à une amie à qui la taille du dit tee-shirt sierra mieux.
On se replie gentiment vers le bar pour redescendre en douceur autour d'une bonne bière, ce concert nous ayant laissé dans un état euphorique bien qu'épuisé. P.M.T a assuré méchamment ce soir et putain ces chansons, cette présence sur scène, autant de la part de PX que de Ray, Kasper et des autres, la classe des grands. Lausanne est vraiment une ville unique avec des groupes qui n'importe où ailleurs dans le monde seraient des superstars! Quel drôle de pays que celui qui ne reconnait pas ses héros...
Allez, bon anniversaire P.M.T!
9月18日 the cure "hypnagogic states" ep![]() Les voilà donc ces fameux remixes… Autant vous le dire tout de suite, à la première écoute, j’ai bien failli douter de la santé mentale de Robert Smith, ainsi que de la bonne foi des remixeurs, qui, à n’en pas douter, semblaient s’êtres tous en cœur moqués d’un vieux musicien les prenant pour ses nouveaux amis. Et puis en réécoutant le tout à froid, je me suis étonné à trouver l’ensemble incroyablement solide.
On pourrait croire que ça va se gâter avec “Freakshow”, remixé par Jade Puget de AFI, d’autant que ce dernier a choisi l’option techno à donf, mais il n’en est rien. Evidemment, ce beat agace un moment, puis le travail de fond apparait enfin au bout d’un moment, le titre devenant plus intéressant avec l’ajout de cette clarinette très « Depeche Mode » pour ceux qui se souviennent de « Everything Count » et de quelques synthés classiques. Pour “Sleep When I’m Dead”, remixé par Gerard Way de My Chemical Romance et assisté de Julien-K, c’est un peu plus subtil au début, même si le refrain ne peut pas s’empêcher de partir à nouveau dans la techno. A croire que les américains trouvent ça vraiment bien depuis chez eux… Il est fascinant de constater que les titres résistent admirablement bien à ces relectures outrancières calibrées pour les dance-floors. La question maintenant est de savoir si les DJs vont vraiment passer ces titres pour faire danser les night-clubbers... Dernier single, “The Perfect Boy”, remixé par ces nouilles de Pete Wentz et Patrick Stump des pathétiques Fall Out Boy, ne convainc pas du tout, devenant un vulgaire titre dansant parfait pour les booms adolescentes dans lesquels ces derniers sont les rois. Inconsistant au possible, mais bon, ils sont potes avec Robert, hein. Heureusement, le miracle, car il en fallait bien un, arrive de la part de ceux que l’ont attendait pas, j’ai nommé les anglais de 65 Days Of Static, petit groupe post-rock de Sheffield ayant ouvert pour The Cure durant la majorité de ses concerts de 2008. Avec "Exploding Head Syndrome", qui reprend à la suite les quatre singles durant une vingtaine de minutes, leur donnant une tonalité electro noisy du plus bel effet. C’est bien simple, certains passages sont tellement froids qu’on se croirait de retour à l’époque de « Pornography » et de « Closer » de Joy Division. En fait, on pourrait presque croire que ce sont ces génies d’Underworld ou My Bloody Valentine qui ont remixé le tout. Petite baisse de régime sur la partie « The Perfect Boy » qui se détache du lot par sa faiblesse avant de décoller enfin pour se terminer en apothéose et la fin est un peu ratée… dommage dommage.
Bon, achetez quand même ce EP, tout le bénéfice de sa vente ira à la Croix Rouge.
albert hammond, jr. "?cómo te llama?"ALBERT HAMMOND, JR.
"?CÓMO TE LLAMA?"
![]() Co-fondateur des Strokes avec le chanteur Julian Casablanca (rencontré en Suisse à l'institut Le Rosey car tous les deux étaient considérés comme des voyous par leurs riches parents!), Albert Hammond, Jr. en est le guitariste. Mais c'est en solo que nous allons parler de lui cette fois car le jeune homme, en plus de faire partie de l'un des groupes de rock les plus authentiques du monde, est aussi un remarquable artiste solo, bien qu'accompagné de trois acolytes( Matt Romano, Josh Latanzi et Marc Eskenazi).
Après avoir sortit le très chouette "Yours To Keep" en 2006, beaucoup plus rétro que son travail avec ses copains new-yorkais, il nous présente aujourd'hui son second opus, "?Cómo Te LLama?". Un album garage-rock assez plaisant à écouter, qui ne bouleverse rien du tout mais qui s'écoute sans lassistude.Mention spéciale au long instrumental "Spooky" qui semble tout droit sortie d'un film de Tim Burton.
Bonus de choix, l'édition standard du cd est accompagnée d'un dvd live enregistré en 2007 aux Electric Studios de New York et dont le tracklisting fait la part belle aux titres de son premier album.
Un album de rock à découvrir si vous êtes fans des Strokes, Hammond,Jr. oeuvrant dans le même genre, à quelques variantes près.
these new puritans & part chimp live au new romandieTHESE NEW PURITANS
& PART CHIMP
LIVE AU NEW ROMANDIE
![]() Ca y est, ce soir c'est le grand soir, celui de l'ouverture du nouveau Romandie sous les arches du Grand Pont!
N'étant jamais passé devant les travaux depuis le début du chantier, j'arrive du côté Fnac et me fait une frayeur en descendant la rue déserte. Tout celà ne serait-il qu'une sordide blague, une mauvaise farce étirée avec l'aide de la presse pour sensibiliser une commune sourde aux besoins de sa jeunesse?! Dépassant les bureaux des TL où la salle devrait se situer dans mon esprit, je découvre un espèce de chantier à peine commencé avec des planches et quelques briques dans un coin, me faisant repenser à cette inauguration de la première brique il y a quelques mois. Mon Dieu... et si tout celà n'existait vraiment pas? Manquant de me faire renverser par une voiture (le cauchemard aurait ainsi été complet...) je me retrouve de l'autre côté de la rue devant l'entrée... du Romandie!!! C'est donc là... Pile en dessous du bâtiment de Ochsner Sports. Une buvette improvisée sur le trotoir semble offrir des bières aux gens mais je n'irai pas vérifier, car je suis en mode peur pour l'instant.
Etant seul ce soir et donc un peu crispé (je déteste découvrir de nouveaux lieux de la sorte), je m'allume une clope en rédigeant un sms à une amie, puis m'engoufre à l'intérieur de la salle en montant un long escalier en alu. Le fameux wall of fame (sur lequel je ne figure pas car je suis un con) se trouvant au milieu du trajet, quelques heureux donateurs l'inspectent à distance afin d'y retrouver leur nom ou pseudo. Je les contourne pour passer à la caisse et me faire tamponner le poignet droit d'une joli éléphant en échange de mon ticket, acheté alors que j'aurai pu être sur la guest list, mais il ne faut pas pousser quand même. Je ne suis pas comme ces deux vautours bobos devant moi qui demandent si les boissons sont offertes, j'en encore un peu de respect pour les organisations qui se démènent pour que le tee-shirt Lausanne Rock City continue d'avoir un sens.
Allez, j'entre, non sans avoir été salué amicalement par un membre du staff dès mon arrivée. Ca fait toujours plaisir d'être reconnu. Bon, la visite peut commencer. On se croirait dans un chantier du M2, le béton est à la mode décidemment. Je constate qu'il y a deux bars, un sur la gauche derrière l'entrée près des toilettes et un second en haut d'une espèce de mezzanine de béton qui surplombe la fosse. Les arches intérieures sont super belles, on se croirait aux Caves du Manoir de Martigny mais en deux fois plus grand. C'est quand même plus petit que l'ancien Romandie de la place de la Riponne, mais ça va, c'est juste un peu plus petit. Pas de vestiaire, comme au Nouveau Monde de Fribourg me fera remarquer quelques jours plus tard une personne aimée.
En attendant le début des hostilités, je me pose dans un coin, scrutant la scène et les lights installées au plafond, le tout ayant de la gueule. M'allumant une énième clope, mais cette fois avec une bière à la main, je me fais royalement snober par un pseudo copain qui se pose devant moi avec ses potes et qui ne m'adressera pas la parole durant tout le temps où il sera là. Je repense aux fêtes où je l'ai invité durant toutes ces années, aux verres que je lui ai payé. Je bouge plus loin pour ne plus avoir sa gueule devant moi et vais me poser contre le mur de droite.
![]() Ce sont les quatre anglais de Part Chimp qui ouvrent les hostilités avec leur rock bruitiste teinté de psychédélisme. Le volume sonore est absolument assourdissant et on croirait assister à un gig formé par la progénitures des amours furieux de Black Sabbath et de Sonic Youth". Difficile de croire que ce groupe de Camberwell est signé sur le label des gentils Mogwai. Au bout de cinq morceaux, je finis par me résigner à aller chercher une bière, ainsi que des putains de tampons pour mes oreilles! Putain, j'ai jamais mis de tampons pour un concert! Mais bon, ce soir, ça joue à plus de 100 décibels et les affiches de prévention ne sont pas là pour les lapins. Quand je reviens, ça va tout de suite mieux. Je croise un Chris Wicky avec le sourire aux lèvres. Faut dire qu'il était juste devant la charmante bassiste Tracy Bellaries... Tu parles! Il exultait à cause du son! Comme tous les rockers présents dans la salle d'ailleurs. Bande de gamins...
Une fois le concert terminé, je tombe sur Violaine Frelechox, mon ancienne camarade de City Disc et toujours dans Daily Rock mais surtout staffeuse du Romandie. Les retrouvailles sont exaltantes et elle me présente mille personnes, dont le responsable du son de la salle, un rocker que je devrai interviewer un jour, ou pas, ainsi que la dessinatrice des lapins! Oui ceux que l'on retrouve sur le site internet du Romandie. On se boit une bière en clopant, attendant les stars de la soirée, à savoir These New Puritans.
![]() Ces derniers arrivent enfin sur scène. Oeuvrant dans une indie pop matinée de post punk, bref le cul entre New Order et Joy Division, TNP est une des sensations fortes de l'année 2008, le New Musical Express ayant vu en eux la relève tant espérée du rock anglais, une fois de plus serai-je tenté d'ajouter. On oubliera pas d'adresser nos condoléances à, au hasard, Haven, Seahorses, Menswear, My Vitriol et autres Cast, tombés depuis belle lurette au champ d'honneur. Bref...
Venant défendre leur inaugural "Beat Pyramid" (sorti chez Domino Records qui ne sort pas de la merde en général), le quatuor distile son artillerie de tubes indies, de "Numerology (Aka Numbers)" à "Swords Of Truth" à "Colours" à "En Papier" en passant par le presque déjà classique "Elvis", ce dernier devant tellement à Manchester et à ses deux groupes emblématiques qu'on attendra un éventuel deuxième album pour décider du sort de celui de Jack Barnett. Bien prétentieux comme un groupe anglais doit l'être, TNP ne se cache pas derrière son chanteur(qu'on verrait bien faire l'intérim chez Art Brut, histoire de se lâcher un peu), à l'image de son bassiste-clavier épileptique (on y revient toujours...)Thomas Hein, notre homme étant véritablement possédé par le fantôme de Ian Curtis, tant ses mimiques et sa gestuelle rappelent le défunt chanteur de Joy. Pour ce qui est de l'élément féminin du groupe, à savoir la blonde Sophie Sleigh-Johnson, elle ne décollera pas les yeux de son mac. Probablement beaucoup de mails à répondre. Le concert dure moins que le temps de leur premier album, rappel inclu. Anglais jusqu'au bout donc. Assez plaisant mais sans surprise.
9月4日 the young gods, barbouze de chez fior & sophie hunger live in willisauTHE YOUNG GODS BARBOUZE DE CHEZ FIOR & SOPHIE HUNGER LIVE IN WILLIZAU
Gare de Sursee, 29 août en fin d'après-midi. Presque quatre mois jour pour jour après le fabuleux concert de Bulle. Il s'en est passé des choses depuis cette soirée inoubliable. A l'époque, l'album acoustique "Knock On Wood" venait à peine de sortir et Barbouze de chez Fior m'était encore inconnu. Le concert épique résultant de cette union sacrée est depuis rentré dans les annales et les Gods sont véritablement devenus des dieux dans leur pays. Enfin.
Montant dans un bus après avoir abandonné mon joli parapluie noir que je ne reverrai jamais, je découvre ce paysage de carte postale, ces petits patelins qui me séparent encore de Willisau et de son festival de jazz. Au bout d'une vingtaine de minutes, je débarque dans une petite ville charmante avec des fleuristes tous les vingt mètres et des petits commerces charmants. Le centre ville ressemble tellement à celui de Bulle que ça en est troublant. Il me suffit de suivre quelques jeunes sortis du même train que moi pour arriver après cinq minutes au festival. Comme je suis en avance, je me prends une bière et me pose sur un banc derrière un stand de disques de jazz, tandis qu'un concert résonne depuis une tente à quelques mètres de là. Je vois Alain passer devant la salle.
Sur les coups de 20 heures, je rentre dans la foule qui se presse à l'entrée pour le début de la soirée. Une fois à l'intérieur, quelle n'est pas ma surprise de constater que la salle est remplie de chaises. Merde. Quelle drôle d'idée... Mais en regardant autour de moi, je constate que le public n'est pas celui d'un groupe de rock. Ca s'appelle aussi Jazz In Willisau faut dire, pas Rock In Willisau. Enfin... Je m'asseois au deuxième rang et contemple la fresque très "Keith Haring" au fond de la scène. Baignée par un éclairage orange et rouge, l'oeuvre immense montre des personnages sans visage jouant de la musique dans un univers chargé d'instruments et d'onomatopées. Je l'observe de longues minutes avant le début de la première partie.
Une fois le concert de jazz terminé, la salle se vide momentanément. Je sors un instant puis revient un peu plus tard, constatant que mes héros sont déjà sur scène pour rêgler leurs instruments. Retrouvant ma place, je me pose à quelques mètres de là et admire les filles de Barbouze en train de s'accorder. Elles sont toutes pieds nus comme c'est désormais leur habitude. Sara, très concentrée ne me voit pas malgré le fait que je sois la seule personne dans son champ de vision. Ca me fait rire et je ne tiens pas à la déranger, ni elle ni les autres, même si je me retiens de leur adresser un tonitruant: Salut Barbouze!
Il y a donc Annick Rody et Camille Stoll aux violons, Laurence Crevoisier à l'alto et Sara Oswald au violoncelle pour Barbouze de chez Fior. Pour les Young Gods c'est Franz Treichler, Al Comet, Bernard Trontin et le désormais indispensable Vincent Hänni. Chacun jouant de plusieurs instruments. Je remarque surtout que les garçons ont cédé aux pressions des filles (de Sara surtout si j'ai bien suivit), étant eux aussi pieds nus sur scène!
Le concert commence avec le son du hang de Bernard, puis la voix de Franz résonne enfin. Il ne faut pas longtemps pour que "Lointaine" vienne mettre le feu aux poudres, lancé par les archets maléfiques des quatre filles qui se muent à nouveau en harpies démoniaques. Annick est particulièrement survolté ce soir, tapant du pied et se convulsant à l'extrême au son de son instrument. Camille et Laurence ne sont pas en reste et leur interprétation s'en voit démultipliée. Quand à Sara, elle est formidablement concentrée et son violoncelle atteint une gravité parfois sublime. Tout celà est assez réjouissant à observer, et tout aussi frustrant de se rappeler que c'est un concert assis.
Les morceaux se suivent avec bonheur malgré quelques problèmes de son, les musiciens ne s'entendant pas toujours... Il m'aura semblé que le set était un peu plus calme que celui de Bulle, plus retenu peut-être de par la position obligée du public. Une évidence regrettable qui n'empêchera pas les deux groupes d'exceller dans leur interprétation des titres de la soirée et même de se libérer sur la fin en faisant enfin parler la poudre, choquant une partie plus conservatrice du public par la même occasion.
Entre temps, nous aurons droit à des versions magnifiques de "Ghost Rider", qui m'a semblé rallongée... et de quelques autres titres que j'ai oubliés à cause de la fatigue. Ai-je mentionné que le fait d'être assis me donnait l'impresssion de ne pas participer, de ne rien donner en retour aux deux groupes, si ce n'est de pauvres applaudissements entre chaque morceau? Pardonne mais n'oubliera pas.
Vers le milieu du concert, la talentueuse Sophie Hunger (dont je vous avais déjà parlé en 2007 pour son premier album et sa prestation divine à la cave du Bleu Lézard de lausanne) rejoint les deux groupes, élevant le nombre féminin sur scène à 5 pour 4 garçons. Habillée d'une robe échancrée rouge et de bas résilles, elle aussi pieds nus, elle chantera quelques titres (dont certains des siens) et envoutera son monde de sa voix extraordinaire, comme sur "House of Gods", aidée d'un superbe accompagnement violoncelle de Sara, avant de quitter la scène sous des applaudissements nourris.
Et puis arrive le grand final avec une interprétation nucléaire de "C'est Quoi C'est Ca" qui repousse toute les limites imaginables d'une description pertinente, bref il fallai être là pour se prendre cet orage industriel sur la tête. Et tandis que le morceau se meurt dans un écho sans fin, que la scène est encore secouée par ces quelques minutes de chaos indescriptible, les lights clignotant comme une centrale nucléaire au bord de l'explosion, nos huit artistes se lèvent comme une seul homme pour se dresser immobiles sur scène face à nous, tels les X-Men! Une image belle et effrayante à la fois que j'emporterai dans la tombe tant elle me hante encore au moment d'écrire ces lignes. C'est Bernard qui salue en premier, suivit des autres, tandis qu'un tonnere d'applaudissements vient saluer cette performance d'un autre monde, que même les américains dans leurs délires scèniques les plus extrêmes ne concevraient pas.
Le rappel commence avec une magnifique version de "Our House" toujours aussi habitée par la voix de Franz et le hang de Bernard. On est en plein rêve éveillé.
Puis Franz revient seul sur scène avec les filles pour une interprétation classique et définitive de "L'Amourir". La première fois à Bulle, cette version à cordes m'avait à demi convaincu, trop différente de l'original, pas assez puissante, absence presque choquante de Alain et Bernard, je sais pas... Mais là, l'effet de surprise n'y étant plus, je peux enfin l'apprécier à son plein potentiel et y goûter totalement. Et c'est beau, absolument magnifique.
Et tandis que nous prenons congé des fées de Barbouze de chez Fior, Sophie revient pour cloturer avec les Gods au complet. Son duo avec Franz sur "Gasoline Man", qu'elle reprendra à son compte en devenant la "Gasoline Girl", restera longtemps dans les esprits, offrant une interprétation habitée et délurée du plus bel effet dans un état d'euphorie rarement observé chez elle. Exaltant au possible. Al Comet fera son pitre sur "Charlotte" comme à son habitude et le concert se terminera sous les bravos, le divin quatuor réapparaissant brièvement pour saluer la foule avec les "stars".
Je ne m'attarde pas trop dans la salle après le concert et sort boire un verre pour me mêler à la foule, la musique continuant tout autour de nous. Ma nuit va être longue jusqu'au train de 6:19 mais ce n'est pas important, mon contentement est à ce prix. Un très beau concert, vivement le suivant!
à suivre... prochaine destination: Genève fin octobre.
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